L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich

Editeur : SONATINE
Parution : 02 janvier 2020

Résumé :

Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession va bouleverser toutes ses convictions. Un lien étrange va se former entre eux, qui contre toute attente va permettre à Alexandria d’éclairer ses propres traumatismes.

Mon avis :

C’est l’histoire d’un récit qui, pendant la bonne première partie de la lecture, m’a rendu septique, une sorte de nuage brumeux m’amenait je ne sais où ni comment et dont la seule issue, que j’ai trouvé pour m’extirper de cette incompréhension, était d’abandonner ce roman. Mais par le biais de ma curiosité et d’une mystique main invisible et bienfaitrice, j’ai été poussé sur le chemin de la découverte, j’ai décidé d’aller plus loin dans cette lecture. Au diable les croyances limitantes qui aiment vous mettre des bâtons dans les roues. Je devais aller plus loin, franchir le cap, dépasser les frontières et me laisser submerger par la plume de l’autrice.
Me voilà donc en face d’un récit, d’un témoignage, d’un carnet de route au goût subtil de journal intime qui nous raconte, nous conte et nous révèle une histoire difficile, de vies étriquées et de cœurs brisés dont l’empreinte du tabou règne en maître. Alexandria Marzano-Lesnevich nous offre l’histoire d’un vieux « fait-divers » qui s’est déroulé sous la chaude humidité de la Louisiane, il y a quelques années de cela. C’est l’histoire d’une rencontre qui n’aurait jamais du arrivée. D’un macabre et tragique événement survenu dans une vieille maison blanche enracinée dans une rue qui n’est pas une rue, dans un quartier qui n’est pas un quartier. Dans un coin trop anonyme et vite oublié. Sauf à ce moment-là.

Pourquoi, cet adolescent, Rick Langley a profané, en ce jour si ordinaire, le symbole même de l’insouciance… l’enfance. ? Jeremy Guillory dont la vie a été meurtrit, violée, salie et volée à l’âge de six ans. L’autrice, Alexandria Marzano-Lesnevich, à l’époque, étudiante en droit va, par le biais de ses convictions, de ses idéaux et de ses valeurs, se mettre sur le chemin du pédophile et prédateur Rick Langley. Elle va nous confronter avec ce monstre aux oreilles décollées et à la paire de lunettes trop imposante.
L’alternance des chapitres nous révèle, une fresque peu réjouissante du passé de Rick Langley. Une nuée de détails précis sur ses antécédents familiaux, son arrivée maudite sur cette terre ainsi que sa cruelle absence de liens sociaux peignent le portrait d’un homme chaotique en proie à ses propres démons. Nous partons également sur les traces du petit garçon, Jeremy et de sa mère, leur vie mouvementée, en dents de scie mais remplies d’amour.
C’est aussi l’histoire d’un procès, de plusieurs procès, du fameux couloir de la mort et surtout, c’est l’histoire du pardon, la puissance du pardon de cette triste et impuissante mère face à l’homme qui a volé la vie de son enfant. Cela nous pousse loin dans nos questionnements. Jusqu’où peut-on pardonner ?

Dans un parallèle, parfois flou, l’autrice enchevêtre sa vie, son parcours mais aussi ses propres maux. Son histoire qu’elle intègre à la vie de Rick Langley et de Jeremy Guillory et qu’elle noircit comme pour exorciser le mal qui la ronge depuis tant d’années, donne une ampleur, presque solennelle au roman. Il m’était parfois difficile de distinguer les deux histoires. Était-ce un choix de l’autrice ? A t-elle voulu fondre son histoire à celle de Rick Langley et de Jeremy Guillory pour expulser ses propres démons et combler ses propres failles ?

L’empreinte, c’est l’histoire d’histoire qui se referme et vous apporte ce « je-ne-sais-quoi » de déroutant mais paradoxalement salvateur. Malgré ma réticence du début, j’ai adoré cette lecture. L’empreinte est un mélange des genres. Un roman, pour moi, inclassable et, à trop vouloir le catégoriser, on en réduit l’essence même du talent de l’autrice. L’empreinte est un tout et je trouve ça beau.

J’ai tant de mots pour décrire ce roman, ils ne sont peut-être pas juste, pas précis mais ce sont les miens. Alexandria Marzano-Lesnevich nous offre une confession intime qui laisse une empreinte indélébile dans notre cœur de lecture.

Publié par hanaepartenlivre

Bookaddict totalement assumé, je suis un adepte de la culture japonaise et de la bonne bouffe. Je partage ici mes folies livresques et mes roadtrip des libraires indépendantes parisiennes.

6 commentaires sur « L’empreinte – Alexandria Marzano-Lesnevich »

    1. Non aucune raison d’avoir honte 😉 il y a tant de lectures … tu as encore toute ta vie devant toi pour le lire très chère 😘 j’espère que tu vas bien. Prends bien soin de toi et bon dimanche

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