Le poids des secrets – Aki Shimazaki

AKI SHIMAZAKI

Dans cet article, je vais vous parler de ma forte attirance pour la littérature japonaise. Tout d’abord, sachez que je voue une véritable admiration pour la culture japonaise. J’aime leur nourriture, leur savoir-vivre, leur savoir-être, leur respect face aux autres et à la nature. Ils ont une façon bien spécifique d’appréhender la vie, la mort… Comme l’a si bien évoqué Amélie Nothomb dans son roman La nostalgie heureuse  littéralement Natsukashii. C’est un concept typiquement japonais : pour les nippons, la nostalgie, contrairement à nous occidentaux, est heureuse. « L’instant où le beau souvenir revient à la mémoire et l’emplit de douceur » dixit Amélie. Cette attirance pour cette civilisation ne date pas d’hier. Elle est ancrée dans mes idéaux depuis des lustres et me suit partout. Je me sent parfois super Kawaii!!!. Quoi de mieux pour vous parler de la littérature japonaise en vous présentant ici l’oeuvre d’Aki Shimazaki le poids des secrets. Avant tout une petite présentation de l’auteure s’impose.

Aki Shimazaki est une japonaise de nationalité Québécoise qui est née au Japon en 1954 à Gifu au centre du pays. Elle vit à Montréal depuis 1991. Après des années dans une société d’informatique à Vancouver. Elle s’installe dans la province du Québec. Femme de lettres, elle donne des cours de japonais et de français. Le poids des secrets  est le premier cycle de son oeuvre qui compose trois pentalogies.

Le premier cycle dont je vais vous parler maintenant est une pentalogie qui explore la psyché nippone contemporaine dans ses tabous et ses mensonges, au cœur desquels ses personnages se débattent pour retrouver liberté et dignité. Elle se décrit donc en cinq courts romans TsubakiHamaguriTsubameWasurenagusaHotaru.

TSUBAKI :

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko raconte le quotidien d’une adolescente pendant la Seconde Guerre mondiale, son déménagement à Nagasaki avec ses parents, le travail à l’usine, les amitiés et les amours naissantes avec son voisin. En révélant peu à peu une trame familiale nouée par les mensonges de son père, elle confesse les motifs qui l’ont poussée à commettre un meurtre, quelques heures avant que la bombe atomique tombe sur la ville.

HAMAGURI :

De naissance illégitime, Yukio est un enfant puis un adolescent solitaire. À Nagasaki, il partage sa vie avec sa mère et le mari de celle-ci. Pendant la guerre, il  trouve un peu de quiétude dans la forêt de bambous avec sa seule amie, sa voisine Yukiko, dont il est devenu amoureux et à qui il confie son désir de revoir sa demi-sœur. Ce n’est que des années après avoir perdu la trace de ce premier amour et sans jamais avoir retrouvé sa sœur qu’il pourra enfin attacher les fils du souvenir à ceux de la réalité.

TSUBAME :

Lors du tremblement de terre de 1923, les japonais profitent de la confusion pour exterminer les ressortissants coréens. Enfant illégitime, Yonhi n’a que douze ans à cette époque et se voit confiée à un prêtre, à l’abri de la tourmente. Sa mère ne reviendra jamais, pas plus que son oncle, et la petite devra désormais porter un nom japonais, Mariko. Coupée de son histoire familiale, l’ayant toute sa vie cachée à son propre fils, à ses petits-enfants et même à son défunt mari, elle en élucide un élément fondamental, l’identité de son père, en rencontrant une dame qui traduit pour elle le journal laissé par sa mère.

WASURENAGUSA :

Infertile, Kenji Takahashi n’a pu perpétuer la lignée de sa noble ascendance. Après un premier mariage pourri par les convenances, il a tourné le dos à son héritage, à ses parents, et a choisi malgré eux d’épouser Mariko et d’adopter son fils naturel. Entouré de sa famille, il est maintenant un vieil homme heureux, mais affaibli par les travaux forcés en Sibérie. Or, le hasard et les conversations avec son partenaire d’échecs le ramènent à des souvenirs liés à ses choix. Il pense surtout à Sono, sa nurse, et c’est en visitant un temple pour y voir la tombe de celle-ci qu’il découvre une autre part de vérité sur ses origines.

HOTARU :

Tsubaki est très attachée à sa grand-mère, Mariko Takahashi, dont les jours sont désormais comptés. Alors que la jeune femme se sent prête à succomber aux lueurs du désir, la vieille dame lui fait des révélations troublantes sur sa propre innocence abusée. L’étudiante apprend alors le lourd secret dont jamais encore sa grand-mère n’avait parlé, pas même à son défunt mari, non plus qu’à son fils, le père de Tsubaki.

Son oeuvre est publiée en France chez Leméac/Actes Sud

Mon avis : Cela n’engage que moi bien entendu mais je trouve que la plume de Aki Shimazaki est sans fioritures, l’écriture est d’une simplicité à la limite de l’extravagance. Avec une pudeur apparente, nous plongeons dans un univers rempli de paradoxes, de questionnements et de vérités cachées. On plonge inévitablement dans les eaux troubles de tous ces destins croisés. De la philosophie à la métaphysique, de la fantasmagorie à la réalité. Où que nous soyons, nous faisons face à la stricte vérité. Tout l’art de la littérature japonaise. Quelle merveilleuse lecture que nous offre ici cette écrivaine. Vous souhaitez vous initier à ce genre? Pourquoi ne pas commencer par ce chef d’oeuvre? Vous ne pourrez en être que conquis.

Amicalement vôtre

Hanae

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Merci pour ce titre, je suis aussi passionné par la culture japonaise.Bravo pour votre blog, très intéressant pour une passionnée des mots comme moi.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour votre message. C’est toujours un plaisir et très encourageant pour moi. Je vais prochainement préparer un article sur plusieurs auteurs japonais et l’influence de la littérature nipponne sur la société actuelle. Un grand merci encore, de me lire. Nous sommes passionnés et c’est un plaisir délectable de la partager 🙂
      Amicalement vôtre
      Hanae

      Aimé par 1 personne

      1. Très hâte alors…

        Aimé par 1 personne

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