La vallée – Bernard Minier

Parution : 02 avril 2020
Éditeur : Éditions XO

Résumé : Un appel au secours au milieu de la nuit. Une vallée coupée du monde. Une abbaye pleine de secrets. Une forêt mystérieuse. Une série de meurtres épouvantables. Une population terrifiée qui veut se faire justice. Un corbeau qui accuse. Une communauté au bords du chaos.
UNE NOUVELLE ENQUÊTE DE MARTIN SERVAZ

Mon avis : Il y a une première fois à tout. C’est donc avec une immense joie que je vous partage ma toute première rencontre avec l’auteur Bernard Minier et son dernier opus LA VALLÉE. C’est donc, en toute logique, ma toute première rencontre avec l’incroyable et complexe lieutenant Martin Servaz.
Je peux d’ores et déjà vous dire que c’est donc mon tout premier coup de coeur. Que des premières par ici n’est-ce pas ? Bon, il est inutile de vous présenter Bernard Minier. Un homme connu et reconnu qui a su marquer la littérature noire. Est-il devenu l’incontournable, la valeur sur du thriller français ? On ne peut pas à douter.
L’histoire se déroule dans, comme le titre l’indique, une vallée. La nature pose son empreinte partout, elle abonde, pullule, elle en jette, elle en impose. C’est une promesse d’air pur, de ballades bienfaitrices ou grouille tout un écosystème plein de vie. Mais il y a comme une sensation étrange d’étouffement, d’angoisse, d’enfermement dans cette histoire. Un huis-clos qui se compte en hectares et qui est poussé à son paroxysme grâce au talent de narration de l’auteur. C’est dans cette vallée ou se joue le pire des drames, la frontière de la folie a franchi ses propres limites. Le seuil du tolérable est dépassé, elle nous inonde, nous prend aux tripes et nous offre aucune issu de secours. BORDEL QUE C’EST BIEN ÉCRIT.
Âmes sensibles abstenez-vous tant les détails sont croustillants à souhait.
La vallée plongée dans l’ombre et les secrets, cette abbaye remplie de mystères, cette série de meurtres épouvantable, cette population terrifiée qui pense n’avoir d’autres choix que de se faire justice soi-même. Martin Servaz mit sur la touche pour discipline se retrouve dans cet enfer à cause d’un trop inquiétant coup de fil de Marianne ,son amour de jeunesse. Cette psychologue rigide, manipulatrice et orgueilleuse.
Ces secrets, ces non-dits, ce sang coulé.
Mais où sommes-nous? Où allons-nous ? Le flou s’installe, l’auteur nous manipule, il arrive avec brio à nous faire prendre des chemins encore inexplorés qui ne sont que promesses de surprises, de suspenses, de rebondissements et d’angoisses glauques et machiavéliques. Cette vallée nous perdra…

J’ai pour habitude de ne pas vous raconter l’histoire, je ne suis pas fan des descriptions, des « il était une fois ». J’aime simplement vous apporter mon humble avis avec mes humbles mots. Je ne suis pas critiques littéraires, je ne suis pas payé pour mes « avis ». Ils ne sont certainement pas d’une extrême qualité et d’une grande justesse mais ce sont les miens.
Merci à vous de me lire et de prendre le temps pour cet inconnu ,dans un monde reconnu, que je suis.

L’homme aux murmures – Alex North

Parution : 05 mars 2020
Éditeur : Éditions SEUIL

Résumé : Un écrivain veuf, Tom, et son fils de huit ans, Jake, emménagent dans une nouvelle ville. Featherbank. Si charmante et calme en apparence. Où vingt ans plus tôt, un serial ciller a été arrêté après avoir tué plusieurs enfants. On l’appelait l’Homme aux murmures. Des murmures que Jake a entendus. À la porte de sa maison. Et si tout recommençait?

Mon avis : Si tu recherches de l’hémoglobine, que tu es amateur de sensations fortes, de scènes de crime insoutenables et de meurtres à répétition, tu peux aisément passer ton chemin. Sinon, procures toi ce roman et laisse parler ta magnifique curiosité de lecteur. Autorises-toi à sortir de ta zone de confort, prends le chemins de traverse et extase toi avec ce thriller psychologique, subtil à l’ambiance tendue.
Pour un tout premier roman, l’auteur, Alex North frappe fort et mélange avec dextérité le suspense, le réel, l’imaginaire et les relations humaines Ô combien complexes. L’angoisse est présente, ici, partout à chaque page, chaque mot et même entre les lignes. Comment ne pas tomber dans l’angoisse face aux crimes adressés aux enfants? L’homme aux murmures c’est avant tout l’histoire de Jake, un enfant qui, du haut de ses sept ans a vu sa légèreté et sa naïveté s’envolée depuis la tragique disparition de sa mère. Cette mère, ce pilier d’amour, de douceur, de joie et de tendresse. Une incompréhension et un vide a gagné l’enfant qui s’est enfermé dans un mutisme et ont laissé place aux murmures, à ses propres démons dans sphère hermétique que personne ne peut atteindre.
Son père Tom est impuissant face à la silencieuse colère de son fils et gère très mal son quotidien d’écrivain et son impuissance face à son enfant. Pour leur bonheur, leur équilibre et leur amour, Jake et Tom décident de déménager, de laisser le souvenir de cette femme trop vite disparue dans leur appartement. Peut-être qu’un nouveau lieu, de nouvelles odeurs, de nouvelles couleurs permettront de retrouver une nouvelle vie? Totalement légitime me direz-vous? Mais pas ici. Trop facile.
Leur nouvelle maison cache, malheureusement, trop de secrets, trop de noirceur, trop de morts… Cette demeure à l’âme écorchée fera absolument tout pour leur faire du mal car c’est dans cette bâtisse que Tom découvrira un corps, du moins un squelette d’enfant, il sera déjà trop tard. Trop de tourments, de violences, de secrets que Tom devra combattre pour sauver ce qu’il lui reste d’amour et de dignité… Son fils.

Voilà un roman si bien écrit riche de sens qui arrive avec brio à tenir son lecteur en haleine. Les pages se tournent et se retournent avec une facilité déconcertante. Les sujets soulevés sont dérangeants et nous ressentons sans effort les angoisses du père et les tourments de son fils. Le poids des secrets est bien trop lourd à porter et la vérité doit éclater. Les murmures sont partout, nous pouvons les entendre, les sentir. Comme des frissons parcourent notre échine… Pour notre plus grand bonheur de lecteur. Je ne peux que vous conseiller ce roman et laisser-vous guider par ces mots, son histoire, sa folie.

La Promesse – Tony Cavanaugh

Parution : 12/04/2018
Editeur : Editions SONATINE

Résumé : Ex-flic des homicides à Melbourne, Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties, de foyers en deuil, de réponses impossibles à donner. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland, loin des villes et de leurs turpitudes. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces. La police locale parle de fugues. C’est en général ce qu’on dit quand on ne retrouve pas les corps, Darian le sait, mais il ne veut pas s’en mêler. Ce n’est pas son histoire. Et pourtant… malgré la promesse qu’il s’est faite de se tenir éloigné des tragédies, l’idée de laisser toutes ces familles sans réponses le hante. Aussi décide-t-il de prendre les choses en main. Mais à sa façon cette fois, sans s’encombrer du protocole. Il est loin d’imaginer ce qui l’attend.

Mon avis : Tout d’abord, bien le bonjour à vous tous. Quel plaisir de vous retrouver depuis le temps. J’ai un peu laissé mon blog en stand-by. Les aléas de la vie parisienne 😉 Je reviens aujourd’hui pour vous parler d’un roman qui trône depuis trop longtemps dans un coin. Un SP perdu dans les profondeurs abyssales et poussiéreuses de ma chère et tendre bibliothèque. Il fallait qu’il prenne un nouveau départ, une nouvelle vie et cette dernière allait commencer sur ma table de chevet.
Comme on dit si bien en franglais : Shame on me! Sachez que je ne reçois que très peu de service presse pour deux bonnes raisons :
La première : aucune maison d’éditions ne m’en propose 🙂 et la deuxième : je n’ai pas envie de me foutre une pression. En effet, les lectures deadline me rebutent. Je lis à mon rythme, avec le temps que je m’accorde et par pur plaisir. Attention, si une maison d’éditions me propose LE roman, qui suis-je pour refuser? J’accepterais avec honneur et parcimonie. Bon, tout cela pour vous dire que ce SP là, ben je l’ai bien zappé de ma vie. Et bien vous savez quoi, j’avais bien fait de l’oublié car même si le titre était prometteur, je n’ai pas eu la promesse tant promise.
J’ai refermé ce livre avec, à mon goût, un sentiment trop mitigé. Pourtant tous les feux étaient au vert – mon premier thriller australien, un auteur encore inconnu, un résumé captivant, un titre prometteur, et une promesse de rebondissements croustillants, de sensations de dépaysement et d’un page-turner saisissant. Un polar au pays des Kangourous sur la Sunshine Coast en pensant par le Queensland, l’autoroute de sable et j’en passe. Mais ce flic à la retraite et au passé sulfureux qui reprend une affaire de meurtre, la nonchalance du personnage et l’histoire trop « classique » m’ont laissé perplexe.

Loin d’être un coup de coeur, ce roman n’est pas non plus une déception. Je reconnais le talent narratif de l’auteur, ces explications précises et le déroulement bien ficelé (qui suis-je pour juger? Personne). Mais l’alternance entre l’ennui, l’attente des rebondissements et l’excitation de certains revirements m’ont parfois épuisé. J’aime lire en montagne russe mais sans jamais laisser place à l’ennui. Même si les détails des scènes de crimes, la description quasi chirurgicale et l’évolution des personnages m’ont prouvé que l’auteur avait plus que du talent, ce roman, dans sa globalité, m’a un peu laissé de marbre. Je reviens donc, sur le blog avec un acte manqué qui, je vous assure, ne m’empêchera pas de découvrir cet auteur.

En tant que « blogger » je me dois, pour vous comme pour moi, de vous dire ma vérité et jouer la carte de la franchise sur absolument toutes mes lectures. Je vous souhaite de belles lectures et soyez au rendez-vous car je vous réserve encore quelques chroniques 🙂

Grand père – Jean-Louis Costes

Parution : 13 juin 2019
Éditeur : Editions RING

Résumé : La folle vie du grand-père de Costes, Cosaque sabrant les moujiks dans la steppe, légionnaire décimant les Berbères, bagnard en Guyane, finissant dans un HLM de banlieue à taper sa femme. Les Rouges ont massacré sa famille. Resté seul, le jeune Arménien rejoint les « Cosaques bouffeurs de cocos ». Commence alors une cavalcade aventureuse à travers l’Europe; l’Afrique du Nord et la Guyane, à travers un monde où l’innocence finit toujours les tripes à l’air.

Mon avis : Il y a des livres que l’on peut qualifier d’inclassables. Des romans qui, après la lecture vous laissent un étrange goût dans la bouche. Un goût amer, un goût acide et même ce goût ci caractéristique du sang. C’est une saveur qui reste et que l’on a du mal à faire partir.
La mécanique générale, la collection poche des éditions RING a eu la brillante idée de rééditer en version non-censurée le roman de Jean-Louis Costes Grand-père. Je tiens à préciser que ce roman n’est pas à mettre dans les mains de tout le monde. Il est bon de stipuler que ce livre est pour un public averti. Je t’ai prévenu 🙂
Ce roman soulève tout un tas de questions et remue, comme de la merde, une flopée de tabous. Oui, autant être dans le cru pour un roman qui prône le cru et le cul. Ces pages sont noircis à l’acide, ces mots sont balancés sans gêne, sans douceur sans aucune fioriture pour nous décrire un homme sans la moindre once d’humanité. L’autre nous peint avec un pinceau en poil de cul son grand-père. Immigré arménien, parasite, clodo et qui, par tous les pores de sa peau, schlingue le sang, le sperme et la merde. Sa vie, à ce connard de grand-père n’est faite que d’horreur, de meurtres et de viols. « Bon papa qui pique », « Tripes-caca-sang » sont des mesures qui rythme le roman. Ils sont la voix de Jean-Louis Costes qui nous raconte, nous conte ce grand-père Garnick de son patronyme, guerrier Cosaque pogrom, pogrommer et programment qui, de l’Arménie à la Russie en passant par la Guyane, l’Afrique du Nord et j’en passe, va tuer, torturer, violer, assassiner sans aucune pitié pour terminer à Paris où il n’est plus rien. Cet homme devenu depuis trop longtemps un monstre est décrit avec une telle intensité, qu’elle fait mal.

Je n’ai jamais rien lu de semblable. Ce roman de 270 pages est écrit avec une force inhumaine qui vous balance de l’acide en pleine poire. L’écriture y est écorchée, vive, corrosive, trash et brutale. Je souhaite mettre en garde, cela ne tiens qu’à moi, Grand-père de Jean-Louis Costes n’est pas à mettre entre toutes les mains. Si tu aimes le feel-good passe ton chemin. Par contre, si tu adores les sensations fortes, ce roman est fait pour toi.

Jean-Louis Costes est un génie. Un grand écrivain de l’underground.

Extrait choisi : « Bravo Bon-Papa-qui-pique et tes potes! Vingt mille bornes de pogroms aller-retour sans discrimination. Toutes races, toutes classes confondues. Vous avez enculé toute l’humanité avec justice et générosité. Et toujours la moustache fringante et les couilles rechargées à chaque étape! Même pour une vielle au con sec quand, au retour, la vierge se faisait rare. Vous fûtes les derniers Huns, purs pourfendeurs d’hommes. Éradiquer la sale humanité comme on dératise, voilà tout. Cela heurte le corps et la morale mais ça fait du bien à la tête du petit-fils Cosaque qui se fait chier en 1970 dans l’appart pépère moquette chauffage central, et qui rêve de tout massacrer en se branlant en cachette dans les chiottes. Comme tu me fais peur et comme tu m’attires, moi le planqué frustré de l’An 2000 ! Comme je t’envie, Bon-Papa-qui-pique ! Que mon père, ma mère, ma sœur meurent, et que je parte les venger !  »

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Parution : 06 avril 2016
Éditeur : Editions du ROUERGUE

Résumé : Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu. Andersen, la mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres qui assassine, justement, une nouvelle fois. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs.

Mon avis : THE PAGE TURNER durant le confinement. Oui, Trop de morts au pays des merveilles est, pour moi, un énorme coup de cœur avec Le Manufacturier de Mattias Kopping (D’ailleurs, si tu sens la motivation de lire mon avis sur ce roman de dingue, c’est juste ICI ). Au-delà du suspense et des rebondissements à n’en plus finir, la plume de Morgan Audic joue et manipule nos sensations et nos sentiments sans aucune pitié.
ON ADORE!
Je ne connaissais pas Morgan Audic jusqu’à maintenant. Je me suis procuré son roman par simple curiosité avec, quand même, une légère influence sur les avis que j’ai pu voir circuler sur Instagram. Mais, pour être franc, je suis passé complètement à côté car : Trop de livres à lire ! Pas assez de temps ! Pas maintenant etc… Bref, toutes les excuses impossibles et inimaginables qui ont laissé ce roman sur les étagères de ma bibliothèque.
Après la lecture du roman de Maxime Chattam – Le signal (tu veux lire cet avis aussi ? Clique ICI), j’avais besoin de me plonger dans un thriller bien classique, sans sorcellerie ni magie. J’avais besoin d’une lecture très « terre à terre » et proche de la réalité.
Après quelques combats ô combien houleux entre mes bas-instincts et tous ces livres s’offrant à moi, j’ai jeté mon dévolu sur le roman de Morgan Audic – Trop de morts au pays des merveilles. Confortablement installé et accompagné d’un café et d’une cigarette (oui, je fume. Interdiction de me juger 🙂 ) j’ai attaqué la lecture et dès les premières pages, j’ai été happé par l’histoire, les personnages et le contexte.

L’histoire se déroule à Paris ainsi que sa banlieue proche et lointaine. Christian Andersen, au lourd passé, devenu avocat associé avec son meilleur ami Franck Batisti, a perdu sa femme trois ans auparavant. Il mène un combat sans merci pour retrouver l’amour de sa vie. Il engage un détective privé, crée des forums dans l’espoir qu’un parfait inconnu prévienne Andersen d’avoir aperçu son épouse, dans une station de métro, un parc, peu importe. Un lien direct ou indirect qui lui permettra de retrouver sa femme en échange d’une généreuse rançon. Nous suivons son combat sans ménagement qu’il mène corps et âme avec espoir mais, malheureusement, sans grand résultat. En parallèle, nous suivons une tout autre histoire sur des meurtres, d’une intense atrocité, qui sévissent dans toute la capitale. Le meurtrier opère avec le même modus operandi sur le profil de victimes – Femmes d’une quarantaine d’années, blondes… – étrangement similaires à la femme disparue de Christian Andersen. Est-ce l’oeuvre d’un psychopathe récidiviste ? Toutes les preuves penchent vers le Marionnettiste. Mais problème, celui-ci est en prison. L’enquête patauge et laisse planer le doute et l’angoisse. C’est sans compter sur l’aide improbable de Diane Kellerman qui mènera un combat malgré un conseil disciplinaire qui la suspendra de ses fonctions. Elle va remuer la poussière et mettre à jour bien des noirceurs qui rendront l’histoire passionnante. L’enquête se tisse telle une toile d’araignée en donnant au roman une dimension angoissante et une tension plus que palpable.

Conclusion : J’ai été subjugué par l’écriture si précise et si détaillée de Morgan Audic. En aucun cas le roman tombe dans le « too much » et là est précisément la force de l’auteur. Les personnages y sont complexes et traînent derrière eux de lourds fardeaux, ce qui donne une profondeur dramatique non négligeable. C’est diabolique, inondé de manipulation, de jeux sordides, de vices cachés et de faux-semblant. Les rebondissements y sont nombreux, divers et variés et nous en sommes béats. Quant aux rebondissements, il nous laissent sur le cul car avec toutes les suppositions que l’on se crée durant la lecture du récit, les dernières pages nous prouvent que nous étions totalement à côté de la plaque. On note également une influence flagrante sur le célèbre conte de Lewis Carroll Alice au pays des merveilles mais en beaucoup plus dark quand même.
Du coup, il faut que je lise son dernier roman paru en 2019 De bonnes raisons de mourir chez Albin Michel.

« Je ne suis pas fou, ma réalité est juste différente de la vôtre. »

Santa Muerte – Gabino Iglesias

Parution : 20 février 2020
Éditeur : Editions SONATINE

Résumé : SANTA MUERTE, PROTEGEME… Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturer ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l’aide d’une prêtresse de la Santeria, d’un Portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, là, oui, il est prêt à déchaîner l’enfer.

Mon avis : Un style vif, brutal et sans fioriture qui nous plonge directement dans le cartel mexicain. Fernando Nando est l’antihéros des temps modernes. Immigré mexicain, il débarque à Austin au Texas pour fuir son Mexique natal, la peur au ventre. On le kidnappe, il est conduit, on ne sait où, bâillonné, confiné dans le coffre d’une voiture. Il doit assister à la mise à mort de son pote Nestor. C’est direct, c’est froid, c’est sanglant. On ne plaisante pas ici… Une décapitation en bonne et due forme qui lui montre qu’il n’est rien. Le but est simple, Fernando doit laisser un message. Ce gang tatoué souhaite étendre leur royaume et ils n’hésiteront pas à tuer avec de nombreux modes opératoires et malsains.
Entre ses prières à la Santa Muerte, ses offrandes et ses cachetons. Fernando a un but, répondre à la mort.
La plume de Gabino Iglesias nous asperge d’acide, il rentre en plein cœur du sujet, il ne nous laisse pas le choix, pas de temps à perdre. Ce roman de 180 pages se lit d’une traite. D’un réalise sociale survolté, Gabino Iglesias nous prouve dans ce premier roman qu’il possède de grosses cojones.

Choc entre deux cultures, entre deux traditions. Les frontières se brouillent et laisse place à Gabino Iglesias.

Le signal – Maxime Chattam

Parution : 06 février 2020
Éditeur : Editions POCKET / ALBIN MICHEL

Résumé : La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls, une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles. AVEZ-VOUS DÉJÀ EU VRAIMENT PEUR EN LISANT UN LIVRE ?

Mon avis : Il y a quelque jour de cela, j’ai refermé Le Signal de Maxime Chattam. Après avoir lu et adoré Un(e)secte, il m’a paru évident de lire et découvrir un peu plus cet auteur. C’est donc accompagné de mon entrain que j’ai ouvert ce gros et joli pavé (comme je les aime). J’ai constaté que le service marketing n’a pas lésiné sur les moyens. Visuellement, tout n’est qu’attraction. Un résumé alléchant qui suscite l’envie (sans rien spoiler, merci !), une typographie toute métallique vêtue et bordure de pages habillé de noir. Bref, tous les signaux sont au vert et me promettent LE grand huit intestinal.
Dès les premières pages, nous retrouvons la plume si caractéristique de Maxime Chattam. Elle s’impose à nous avec un naturel déconcertant. La fresque temporelle, historique et géographique est peinte avec brio, les personnages sont rodés, le décor est en place. Lever de rideau.

Nous rencontrons, ici, un couple. Une quadra journaliste et animatrice télé de renom accompagnée de son mari, réalisateur et écrivain de pièce de théâtre ( un peu déchu mais, quand même confortablement installé), ainsi que leurs trois enfants. Ces dernier vont jouer un rôle essentiel dans l’histoire, je ne vous en dit donc pas plus. 🙂 Nous vivons le quotidien d’une famille bien sous tous rapports qui, par consensus, ont fui les tumultes de New-York pour s’installer dans une ferme fraîchement rénovée dans les hauteurs de Mahingan Falls, un trou paumé de la Nouvelle-Angleterre. L’empreinte citadine gravée dans leur ADN, ne passe pas inaperçue dans une ville où tout se dit et tout se sait. Mais, pas d’inquiétude de ce côté là, ils vont prendre leurs marques, leurs aises et s’imposer auprès des habitants jusqu’à que…
Dit comme ça, ça ne donne pas forcément envie et l’impression de « déjà-vu » nous en donnerai presque la nausée. Mais avec Maxime Chattam rien n’est simple. Les détails naissent et prennent de l’ampleur à chaque page et l’angoisse, sans la moindre suspicion, vous saute en pleine figure.

J’ai adoré ce roman pour plusieurs raisons. Tout d’abord les détails qui parsèment le récit et qui donnent une tension palpable. Nous prenons la place des personnages et nous vivons, ce qu’ils sont en train de vivre. Nous ressentons leurs angoisses, leurs frayeurs, leurs peurs. Nous entendons leurs cris, leurs larmes et nous ressentons, comme eux, leurs morts imminentes. Comme j’ai pu l’écrire dans mon article sur Un(e)secte, la plume de Maxime Chattam est tellement détaillé et précise qu’il est difficile de se questionner sur le pourquoi du comment. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous laisser guider par l’histoire et vivre, in situ, le déroulement du récit. La place est aux sensations et aux ressentis.

J’ai adoré ce roman car les flics ont une place peu importante dans l’histoire, ils sont dépassés par les événements et sont clairement à la ramasse par rapport à la situation. C’est sûrement dû à leurs côtés très rationnels et cartésiens. Le signal ne laisse aucune place aux personnes trop terre-à-terre.

J’ai adoré ce roman car l’enfance à une place prépondérante dans l’histoire. Cette bande de copains joue ici un rôle très important et apporte une clarté que seule leur insouciance et leur naïveté peuvent donner. J’aime l’idée de leur responsabilité ici et qu’ils prennent part aux atrocités à venir.

J’ai adoré ce roman car l’enfance à une place prépondérante dans l’histoire. Cette bande de copains joue ici un rôle très important et apporte une clarté que seule leur insouciance et leur naïveté peuvent donner. J’aime l’idée de leur responsabilité ici et qu’ils prennent part aux atrocités à venir.

« Parfois les vieilles bâtisses cachent, entre leurs mûrs, des secret qu’il serait préférable de ne jamais percer. »

L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich

Editeur : SONATINE
Parution : 02 janvier 2020

Résumé :

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession va bouleverser toutes ses convictions. Un lien étrange va se former entre eux, qui contre toute attente va permettre à Alexandria d’éclairer ses propres traumatismes.

Mon avis :

C’est l’histoire d’un récit qui, pendant la bonne première partie de la lecture, m’a rendu septique, une sorte de nuage brumeux m’amenait je ne sais où ni comment et dont la seule issue, que j’ai trouvé pour m’extirper de cette incompréhension, était d’abandonner ce roman. Mais par le biais de ma curiosité et d’une mystique main invisible et bienfaitrice, j’ai été poussé sur le chemin de la découverte, j’ai décidé d’aller plus loin dans cette lecture. Au diable les croyances limitantes qui aiment vous mettre des bâtons dans les roues. Je devais aller plus loin, franchir le cap, dépasser les frontières et me laisser submerger par la plume de l’autrice.
Me voilà donc en face d’un récit, d’un témoignage, d’un carnet de route au goût subtil de journal intime qui nous raconte, nous conte et nous révèle une histoire difficile, de vies étriquées et de cœurs brisés dont l’empreinte du tabou règne en maître. Alexandria Marzano-Lesnevich nous offre l’histoire d’un vieux « fait-divers » qui s’est déroulé sous la chaude humidité de la Louisiane, il y a quelques années de cela. C’est l’histoire d’une rencontre qui n’aurait jamais du arrivée. D’un macabre et tragique événement survenu dans une vieille maison blanche enracinée dans une rue qui n’est pas une rue, dans un quartier qui n’est pas un quartier. Dans un coin trop anonyme et vite oublié. Sauf à ce moment-là.

Pourquoi, cet adolescent, Rick Langley a profané, en ce jour si ordinaire, le symbole même de l’insouciance… l’enfance. ? Jeremy Guillory dont la vie a été meurtrit, violée, salie et volée à l’âge de six ans. L’autrice, Alexandria Marzano-Lesnevich, à l’époque, étudiante en droit va, par le biais de ses convictions, de ses idéaux et de ses valeurs, se mettre sur le chemin du pédophile et prédateur Rick Langley. Elle va nous confronter avec ce monstre aux oreilles décollées et à la paire de lunettes trop imposante.
L’alternance des chapitres nous révèle, une fresque peu réjouissante du passé de Rick Langley. Une nuée de détails précis sur ses antécédents familiaux, son arrivée maudite sur cette terre ainsi que sa cruelle absence de liens sociaux peignent le portrait d’un homme chaotique en proie à ses propres démons. Nous partons également sur les traces du petit garçon, Jeremy et de sa mère, leur vie mouvementée, en dents de scie mais remplies d’amour.
C’est aussi l’histoire d’un procès, de plusieurs procès, du fameux couloir de la mort et surtout, c’est l’histoire du pardon, la puissance du pardon de cette triste et impuissante mère face à l’homme qui a volé la vie de son enfant. Cela nous pousse loin dans nos questionnements. Jusqu’où peut-on pardonner ?

Dans un parallèle, parfois flou, l’autrice enchevêtre sa vie, son parcours mais aussi ses propres maux. Son histoire qu’elle intègre à la vie de Rick Langley et de Jeremy Guillory et qu’elle noircit comme pour exorciser le mal qui la ronge depuis tant d’années, donne une ampleur, presque solennelle au roman. Il m’était parfois difficile de distinguer les deux histoires. Était-ce un choix de l’autrice ? A t-elle voulu fondre son histoire à celle de Rick Langley et de Jeremy Guillory pour expulser ses propres démons et combler ses propres failles ?

L’empreinte, c’est l’histoire d’histoire qui se referme et vous apporte ce « je-ne-sais-quoi » de déroutant mais paradoxalement salvateur. Malgré ma réticence du début, j’ai adoré cette lecture. L’empreinte est un mélange des genres. Un roman, pour moi, inclassable et, à trop vouloir le catégoriser, on en réduit l’essence même du talent de l’autrice. L’empreinte est un tout et je trouve ça beau.

J’ai tant de mots pour décrire ce roman, ils ne sont peut-être pas juste, pas précis mais ce sont les miens. Alexandria Marzano-Lesnevich nous offre une confession intime qui laisse une empreinte indélébile dans notre cœur de lecture.

Le manufacturier – Mattias Köping

Éditeur : RING
Parution : 25 octobre 2018

Résumé : Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Illić tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

ALERTE : GROS COUP DE FOUDRE EN PLEINE POIRE. CE ROMAN EST UN UPPERCUT QUI M’A MIS K.O.

Mon avis : il y a des romans qui arrivent, on ne sait jamais réellement comment ni pourquoi, à vous procurer un véritable et vertigineux ascenseur émotionnel. Les facteurs y sont nombreux et la sensibilité est propre à chacun. J’ai trouvé dans LE MANUFACTURIER mon grand huit, mes montagnes russes qui ont su, sans aucune extrapolation, me mettre K.O.
Je tiens à préciser une chose, et ceci est mon humble avis : LE MANUFACTURIER est un roman qui ne peut être mis dans n’importe quelle main. Outre le style très corrosif de Mattias Köping, les histoires sont inspirées de faits réels, la narration quant à elle, nous balance sans préambule dans ce qu’il y a de plus ignoble, de plus barbare chez l’Humain. Les scènes de crimes (elles sont nombreuses) sont d’une atrocité sans égal. Ce roman est un cocktail d’une série de rebondissements savamment maîtrisés; les détails vous sont balancés tel un crachat d’acide en pleine figure. Il faut être bien accroché pour supporter de telles horreurs. Mais c’est incontestablement là que se trouve le talent de Mattias Köping. L’auteur arrive, je ne sais pas quel artifice, à vous capter, à vous subjuguer tout en franchissant sans complexe les limites de l’acceptable. Rien, absolument rien dans ce roman n’est linéaire, platonique. On s’accroche comme on peut à une barque avec cette angoisse omniprésente de chavirer.

Nous sommes en présence, ici, d’un incommensurable melting pot de violences, de prostitutions, de drogues, de meurtres et de conflits. C’est un étalage de guerres historiques, de corruptions mais aussi de tripes et boyaux. Tout pousse votre subconscient à vous tenir le ventre d’une main puissante pour ne pas vomir l’horreur que l’être humain peut infliger.

Mattias Köping joue avec nos nerfs et réussit avec justesse à manipuler nos sentiments. Tel le jeu du chat et de la souris, je me suis surpris à « aimer » un psychopathe et détester un flic. Mais il a suffit de tourner une page et l’espace d’une fraction de seconde j’ai ressenti tout le contraire. Bref ! La palette des émotions prend ici des formes et facettes insoupçonnées. Et je ne vous parle même pas des suspens omniprésents et des revirements de situations incroyables. Si tu es comme moi, à te poser des milliers de questions pour deviner qui est le tueur ou essayer de mettre au grand jour une enquête alors je te conseille de : passer ton chemin ou dignement te laisser guider par le style hors pair de Mattias Köping.

LE MANUFACTURIER : LE THRILLER PAR EXCELLENCE

Le crépuscule du Paon – Claire Bauchart

Éditeur : Editions du Rocher
Parution : 19 février 2020

Résumé : Journaliste de l’influent hebdomadaire En avant, Pascaline Elbert vient d’être promue responsable du service politique. Cette femme de caractère, « temporairement » séparée, doit mener de front : piloter des enquêtes d’envergure, supporter la jalousie de ses confrères ou le regard culpabilisant de la nounou quand elle est en retard, sans oublier les nuits entrecoupées par les pleurs de sa fille… Sa vie est un désordre savamment orchestré, mais Pascaline ne se laisse jamais abattre ! En s’emparant d’un dossier brûlant qui même le très populaire ministre de l’économie Stéphane Toxandrie, un dirigeant d’entreprise de premier plan et un romancier en mal de reconnaissance, elle va révéler au grand jour leurs liens troubles et leurs aspirations aussi insatiables que dévorantes…

Je tiens à remercier Claire Bauchart et sa maison d’éditions pour l’envoie du roman

Mon avis : Me voilà sorti de mon confort et de mes lectures pour découvrir la plume délicate et savamment maîtrisée de Claire Bauchart. Outre les affaires politiques et journalistiques qui conditionnent ce roman, c’est aussi et avant tout l’histoire d’une femme, le destin de Pascaline Elbert notre journaliste de l’influent hebdomadaire En avant qui va s’emparer, pour notre plus grande joie, un dossier brûlant. Elle va au fur et à mesure de son investigation soulever des montagnes de poussières et gratter minutieusement la peinture écaillée pour nous dévoiler des liens troubles et pas très déontologiques. Le roman est très bien écrit et, pour moi, Claire Bauchart révèle un sujet dans l’air du temps. C’est le destin d’une femme, une parmi tant d’autres, qui doit être sur tous les fronts et jongler entre sa vie professionnelle, sa vie de maman et sa vie de femme. Elle doit se battre, quotidiennement, dans un milieu masculin et se frayer un chemin pour trouver sa voie, sa place.
Loin d’être un coup de cœur, Le crépuscule du Paon a su me toucher et m’émouvoir. Ce roman a le mérite d’être extrêmement bien écrit, traitant de sujets d’actualités et surtout maîtrisés par le travail de recherche et le talent de narratrice que possède Claire Bauchart.

Faites du bruit pour ce roman car il sera faire chavirer votre petit cœur de lecteur.