Le crépuscule du Paon – Claire Bauchart

Éditeur : Editions du Rocher
Parution : 19 février 2020

Résumé : Journaliste de l’influent hebdomadaire En avant, Pascaline Elbert vient d’être promue responsable du service politique. Cette femme de caractère, « temporairement » séparée, doit mener de front : piloter des enquêtes d’envergure, supporter la jalousie de ses confrères ou le regard culpabilisant de la nounou quand elle est en retard, sans oublier les nuits entrecoupées par les pleurs de sa fille… Sa vie est un désordre savamment orchestré, mais Pascaline ne se laisse jamais abattre ! En s’emparant d’un dossier brûlant qui même le très populaire ministre de l’économie Stéphane Toxandrie, un dirigeant d’entreprise de premier plan et un romancier en mal de reconnaissance, elle va révéler au grand jour leurs liens troubles et leurs aspirations aussi insatiables que dévorantes…

Je tiens à remercier Claire Bauchart et sa maison d’éditions pour l’envoie du roman

Mon avis : Me voilà sorti de mon confort et de mes lectures pour découvrir la plume délicate et savamment maîtrisée de Claire Bauchart. Outre les affaires politiques et journalistiques qui conditionnent ce roman, c’est aussi et avant tout l’histoire d’une femme, le destin de Pascaline Elbert notre journaliste de l’influent hebdomadaire En avant qui va s’emparer, pour notre plus grande joie, un dossier brûlant. Elle va au fur et à mesure de son investigation soulever des montagnes de poussières et gratter minutieusement la peinture écaillée pour nous dévoiler des liens troubles et pas très déontologiques. Le roman est très bien écrit et, pour moi, Claire Bauchart révèle un sujet dans l’air du temps. C’est le destin d’une femme, une parmi tant d’autres, qui doit être sur tous les fronts et jongler entre sa vie professionnelle, sa vie de maman et sa vie de femme. Elle doit se battre, quotidiennement, dans un milieu masculin et se frayer un chemin pour trouver sa voie, sa place.
Loin d’être un coup de cœur, Le crépuscule du Paon a su me toucher et m’émouvoir. Ce roman a le mérite d’être extrêmement bien écrit, traitant de sujets d’actualités et surtout maîtrisés par le travail de recherche et le talent de narratrice que possède Claire Bauchart.

Faites du bruit pour ce roman car il sera faire chavirer votre petit cœur de lecteur.

Victime 2117 – Jussi Alder Olsen

Parution : 02 janvier 2020
Éditeur : Editions Albin Michel

Résumé : Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.
Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs. Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le département V dans l’œil du cyclone. Qui est Assad ? Victime 2117 est la réponse. Cette enquête est son histoire.

Mon avis :
C’est avec une joie difficilement contrôlable que je retrouve les enquêtes du département V et l’équipe qui en a fait leur succès depuis de nombreuses années. Moi, fan de Jussi Alder Olsen ? Pas du tout !!! 😋 Je l’adore tout simplement. L’auteur nous revient cette année avec un huitième opus qui, comme la quatrième de couverture nous l’annonce, nous promet de sacrés rebondissements. Et je peux d’ores et déjà vous le certifier, le pari est gagné.
Quelle joie de retrouver les personnages qui ont rendu célèbre le département V de Copenhague. Carl, Assad et Rose, un trio de choc que j’ai pu accompagner depuis le début avec Miséricorde (Albin Michel – Octobre 2011) et que j’ai du quitter avec Selfie (Albin Michel – Avril 2017). Jussi Alder Olsen nous revient et signe avec Victime 2117 un magistral thriller aux découvertes et révélations incroyables tout en conservant précieusement tous les ingrédients qui en ont fait l’écrivain nordique le plus lu en France en un peu moins de 10 ans. Chapeau bas !
J’ai connu Jussi Alder Olsen grâce à ma maman qui m’a harcelé pour que je lise Promesse (Albin Michel – janvier 2016). Ayant eu un véritable coup de cœur pour ce roman, j’ai été poussé par l’envie de dévorer toutes les enquêtes à la chaîne. À l’époque, je n’avais pas de compte Instagram : hanae_part_en_livre et encore moins un blog. Voilà pourquoi, je n’ai pu rédiger d’avis. Peut-être qu’un jour j’aurai la foi de vous les partager 😀. La quatrième de couverture de Victime 2117 a été plus que révélatrice et a su nous mettre l’eau à la bouche. Promesse tenue.
Dans cet opus, Jussi Alder Olsen met en lumière le sombre passé d’Assad. Les secrets sont dévoilés et les révélations partagées sont comme un coup de poignard pour le département V et de ses acolytes Carl et Rose. L’auteur a frappé encore plus fort en imbriquant une deuxième enquête en parallèle avec le passé d’Assad et de ses propres démons, trop longtemps cachés, qui resurgissent. Nous suivons, à travers l’alternance des chapitres, deux enquêtes bien distinctes. cela aurait pu nous faire tomber dans l’ennui ou dans l’oubli mais Jussi Alder Olsen a un talent de narration fou, et cette écriture immersive nous pousse, un peu plus, au bord du stress. Les personnages y sont tellement ancrés et les sujets abordés plus vrais que nature que j’ai dû, à plusieurs reprises, poser mon livre pour revenir dans la réalité. Jussi Alder Olsen ne fait pas dans la dentelle. Il est très méticuleux dans chaque détail. Avec lui, aucune redondance, aucune lassitude. Le lecteur devient acteur des enquêtes du département V et cette perspective fait froid dans le dos… Mais on adore ça !!! Je me pose quand même la question : « Maintenant que les secrets d’Assad ont été dévoilés, quelles autres surprises Jussi Alder Olsen va-t-il nous concocter pour son prochain roman ? GROS COUP DE CŒUR. Je vous conseille vivement de lire Victime 2117 .

Toute la violence des Hommes – Paul Colize

Parution : 05 mars 2020
Editeur : Editions Hervé Chopin

Résumé :

Qui est Nikola Stankovic ? Un graffeur de génie, assurant des performances insensées, la nuit, sur les lieux les plus improbables de la capitale belge, pour la seul gloire de l’adrénaline ?
Un peintre virtuose qui sème des messages profonds et cryptés dans ses fresques ultra-violentes ?
Un meurtrier ?
Un fou ?
Nikola est la dernière personne à avoir vu vivante une jeune femme criblée de coups de couteau dans son appartement. La police retrouve des croquis de la scène de crime dans son atelier. Arrêté, interrogé, incarcéré puis confié à une expertise psychiatrique, Niko nie en bloc et ne sort de son mutisme que pou répéter une seule phrase : C’est pas moi.

Mon avis :

Ce roman est un hommage sombre à la Street art par ses fresques violentes et terrifiantes qui n’a que pour but de mettre en lumière la noirceur de l’Homme.
Nikola Stankovic ne s’exprime que par cette discipline ô combien controversée. Toute la violence des hommes résumée dans un coup de pinceau. Message subliminal du cœur d’un homme en bombe acrylique.
Mais jusqu’où cette violence peut-elle s’immiscer ? Sûrement loin, très loin au-delà des abysses insoupçonnés de notre être. Quoi qu’il en soit, cette dernière a laissé une trace, marquée au fer rouge, dans la vie de Nikola qui désormais n’est réduite que par la solitude, le mutisme et les cauchemars.
Paul Colize nous tisse, dans ce roman, une toile d’un réalisme saisissant. Il a réussi à mettre admirablement en scène la vie d’un homme meurtrit, sombrant dans la folie et que l’on accuse d’homicide. Le flou nous gagne. Est-il un monstre dénué de sentiments ? Où est-il malheureusement la victime et le témoin d’un acte atroce et sanglant ?

L’écriture de Paul Colize est sans fioritures, franche et directe n’ayant que pour seul but : allé à l’essentiel et nous toucher en plein cœur. Les tensions sont palpables, la barrière de la folie, facilement franchissable et l’intrigue, quant à elle, nous poignarde dans le dos.

Quand l’art se confronte à la psychiatrie avec autant de subtilité. Nous vivons ici un véritable combat de titans.

« Le syndrome de reviviscence de traumatisme vécu est central. Il se caractérise par des souvenirs intrusifs et répétés, des peurs incontrôlables et l’incapacité d’envisager l’avenir. Les symptômes peuvent engendrer des troubles de la personnalité : retrait, mutisme, phobies, comportements agrippement, dessins , confusion au niveau de l’image du corps…« 

Je suis pilgrim – Terry Hayes

Parution : 02 avril 2014
Éditeur : J.C Lattès

RÉSUMÉ :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un zoologiste, père de famille, décapité en public sous le soleil d’Arabie Saoudite. Le directeur adjoint d’un institut médical énucléé en Syrie. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un dénommé Pilgrim. Pilgrim n’existe pas officiellement. Sous ce nom de code se cache un homme qui, autrefois, a dirigé une unité d’élite des services secrets et qui, avant de se retirer dans l’anonymat le plus total, a écrit un livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Un homme rattrapé par son passé d’agent secret .

Mon avis :

Je ne sais par où commencer et c’est bien la première fois que cela m’arrive. J’ai tant à vous partager sur ce roman sans rien vous spoiler et garder cette part de ce précieux mystère. Je souhaite, avec un « je-ne-sais-quoi », à susciter chez vous l’envie de dévorer ce roman. Je vais essayer d’être le plus spontané possible avec, je l’espère, une pointe d’originalité car ce roman a laissé plus d’une fois sa marque sur la toile et revoir, dans son flux d’actualité, un énième post de ce gros et magnifique pavé peut vite laisser une désagréable sensation de déjà-vu. Un peu comme une chanson trop longtemps écoutée ou la même phrase que ta mère répète à longueur de journée.

Je ne le dis que trop souvent mais c’est une valeur que j’aime à vous le rappeler. Je ne suis pas un critique littéraire, je ne suis pas rémunéré pour cela. Mes syntaxes sont parfois mal assurées et je n’ai pas pour objectif d’écrire un roman ou me faire un nom sur la toile. Je suis, dans son plus simple appareil, un passionné qui aime vous apporter, en toute modestie, son petit univers. Je voue une véritable admiration pour les travaux d’un auteur, pour les maisons d’éditions mais aussi pour les libraires et nous, les lecteurs. C’est donc avec mes mots, les miens, que je souhaite contribuer à faire vivre et revivre cet art qu’est la lecture.
Bon j’arrête ici cette logorrhée et je vous parle de ce pour quoi vous êtes là aujourd’hui, le saisissant roman de Terry Hayes Je suis Pilgrim

Je suis Pilgrim se veut être un roman d’espionnage et il relève ce défit avec brio. L’auteur tel un chef d’orchestre vous manipule en variant les registres, les angles de vue et par les différentes situations géographiques, historiques et politiques. L’histoire tourne autour d’un seul et même homme qui aspire, malgré un sombre passé, à vivre une vie confortable et « normale » loin des tumultes que son métier d’agent secret a pu lui imposer. Mais l’excellence de sa carrière va lui revenir en pleine face quand il va découvrir qu’au fin fond du désert de l’Afghanistan, un seul homme a pour projet ambitieux de créer l’arme la plus mortelle jamais expérimentée pour détruire l’humanité. Après les attentats du 11 septembre, le meurtre atroce et inexpliqué d’une jeune femme dans un hôtel, on peut se poser la question : quels sont les liens que peuvent unir cette histoire ? De la Turquie en passant par l’Amérique, la France et l’Italie l’histoire devient pour nous, floue, sans lien réel. Mais grâce au talent infaillible de narration de l’auteur, nous sommes littéralement happés par les dénouements. La construction du roman se veut précise et détaillée et nous plonge dans ce besoin irrésistible de tourner les pages et de vouloir en connaitre davantage. Cet opus est pour moi de haute facture. La complexité de ces personnages se dévoilant peu à peu au fil des chapitres donne une grande profondeur. L’atmosphère y est parfois lourde, pesante mais aussi très ancrée dans une réalité qui parfois donne froid dans le dos. L’auteur a réussi à me captiver sur les 900 pages sans aucune lourdeur ou redondance.

Coup de cœur 2020 signé par le talentueux Terry Hayes avec JE SUIS PILGRIM

Alex Verus – Recluse tome 5 – Benedict Jacka

Éditeur :  Éditions Anne Carrière
Parution : 07 juin 2019

Résumé :

cinquième tome de la série des aventures d’Alex Verus

Les talents de divination d’Alex Verus l’ont sauvé de bien des dangers, et nombreux sont ceux dans son entourage qui ont demandé son aide. Mais, cette fois, quelqu’un qui en aurait bien besoin la refuse catégoriquement.
Son amie, la magicienne Anne, a pris ses distance avec lui quand elle a découvert les parts les plus sombres de son passé. La voici dans une situation critique , mais rien ne semble pouvoir le convaincre d’accepter l’assistante d’Alex. Le doute s’installe : la ta réaction d’Anne est-elle uniquement motivée par ce qu’elle pense de lui ? Ou n’aurait-elle pas son propre secret à cacher, au péril de sa vie ?
En parallèle, les rues de Londres bruissent de la rumeur du retour de l’ancien maître d’Alex. Si cela devrait se confirmer, il serait utile à notre héros de connaître ses plans, et ceux qu’ils risquent d’impliquer

Mon avis

Il est appréciable, de temps en temps, de se plonger dans la littérature jeunesse. C’est un peu comme un retour aux sources, de se remémorer ces folles histoires qui ont bercé notre insouciance, notre naïveté et nos doux espoirs. C’est aussi découvrir ou redécouvrir ces univers riches et variés qui ne laisse de place qu’à notre débordante imagination. La littérature jeunesse c’est aussi prendre le temps à la déconnexion ainsi savourer ces histoires qui se nourrissent de fantasmes et de chimères.

j’ai découvert les aventures d’Alex Verus dès la sorti, en France, du premier tome, en 2018. La maison d’éditions Anne Carrière m’a généreusement contactée et a soumis le souhait de me faire découvrir la plume de l’auteur, fraîchement débarqué au pays. J’ai donc accepté avec une joie mêlée d’une certaine appréhension. En effet, la littérature jeunesse, à cette période, était loin de faire partie de mes lectures de chevet. Mais au diable les croyances limitantes, après tout on tente le coup… Ce fût une véritable et agréable surprise. J’ai ensuite dévoré avec entrain les tomes suivants et me voilà, aujourd’hui, avec vous pour vous partager le dernier tome sorti des aventures d’Alex Verus – Recluse

Si vous souhaitez découvrir mes avis sur les tomes précédents, je vous invite à faire un petit clique ci-dessous :

Alex Verus tome 1 – Destinée
Alex Verus tome 2 – Malédiction
Alex Verus  tome 3 – Persécution
Alex Verus tome 4 – Les Élus

Dans cet opus, on redécouvre toute la bande que l’on connait désormais. Nul besoin de les présenter. Et c’est avec plaisir que l’on découvre leur  évolution. Ils ont grandit, ils ont prit en assurance. On y découvre leurs failles, leurs faiblesses, leurs doutes. L’auteur nous décrit un portrait beaucoup plus intime des personnages, je trouve cela très intéressant de suivre au fil des romans cette évolution, faite en douceur mais palpable. L’auteur, Benedict Jacka a le don de nous donner des cheminements, de nous faire emprunter des chemins de traverses, de semer le doute, de procurer du flou et tout cela avec parcimonie. Juste ce qu’il faut pour donner corps et puissance à l’histoire mais pas trop car la suite arrive bientôt 🙂 En bref ! Il nous met l’eau à la bouche.
Il est important de souligner que les histoires d’Alex Verus ne sont pas faite que de magie et de sorcellerie, loin de là. L’auteur nous laisse un message, sur l’amitié, les relations et sur toutes les complexités qui en découlent et nous savons toutes et tous qu’elles sont nombreuses. Les histoires se suivent mais ne se ressemblent pas et les descriptions de Londres sont toujours aussi précises et détaillées. L’atmosphère est manifeste.
Je ne vais pas rentrer en plein cœur de l’histoire. Sachez juste qu’ Alex Verus, dans cet opus,  doit faire face à ses propres démons tout en essayant de sauver la vie d’une autre (Anne). Cet homme, toujours aussi solitaire doit se remettre en question et retourner sur les lieux de son enfance pour trouver un semblant de réponse. A ses risques et périls…

Il ne faut plus hésiter. Les aventures d’Alex Verus c’est : de 13 à 99 ans 

Il reste tant à découvrir, cette saga n’est pas prête de s’essouffler.

Á QUAND UNE ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE ?

Un(e)secte – Maxime Chattam

Éditeur : Éditions Albin Michel 
Parution : 30-10-2019

Résumé : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s’organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d’une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s’entremêler.  Et les confronter à une vérité effrayante.

Mon avis : 

Il a fallu que j’attende début 2020 et que je lise de nombreux avis passés sur la toile que l’on prénomme joliment Bookstagram pour que je puisse tenir entre mes mains un roman de Maxime Chattam.
Mieux vaut tard que jamais… (ce diction prend, ici, toute sa splendeur).
C’est donc paré de ma plus grande volonté et à l’occasion de la sortie de cet opus que j’ai décidé, avec une joie sans égale, de découvrir cet auteur. Je vous certifie avec les mots qui vont suivre que la surprise était au rendez-vous. Agréable et haletante.
Ne connaissant pas l’œuvre dans son intégralité et ne demandant qu’à la découvrir, je  vais vous donc vous partager, ici, mon propre avis sur ce roman Un(e)secte  tant attendu par les lecteurs de ce prolifique auteur.

Avant de lire du Chattam (comme on dit si bien dans le jargon), je me suis penché, avec curiosité, sur le monde, enfin les mondes, que nous offrent l’auteur avec, visiblement, une grande générosité. Les univers y sont vastes, les atmosphères bien différentes. D’ailleurs, différentes séries ont vu le jour (merci Wiki) abordant différents genres. J’ai comme l’impression qu’avec Maxime Chattam tout peut-être différent, que tous les chemins mènent vers des possibles, que la frontière entre l’abstrait et le concret restent en suspens mais que, pour rester fidèle à lui même et à ses démons, il démontre toujours le même médium, celui de la noirceur humaine. Faut-il être fou pour lire du Chattam ? Pour ma part, j’ai signé mon voyage express vers la folie 😉
La palette de Maxime Chattam est large et nous promet un ascenseur émotionnel saisissant. J’ai donc commencé par un « one shot », un roman indépendant hors La trilogie du mal, Le cycle de l’homme et de la vérité et Autre-monde.
Oui, je vous l’accorde j’ai voulu la jouer secure : je ne voulais pas ressentir une énorme frustration si le coup de cœur n’était pas au rendez-vous. La déception aurait pu être bien plus grande si j’avais commencé une histoire qui débordait sur plusieurs tomes. Voila pourquoi je suis resté dans ma zone de confort.

Et bien voilà, cher monsieur Chattam, si un jour, par le plus grand des hasards vous passez par ici, (sait-on jamais !) je tiens à vous dire ceci :
« Sachez que derrière votre écran, se cache votre tout nouveau lecteur… »  je peux aussi rajouter :
 » Et si vous voulez boire un verre, on peut se fixer une date, j’ai une bande de potes qui adore vous lire également. »

Je m’éparpille un peu trop et je n’ai toujours rien dit sur ce roman. Allez, je me lance. Un(e)secte est un roman puissant, d’une précision quasi chirurgicale dans le déroulement de l’histoire, par la complexité de ses personnages. Ce roman est un gros coup de cœur (ou de sang, ça dépend du point de vue où l’on se place). Vous êtes très pointilleux monsieur Chattam. Vous avez réussi avec brio à y dégager de l’angoisse, de la stupeur et parfois même une sensation d’étouffement. Voilà toutes les sensations que j’aime éprouver dans un excellent Thriller. Vous lire nous fait ressentir, et dans ce cas, c’est la sensation de morts et d’insectes qui sont mis en avant. Vous êtes sadique monsieur Chattam et cela fait de vous un homme de talent. Ce roman est immersif, effroyable et soutenu.  Chapeau bas Maxime.

Bon allez, j’arrête d’être sympa et je vais quand même balancer un petit bémol, histoire de… Cela ce passe du côté de la description que je trouve talentueuse mais, à mon goût, omniprésente. Avec vous, aucune place pour le laisser-aller ou le lâcher-prise. Vous maîtrisez absolument tout. Et rien que pour cela,  je ne peux vous en vouloir. Merci pour ce monde étrange, teinté d’une incroyable vérité.  

POUR LES AMATEURS DE SENSATIONS FORTES, CE ROMAN EST FAIT POUR VOUS

Extrait choisi :

« L’ouvrage mettait en scène un enfant perdu dans la forêt; et tous ses fantasmes les plus anxiogènes prenaient forme au fil des heures de son errance. Janie en était à l’épisode de l’épuisement, lorsque le garçon finissait par s’effondrer sur un tas de mousse au pied d’un chêne et s’endormait, à bout de force. Les insectes avaient commencé à l’envahir, les uns après les autres, grimpant sur ses jambes, sous son short, et Janie pouvait presque les sentir sur elle, au point de vouloir se gratter. C’était admirable le pouvoir qu’avait la lecture sur le cerveau. Il suffisait de lire qu’une bestiole vous sautait dessus pour avoir besoin de se frotter les mollets ou la nuque, convaincu qu’une créature infâme y rôdait…« 

Le hameau des purs – Sonja Delzongle

Éditeur : Éditions Gallimard par Folio livre
Parution : 17/10/2019

Résumé :

Audrey Grimaud, journaliste, est envoyée sur les lieux d’un incendie criminel ayant fait sept victimes. Dans ce hameau ravagé par les flammes réside une communauté des Purs qui a choisi de vivre à l’écart du monde moderne. Audrey connaît bien l’endroit : ses grands-parents faisaient partie de cette congrégation mystérieuse. Peu à peu, des épisodes troubles de son enfance remontent à la surface. Des disparitions suspectes, d’étranges incidents qui ont émaillé ses séjours là-bas. Et une figure sinistre lui revient en mémoire : l’Empailleur, un meurtrier d’une cruauté inouïe dont l’identité n’a jamais été découverte. Au risque d’y laisser sa vie et sa raison, Audrey décide d’explorer les secrets enfouis dans les ruines fumantes du hameau…

Mon avis :

Découverte pour moi de cette autrice. Sa plume, certe talentueuse, ne sera pas gravée dans la catégorie « coup de cœur ». Il y a des romans qui parfois nous emballent par leur quatrième de couverture et nous sommes, consciemment ou inconsciemment, attirés par le visuel de leur jolie couverture. Ils ont le pouvoir, très attractif, de nous mettre directement dans une certaine ambiance, ils vous promettent monts et merveilles et une lecture endiablée.

Et bien voilà, toutes ces prouesses de promesses m’ont posé un lapin. C’est un rendez-vous raté et un feeling manqué. Ce roman est classé dans la catégorie « Thriller », et en refermant ce roman, je me suis posé la question (et je me la pose encore maintenant) : Où est le Thriller là-dedans ? Quelle est la véritable signification du mot Thriller ? et quelles sont les ingrédients pour faire un bon Thriller ? (Voilà des questions qui nous ouvrent les portes des débats sans fin où les maîtres mots POLÉMIQUER et PHILOSOPHER nous promettront des concertos endiablés).  Pour moi, le mot Thriller signifie avant tout de capter le lecteur, le plus longtemps possible. Ne rien spoiler d’une quelconque vérité. Donner un dénouement parfaitement inattendu, nous pousser aux questionnements, rendre les personnages complexes et variés. C’est un livre qui dérange, qui bouleverse, pire qui vous hante. C’est mon avis et avec toute ma franchise et mon honnêteté, je n’ai rien ressenti avec ce roman. L’atmosphère était pour moi d’une lenteur presque ennuyeuse. L’histoire, quant à elle, se déroule dans un village reclus – où ses habitants vivent en autarcie – régi par des règles strictes. (Bon c’est comme les mormons mais en pire.) Audrey Grimaud, notre protagoniste journaliste, revient sur ces lieux qui ont bercé son enfance. Elle va devoir faire appel à ses souvenirs pour reconstituer un semblant de vérité sur des meurtres qui plongent le hameau dans l’angoisse et la terreur. Plutôt pas mal comme toile de fond mais le récit monocorde m’a laissé perplexe et les retournements de situation, quant à eux, de marbre.

Je me dois de vous exposer mon ressenti qu’il soit bon ou mauvais. Je ne suis pas un chroniqueur encore moins un critique littéraire qui a le pouvoir d’influencer un grand nombre de lecteurs. Je suis moi avec mes coups de cœur mais aussi mes coups de gueule. Alors quand un roman ne me plait guère et bien je vous en parle aussi. Cependant sachez que je respecte énormément les travaux des auteurs et je suis persuadé que ce roman a trouvé et trouvera de nombreux lecteurs. Je vous laisse faire votre propre avis.

Ici c’est aussi la liberté d’expression 😉

La folie Tristan – Gilles Sebhan

Parution : 02 janvier 2019
Éditeur : Éditions du Rouergue

Résumé : Dans cette petite ville secouée par les disparitions tragiques de plusieurs enfants, un vieil hôpital constitue le nouvel épicentre. C’est là que le lieutenant Dapper, qui vient de retrouver son fils et de tuer son ravisseur, se trouve hospitalisé après une blessure par balle. Là que Théo est examiné par médecins et psychiatres pour évaluer son état après trois mois de captivité. Là encore que planque un journaliste dépêché par sa rédaction pour écrire sur cette affaire au dénouement aussi heureux qu’imprévisible. Or, Dapper, qui a remué ciel et terre pour sauver Théo, se découvre incapable de renouer les liens avec son fils. Au contraire, son propre passé d’enfant abandonné, trimbalé de foyer en foyer, l’envahit. Il décide d’enquêter sur les mystères qui entourent sa naissance. Sans se douter que la folie vers laquelle son fils dérive, ni que de nouveaux événements sont sur le point de meurtrir la ville.

Mon avis : Comment ne pas sombrer dans la folie après avoir lu ce roman.
Hanae, tu y vas un peu fort! Me dira-t-on. Et bien croyez-le ou non. Ce roman dévoile une force insoupçonnée qui a su me prendre par les tripes et ne plus me lâcher. Ce roman dégage une atmosphère lourde de sens. Le combat de ce père pour retrouver son fils, ce fils absent, perturbé et traumatisé. Ce passé qui resurgit, qui se réinstalle et qui dévoile la face sombre que Dapper a mis des années à dissimuler.
L’immersion dans la folie, cet aller simple dans les méandres de ce que l’humain peut avoir de plus noir, de ces secrets trop longtemps enfouis et de ces traumas lorsqu’ils nous arrivent en pleine poire. Ce dur et savant mélange alliant une écriture pointilleuse et haletante nous révèle une lutte pour l’amour de son enfant mais aussi une lutte contre soi.

Bref ! Lisez ce roman et imprégnez-vous de sa force et de sa conviction. La folie vous guettera, j’en suis persuadé.

 

Dans ce merveilleux roman de Gilles Sebhan, tout commence au pied d’un arbre de pierre, dans la ville ancienne, tout conduit au secret du cœur des pères, tout ramène aux origines. Et si l’innocence constituait la plus grande des cruautés ? 

 

Extrait choisi : (À sa grande surprise, Dapper se met à parler des difficultés qu’il éprouvait à communiquer avec le nouveau Théo. C’est l’impression qui lui vint. Il évoqua le mal qu’il avait à faire sortir l’enfant de sa chambre. Le regard farouche que ce dernier lui opposait à table. Et pour répondre à l’allusion du thérapeute, il expliqua que son fils avait refusé de revenir pour une consultation, se mettant dans une colère noire dont il n’avait pas l’habitude. Vous avez l’impression que son enlèvement l’a changé ? Et sans lui laisser le temps de répondre, le médecin ajouta : Comment voudriez-vous qu’il en soit autrement ? Il se leva pour aller chercher l’ouvrage dans sa bibliothèque. Je vous ai dit que Théo avait du mal à exprimer ses sentiments négatifs envers ses ravisseurs. Je sais qu’il a assisté à des scènes très violentes et que pour le sauver, vous avez dû supprimer son agresseur. Il est possible qu’inconsciemment il en ait conçu une peur à votre égard. D’où vos difficultés relationnelles avec lui depuis son retour… L’homme s’interrompit car on venait frapper à la porte. Il posa son livre devant Dapper et sortit quelques instants…) 

Jackson Hole – Karel Gaultier

Parution : 03/10/2019
Éditeur : Slatkine et compagnie

Résumé : Matteo Andreani est au faîte de sa gloire. Surnommé Le Devin pour sa faculté à prédire le cours des marchés, ce financier de 40 ans rêve de diriger la Banque Centrale Européenne. Un accident d’avion sur la piste de Jackson Hole, le village du Wyoming où se réunissent chaque été les grands argentiers de la planète, lui offre l’opportunité.
Il est à peine nommé président de la BCE que des tensions internationales sur le marché de l’énergie précipitent une crise mondiale. Les marchés dégringolent, Chinois et Américains s’affrontent, faisant les beaux jours des crypto-monnaies et de la Camorra.
Une réunion de la dernière chance se tient secrètement à Jackson Hole. Dans ce petit village perdu dans des Montagnes Rocheuses, les banquiers ont 48 heures pour sauver l’économie mondiale.

Mon avis : Qui aurait cru, un jour, que je puisse dévorer un livre sur un thème bien trop étranger pour mes habitudes, sur une histoire bien trop loin de mes sentiers battus? Et qui aurait pu croire que je puisse me délecter sur un roman ayant pour sujet : la finance, la politique, la crise économique sur les banques et les jeux de manipulation et de pouvoir qui en découlent. Et bien, c’est chose faite grâce au roman de Karel Gaultier qui manie avec brio le sens de l’intrigue et nous maintient en haleine sans jamais tomber dans l’incompréhensible et l’inaccessible. Dans ce roman, les tensions sont palpables, les personnages manipulateurs, calculateurs. Les plus grandes puissances mondiales se confrontent. Un véritable choc des titans. Les jeux d’argent et de pouvoir sont de mise, les plus malins l’emporteront au prix d’âmes cassées et de vies bafouées.

Karel Gaultier frappe fort dans cet opus. Cet homme sait de quoi il parle, il est parfaitement à l’aise avec le suspense et vous dévoile ce que le rideau a parfois tant de mal à dissimuler. Des têtes vont sauter et d’autres vont se montrer. C’est du lourd, du très lourd et ça fait du bien. L’auteur a su capter mon attention avec ce thriller original et sournois. Il a prit un risque mais pour moi, le pari est réussi.

Je ne souhaite pas rentrer dans les détails de ce roman de peur de vous spoiler et là n’est pas mon objectif. Ce roman brise les standards par son intelligence et son cynisme.

ADOPTEZ LE ! 

Vik – Ragnar Jonasson

Éditeur : Éditions de La Martinière 
Parution : 03 Octobre 2019

Résumé : Des années ont passé avant qu’Ásta ne décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.
Quand quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à chercher ailleurs, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans…

Mon avis : Couleur et teinte automnales pour cette publication (on fait comme on peut avec un manque évidant de lumière dans son appart 🙂 ) mais ça reste dans le thème du roman et c’est plutôt sympa, non?
Voilà, je viens de lire mon premier polar islandais et pour une première, ce fut très agréable hormis le nom de certaines villes et/ou personnages à la limite du prononçable (merci pour le petit lexique au début du roman, c’est une excellente idée, surtout pour ne pas passer pour une bête étrange et pour donner un minimum de sens à notre lecture). Quelle belle surprise ce polar dit donc ! Une histoire qui se déroule en huis-clos dans une petite ville au nord de l’Islande au nom de, accrochez-vous, Kálfshamarsvík (oui oui, je n’ai rien inventé) où le personnage principal Ari Thór (prononcez Ari Sor), part résoudre avec son chef et acolyte une enquête mêlant secrets, manipulations et dissimulations. Pas si simple de résoudre une affaire quand ce sont les mots qui détiennent la vérité et que les vivants font tout pour la fausser. Il y a un zeste d’Hitchcock avec un soupçon des petits meurtres d’Agatha Christie mais que cela vous rassure, en version 2.0 et franchement… ça se dévore sans vergogne. L’intrigue est puissante, l’histoire franchement bien maîtrisée et la toile, quant à elle, bien tissée. C’est pas un coup de cœur mais ce roman possède tous les mérites d’être lu.