Publié dans polar

Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Parution : 06 avril 2016
Éditeur : Editions du ROUERGUE

Résumé : Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu. Andersen, la mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres qui assassine, justement, une nouvelle fois. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs.

Mon avis : THE PAGE TURNER durant le confinement. Oui, Trop de morts au pays des merveilles est, pour moi, un énorme coup de cœur avec Le Manufacturier de Mattias Kopping (D’ailleurs, si tu sens la motivation de lire mon avis sur ce roman de dingue, c’est juste ICI ). Au-delà du suspense et des rebondissements à n’en plus finir, la plume de Morgan Audic joue et manipule nos sensations et nos sentiments sans aucune pitié.
ON ADORE!
Je ne connaissais pas Morgan Audic jusqu’à maintenant. Je me suis procuré son roman par simple curiosité avec, quand même, une légère influence sur les avis que j’ai pu voir circuler sur Instagram. Mais, pour être franc, je suis passé complètement à côté car : Trop de livres à lire ! Pas assez de temps ! Pas maintenant etc… Bref, toutes les excuses impossibles et inimaginables qui ont laissé ce roman sur les étagères de ma bibliothèque.
Après la lecture du roman de Maxime Chattam – Le signal (tu veux lire cet avis aussi ? Clique ICI), j’avais besoin de me plonger dans un thriller bien classique, sans sorcellerie ni magie. J’avais besoin d’une lecture très « terre à terre » et proche de la réalité.
Après quelques combats ô combien houleux entre mes bas-instincts et tous ces livres s’offrant à moi, j’ai jeté mon dévolu sur le roman de Morgan Audic – Trop de morts au pays des merveilles. Confortablement installé et accompagné d’un café et d’une cigarette (oui, je fume. Interdiction de me juger 🙂 ) j’ai attaqué la lecture et dès les premières pages, j’ai été happé par l’histoire, les personnages et le contexte.

L’histoire se déroule à Paris ainsi que sa banlieue proche et lointaine. Christian Andersen, au lourd passé, devenu avocat associé avec son meilleur ami Franck Batisti, a perdu sa femme trois ans auparavant. Il mène un combat sans merci pour retrouver l’amour de sa vie. Il engage un détective privé, crée des forums dans l’espoir qu’un parfait inconnu prévienne Andersen d’avoir aperçu son épouse, dans une station de métro, un parc, peu importe. Un lien direct ou indirect qui lui permettra de retrouver sa femme en échange d’une généreuse rançon. Nous suivons son combat sans ménagement qu’il mène corps et âme avec espoir mais, malheureusement, sans grand résultat. En parallèle, nous suivons une tout autre histoire sur des meurtres, d’une intense atrocité, qui sévissent dans toute la capitale. Le meurtrier opère avec le même modus operandi sur le profil de victimes – Femmes d’une quarantaine d’années, blondes… – étrangement similaires à la femme disparue de Christian Andersen. Est-ce l’oeuvre d’un psychopathe récidiviste ? Toutes les preuves penchent vers le Marionnettiste. Mais problème, celui-ci est en prison. L’enquête patauge et laisse planer le doute et l’angoisse. C’est sans compter sur l’aide improbable de Diane Kellerman qui mènera un combat malgré un conseil disciplinaire qui la suspendra de ses fonctions. Elle va remuer la poussière et mettre à jour bien des noirceurs qui rendront l’histoire passionnante. L’enquête se tisse telle une toile d’araignée en donnant au roman une dimension angoissante et une tension plus que palpable.

Conclusion : J’ai été subjugué par l’écriture si précise et si détaillée de Morgan Audic. En aucun cas le roman tombe dans le « too much » et là est précisément la force de l’auteur. Les personnages y sont complexes et traînent derrière eux de lourds fardeaux, ce qui donne une profondeur dramatique non négligeable. C’est diabolique, inondé de manipulation, de jeux sordides, de vices cachés et de faux-semblant. Les rebondissements y sont nombreux, divers et variés et nous en sommes béats. Quant aux rebondissements, il nous laissent sur le cul car avec toutes les suppositions que l’on se crée durant la lecture du récit, les dernières pages nous prouvent que nous étions totalement à côté de la plaque. On note également une influence flagrante sur le célèbre conte de Lewis Carroll Alice au pays des merveilles mais en beaucoup plus dark quand même.
Du coup, il faut que je lise son dernier roman paru en 2019 De bonnes raisons de mourir chez Albin Michel.

« Je ne suis pas fou, ma réalité est juste différente de la vôtre. »

Publié dans polar

Santa Muerte – Gabino Iglesias

Parution : 20 février 2020
Éditeur : Editions SONATINE

Résumé : SANTA MUERTE, PROTEGEME… Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturer ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l’aide d’une prêtresse de la Santeria, d’un Portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, là, oui, il est prêt à déchaîner l’enfer.

Mon avis : Un style vif, brutal et sans fioriture qui nous plonge directement dans le cartel mexicain. Fernando Nando est l’antihéros des temps modernes. Immigré mexicain, il débarque à Austin au Texas pour fuir son Mexique natal, la peur au ventre. On le kidnappe, il est conduit, on ne sait où, bâillonné, confiné dans le coffre d’une voiture. Il doit assister à la mise à mort de son pote Nestor. C’est direct, c’est froid, c’est sanglant. On ne plaisante pas ici… Une décapitation en bonne et due forme qui lui montre qu’il n’est rien. Le but est simple, Fernando doit laisser un message. Ce gang tatoué souhaite étendre leur royaume et ils n’hésiteront pas à tuer avec de nombreux modes opératoires et malsains.
Entre ses prières à la Santa Muerte, ses offrandes et ses cachetons. Fernando a un but, répondre à la mort.
La plume de Gabino Iglesias nous asperge d’acide, il rentre en plein cœur du sujet, il ne nous laisse pas le choix, pas de temps à perdre. Ce roman de 180 pages se lit d’une traite. D’un réalise sociale survolté, Gabino Iglesias nous prouve dans ce premier roman qu’il possède de grosses cojones.

Choc entre deux cultures, entre deux traditions. Les frontières se brouillent et laisse place à Gabino Iglesias.

Publié dans polar

Le signal – Maxime Chattam

Parution : 06 février 2020
Éditeur : Editions POCKET / ALBIN MICHEL

Résumé : La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls, une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles. AVEZ-VOUS DÉJÀ EU VRAIMENT PEUR EN LISANT UN LIVRE ?

Mon avis : Il y a quelque jour de cela, j’ai refermé Le Signal de Maxime Chattam. Après avoir lu et adoré Un(e)secte, il m’a paru évident de lire et découvrir un peu plus cet auteur. C’est donc accompagné de mon entrain que j’ai ouvert ce gros et joli pavé (comme je les aime). J’ai constaté que le service marketing n’a pas lésiné sur les moyens. Visuellement, tout n’est qu’attraction. Un résumé alléchant qui suscite l’envie (sans rien spoiler, merci !), une typographie toute métallique vêtue et bordure de pages habillé de noir. Bref, tous les signaux sont au vert et me promettent LE grand huit intestinal.
Dès les premières pages, nous retrouvons la plume si caractéristique de Maxime Chattam. Elle s’impose à nous avec un naturel déconcertant. La fresque temporelle, historique et géographique est peinte avec brio, les personnages sont rodés, le décor est en place. Lever de rideau.

Nous rencontrons, ici, un couple. Une quadra journaliste et animatrice télé de renom accompagnée de son mari, réalisateur et écrivain de pièce de théâtre ( un peu déchu mais, quand même confortablement installé), ainsi que leurs trois enfants. Ces dernier vont jouer un rôle essentiel dans l’histoire, je ne vous en dit donc pas plus. 🙂 Nous vivons le quotidien d’une famille bien sous tous rapports qui, par consensus, ont fui les tumultes de New-York pour s’installer dans une ferme fraîchement rénovée dans les hauteurs de Mahingan Falls, un trou paumé de la Nouvelle-Angleterre. L’empreinte citadine gravée dans leur ADN, ne passe pas inaperçue dans une ville où tout se dit et tout se sait. Mais, pas d’inquiétude de ce côté là, ils vont prendre leurs marques, leurs aises et s’imposer auprès des habitants jusqu’à que…
Dit comme ça, ça ne donne pas forcément envie et l’impression de « déjà-vu » nous en donnerai presque la nausée. Mais avec Maxime Chattam rien n’est simple. Les détails naissent et prennent de l’ampleur à chaque page et l’angoisse, sans la moindre suspicion, vous saute en pleine figure.

J’ai adoré ce roman pour plusieurs raisons. Tout d’abord les détails qui parsèment le récit et qui donnent une tension palpable. Nous prenons la place des personnages et nous vivons, ce qu’ils sont en train de vivre. Nous ressentons leurs angoisses, leurs frayeurs, leurs peurs. Nous entendons leurs cris, leurs larmes et nous ressentons, comme eux, leurs morts imminentes. Comme j’ai pu l’écrire dans mon article sur Un(e)secte, la plume de Maxime Chattam est tellement détaillé et précise qu’il est difficile de se questionner sur le pourquoi du comment. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous laisser guider par l’histoire et vivre, in situ, le déroulement du récit. La place est aux sensations et aux ressentis.

J’ai adoré ce roman car les flics ont une place peu importante dans l’histoire, ils sont dépassés par les événements et sont clairement à la ramasse par rapport à la situation. C’est sûrement dû à leurs côtés très rationnels et cartésiens. Le signal ne laisse aucune place aux personnes trop terre-à-terre.

J’ai adoré ce roman car l’enfance à une place prépondérante dans l’histoire. Cette bande de copains joue ici un rôle très important et apporte une clarté que seule leur insouciance et leur naïveté peuvent donner. J’aime l’idée de leur responsabilité ici et qu’ils prennent part aux atrocités à venir.

J’ai adoré ce roman car l’enfance à une place prépondérante dans l’histoire. Cette bande de copains joue ici un rôle très important et apporte une clarté que seule leur insouciance et leur naïveté peuvent donner. J’aime l’idée de leur responsabilité ici et qu’ils prennent part aux atrocités à venir.

« Parfois les vieilles bâtisses cachent, entre leurs mûrs, des secret qu’il serait préférable de ne jamais percer. »

Publié dans polar

Le manufacturier – Mattias Köping

Éditeur : RING
Parution : 25 octobre 2018

Résumé : Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Illić tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue du Havre, atrocement mutilés. Niché dans le dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en série, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

ALERTE : GROS COUP DE FOUDRE EN PLEINE POIRE. CE ROMAN EST UN UPPERCUT QUI M’A MIS K.O.

Mon avis : il y a des romans qui arrivent, on ne sait jamais réellement comment ni pourquoi, à vous procurer un véritable et vertigineux ascenseur émotionnel. Les facteurs y sont nombreux et la sensibilité est propre à chacun. J’ai trouvé dans LE MANUFACTURIER mon grand huit, mes montagnes russes qui ont su, sans aucune extrapolation, me mettre K.O.
Je tiens à préciser une chose, et ceci est mon humble avis : LE MANUFACTURIER est un roman qui ne peut être mis dans n’importe quelle main. Outre le style très corrosif de Mattias Köping, les histoires sont inspirées de faits réels, la narration quant à elle, nous balance sans préambule dans ce qu’il y a de plus ignoble, de plus barbare chez l’Humain. Les scènes de crimes (elles sont nombreuses) sont d’une atrocité sans égal. Ce roman est un cocktail d’une série de rebondissements savamment maîtrisés; les détails vous sont balancés tel un crachat d’acide en pleine figure. Il faut être bien accroché pour supporter de telles horreurs. Mais c’est incontestablement là que se trouve le talent de Mattias Köping. L’auteur arrive, je ne sais pas quel artifice, à vous capter, à vous subjuguer tout en franchissant sans complexe les limites de l’acceptable. Rien, absolument rien dans ce roman n’est linéaire, platonique. On s’accroche comme on peut à une barque avec cette angoisse omniprésente de chavirer.

Nous sommes en présence, ici, d’un incommensurable melting pot de violences, de prostitutions, de drogues, de meurtres et de conflits. C’est un étalage de guerres historiques, de corruptions mais aussi de tripes et boyaux. Tout pousse votre subconscient à vous tenir le ventre d’une main puissante pour ne pas vomir l’horreur que l’être humain peut infliger.

Mattias Köping joue avec nos nerfs et réussit avec justesse à manipuler nos sentiments. Tel le jeu du chat et de la souris, je me suis surpris à « aimer » un psychopathe et détester un flic. Mais il a suffit de tourner une page et l’espace d’une fraction de seconde j’ai ressenti tout le contraire. Bref ! La palette des émotions prend ici des formes et facettes insoupçonnées. Et je ne vous parle même pas des suspens omniprésents et des revirements de situations incroyables. Si tu es comme moi, à te poser des milliers de questions pour deviner qui est le tueur ou essayer de mettre au grand jour une enquête alors je te conseille de : passer ton chemin ou dignement te laisser guider par le style hors pair de Mattias Köping.

LE MANUFACTURIER : LE THRILLER PAR EXCELLENCE

Publié dans polar

Victime 2117 – Jussi Alder Olsen

Parution : 02 janvier 2020
Éditeur : Editions Albin Michel

Résumé : Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.
Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs. Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le département V dans l’œil du cyclone. Qui est Assad ? Victime 2117 est la réponse. Cette enquête est son histoire.

Mon avis :
C’est avec une joie difficilement contrôlable que je retrouve les enquêtes du département V et l’équipe qui en a fait leur succès depuis de nombreuses années. Moi, fan de Jussi Alder Olsen ? Pas du tout !!! 😋 Je l’adore tout simplement. L’auteur nous revient cette année avec un huitième opus qui, comme la quatrième de couverture nous l’annonce, nous promet de sacrés rebondissements. Et je peux d’ores et déjà vous le certifier, le pari est gagné.
Quelle joie de retrouver les personnages qui ont rendu célèbre le département V de Copenhague. Carl, Assad et Rose, un trio de choc que j’ai pu accompagner depuis le début avec Miséricorde (Albin Michel – Octobre 2011) et que j’ai du quitter avec Selfie (Albin Michel – Avril 2017). Jussi Alder Olsen nous revient et signe avec Victime 2117 un magistral thriller aux découvertes et révélations incroyables tout en conservant précieusement tous les ingrédients qui en ont fait l’écrivain nordique le plus lu en France en un peu moins de 10 ans. Chapeau bas !
J’ai connu Jussi Alder Olsen grâce à ma maman qui m’a harcelé pour que je lise Promesse (Albin Michel – janvier 2016). Ayant eu un véritable coup de cœur pour ce roman, j’ai été poussé par l’envie de dévorer toutes les enquêtes à la chaîne. À l’époque, je n’avais pas de compte Instagram : hanae_part_en_livre et encore moins un blog. Voilà pourquoi, je n’ai pu rédiger d’avis. Peut-être qu’un jour j’aurai la foi de vous les partager 😀. La quatrième de couverture de Victime 2117 a été plus que révélatrice et a su nous mettre l’eau à la bouche. Promesse tenue.
Dans cet opus, Jussi Alder Olsen met en lumière le sombre passé d’Assad. Les secrets sont dévoilés et les révélations partagées sont comme un coup de poignard pour le département V et de ses acolytes Carl et Rose. L’auteur a frappé encore plus fort en imbriquant une deuxième enquête en parallèle avec le passé d’Assad et de ses propres démons, trop longtemps cachés, qui resurgissent. Nous suivons, à travers l’alternance des chapitres, deux enquêtes bien distinctes. cela aurait pu nous faire tomber dans l’ennui ou dans l’oubli mais Jussi Alder Olsen a un talent de narration fou, et cette écriture immersive nous pousse, un peu plus, au bord du stress. Les personnages y sont tellement ancrés et les sujets abordés plus vrais que nature que j’ai dû, à plusieurs reprises, poser mon livre pour revenir dans la réalité. Jussi Alder Olsen ne fait pas dans la dentelle. Il est très méticuleux dans chaque détail. Avec lui, aucune redondance, aucune lassitude. Le lecteur devient acteur des enquêtes du département V et cette perspective fait froid dans le dos… Mais on adore ça !!! Je me pose quand même la question : « Maintenant que les secrets d’Assad ont été dévoilés, quelles autres surprises Jussi Alder Olsen va-t-il nous concocter pour son prochain roman ? GROS COUP DE CŒUR. Je vous conseille vivement de lire Victime 2117 .

Publié dans polar

Toute la violence des Hommes – Paul Colize

Parution : 05 mars 2020
Editeur : Editions Hervé Chopin

Résumé :

Qui est Nikola Stankovic ? Un graffeur de génie, assurant des performances insensées, la nuit, sur les lieux les plus improbables de la capitale belge, pour la seul gloire de l’adrénaline ?
Un peintre virtuose qui sème des messages profonds et cryptés dans ses fresques ultra-violentes ?
Un meurtrier ?
Un fou ?
Nikola est la dernière personne à avoir vu vivante une jeune femme criblée de coups de couteau dans son appartement. La police retrouve des croquis de la scène de crime dans son atelier. Arrêté, interrogé, incarcéré puis confié à une expertise psychiatrique, Niko nie en bloc et ne sort de son mutisme que pou répéter une seule phrase : C’est pas moi.

Mon avis :

Ce roman est un hommage sombre à la Street art par ses fresques violentes et terrifiantes qui n’a que pour but de mettre en lumière la noirceur de l’Homme.
Nikola Stankovic ne s’exprime que par cette discipline ô combien controversée. Toute la violence des hommes résumée dans un coup de pinceau. Message subliminal du cœur d’un homme en bombe acrylique.
Mais jusqu’où cette violence peut-elle s’immiscer ? Sûrement loin, très loin au-delà des abysses insoupçonnés de notre être. Quoi qu’il en soit, cette dernière a laissé une trace, marquée au fer rouge, dans la vie de Nikola qui désormais n’est réduite que par la solitude, le mutisme et les cauchemars.
Paul Colize nous tisse, dans ce roman, une toile d’un réalisme saisissant. Il a réussi à mettre admirablement en scène la vie d’un homme meurtrit, sombrant dans la folie et que l’on accuse d’homicide. Le flou nous gagne. Est-il un monstre dénué de sentiments ? Où est-il malheureusement la victime et le témoin d’un acte atroce et sanglant ?

L’écriture de Paul Colize est sans fioritures, franche et directe n’ayant que pour seul but : allé à l’essentiel et nous toucher en plein cœur. Les tensions sont palpables, la barrière de la folie, facilement franchissable et l’intrigue, quant à elle, nous poignarde dans le dos.

Quand l’art se confronte à la psychiatrie avec autant de subtilité. Nous vivons ici un véritable combat de titans.

« Le syndrome de reviviscence de traumatisme vécu est central. Il se caractérise par des souvenirs intrusifs et répétés, des peurs incontrôlables et l’incapacité d’envisager l’avenir. Les symptômes peuvent engendrer des troubles de la personnalité : retrait, mutisme, phobies, comportements agrippement, dessins , confusion au niveau de l’image du corps…« 

Publié dans polar

Je suis pilgrim – Terry Hayes

Parution : 02 avril 2014
Éditeur : J.C Lattès

RÉSUMÉ :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un zoologiste, père de famille, décapité en public sous le soleil d’Arabie Saoudite. Le directeur adjoint d’un institut médical énucléé en Syrie. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un dénommé Pilgrim. Pilgrim n’existe pas officiellement. Sous ce nom de code se cache un homme qui, autrefois, a dirigé une unité d’élite des services secrets et qui, avant de se retirer dans l’anonymat le plus total, a écrit un livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Un homme rattrapé par son passé d’agent secret .

Mon avis :

Je ne sais par où commencer et c’est bien la première fois que cela m’arrive. J’ai tant à vous partager sur ce roman sans rien vous spoiler et garder cette part de ce précieux mystère. Je souhaite, avec un « je-ne-sais-quoi », à susciter chez vous l’envie de dévorer ce roman. Je vais essayer d’être le plus spontané possible avec, je l’espère, une pointe d’originalité car ce roman a laissé plus d’une fois sa marque sur la toile et revoir, dans son flux d’actualité, un énième post de ce gros et magnifique pavé peut vite laisser une désagréable sensation de déjà-vu. Un peu comme une chanson trop longtemps écoutée ou la même phrase que ta mère répète à longueur de journée.

Je ne le dis que trop souvent mais c’est une valeur que j’aime à vous le rappeler. Je ne suis pas un critique littéraire, je ne suis pas rémunéré pour cela. Mes syntaxes sont parfois mal assurées et je n’ai pas pour objectif d’écrire un roman ou me faire un nom sur la toile. Je suis, dans son plus simple appareil, un passionné qui aime vous apporter, en toute modestie, son petit univers. Je voue une véritable admiration pour les travaux d’un auteur, pour les maisons d’éditions mais aussi pour les libraires et nous, les lecteurs. C’est donc avec mes mots, les miens, que je souhaite contribuer à faire vivre et revivre cet art qu’est la lecture.
Bon j’arrête ici cette logorrhée et je vous parle de ce pour quoi vous êtes là aujourd’hui, le saisissant roman de Terry Hayes Je suis Pilgrim

Je suis Pilgrim se veut être un roman d’espionnage et il relève ce défit avec brio. L’auteur tel un chef d’orchestre vous manipule en variant les registres, les angles de vue et par les différentes situations géographiques, historiques et politiques. L’histoire tourne autour d’un seul et même homme qui aspire, malgré un sombre passé, à vivre une vie confortable et « normale » loin des tumultes que son métier d’agent secret a pu lui imposer. Mais l’excellence de sa carrière va lui revenir en pleine face quand il va découvrir qu’au fin fond du désert de l’Afghanistan, un seul homme a pour projet ambitieux de créer l’arme la plus mortelle jamais expérimentée pour détruire l’humanité. Après les attentats du 11 septembre, le meurtre atroce et inexpliqué d’une jeune femme dans un hôtel, on peut se poser la question : quels sont les liens que peuvent unir cette histoire ? De la Turquie en passant par l’Amérique, la France et l’Italie l’histoire devient pour nous, floue, sans lien réel. Mais grâce au talent infaillible de narration de l’auteur, nous sommes littéralement happés par les dénouements. La construction du roman se veut précise et détaillée et nous plonge dans ce besoin irrésistible de tourner les pages et de vouloir en connaitre davantage. Cet opus est pour moi de haute facture. La complexité de ces personnages se dévoilant peu à peu au fil des chapitres donne une grande profondeur. L’atmosphère y est parfois lourde, pesante mais aussi très ancrée dans une réalité qui parfois donne froid dans le dos. L’auteur a réussi à me captiver sur les 900 pages sans aucune lourdeur ou redondance.

Coup de cœur 2020 signé par le talentueux Terry Hayes avec JE SUIS PILGRIM

Publié dans polar

Un(e)secte – Maxime Chattam

Éditeur : Éditions Albin Michel 
Parution : 30-10-2019

Résumé : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s’organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d’une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s’entremêler.  Et les confronter à une vérité effrayante.

Mon avis : 

Il a fallu que j’attende début 2020 et que je lise de nombreux avis passés sur la toile que l’on prénomme joliment Bookstagram pour que je puisse tenir entre mes mains un roman de Maxime Chattam.
Mieux vaut tard que jamais… (ce diction prend, ici, toute sa splendeur).
C’est donc paré de ma plus grande volonté et à l’occasion de la sortie de cet opus que j’ai décidé, avec une joie sans égale, de découvrir cet auteur. Je vous certifie avec les mots qui vont suivre que la surprise était au rendez-vous. Agréable et haletante.
Ne connaissant pas l’œuvre dans son intégralité et ne demandant qu’à la découvrir, je  vais vous donc vous partager, ici, mon propre avis sur ce roman Un(e)secte  tant attendu par les lecteurs de ce prolifique auteur.

Avant de lire du Chattam (comme on dit si bien dans le jargon), je me suis penché, avec curiosité, sur le monde, enfin les mondes, que nous offrent l’auteur avec, visiblement, une grande générosité. Les univers y sont vastes, les atmosphères bien différentes. D’ailleurs, différentes séries ont vu le jour (merci Wiki) abordant différents genres. J’ai comme l’impression qu’avec Maxime Chattam tout peut-être différent, que tous les chemins mènent vers des possibles, que la frontière entre l’abstrait et le concret restent en suspens mais que, pour rester fidèle à lui même et à ses démons, il démontre toujours le même médium, celui de la noirceur humaine. Faut-il être fou pour lire du Chattam ? Pour ma part, j’ai signé mon voyage express vers la folie 😉
La palette de Maxime Chattam est large et nous promet un ascenseur émotionnel saisissant. J’ai donc commencé par un « one shot », un roman indépendant hors La trilogie du mal, Le cycle de l’homme et de la vérité et Autre-monde.
Oui, je vous l’accorde j’ai voulu la jouer secure : je ne voulais pas ressentir une énorme frustration si le coup de cœur n’était pas au rendez-vous. La déception aurait pu être bien plus grande si j’avais commencé une histoire qui débordait sur plusieurs tomes. Voila pourquoi je suis resté dans ma zone de confort.

Et bien voilà, cher monsieur Chattam, si un jour, par le plus grand des hasards vous passez par ici, (sait-on jamais !) je tiens à vous dire ceci :
« Sachez que derrière votre écran, se cache votre tout nouveau lecteur… »  je peux aussi rajouter :
 » Et si vous voulez boire un verre, on peut se fixer une date, j’ai une bande de potes qui adore vous lire également. »

Je m’éparpille un peu trop et je n’ai toujours rien dit sur ce roman. Allez, je me lance. Un(e)secte est un roman puissant, d’une précision quasi chirurgicale dans le déroulement de l’histoire, par la complexité de ses personnages. Ce roman est un gros coup de cœur (ou de sang, ça dépend du point de vue où l’on se place). Vous êtes très pointilleux monsieur Chattam. Vous avez réussi avec brio à y dégager de l’angoisse, de la stupeur et parfois même une sensation d’étouffement. Voilà toutes les sensations que j’aime éprouver dans un excellent Thriller. Vous lire nous fait ressentir, et dans ce cas, c’est la sensation de morts et d’insectes qui sont mis en avant. Vous êtes sadique monsieur Chattam et cela fait de vous un homme de talent. Ce roman est immersif, effroyable et soutenu.  Chapeau bas Maxime.

Bon allez, j’arrête d’être sympa et je vais quand même balancer un petit bémol, histoire de… Cela ce passe du côté de la description que je trouve talentueuse mais, à mon goût, omniprésente. Avec vous, aucune place pour le laisser-aller ou le lâcher-prise. Vous maîtrisez absolument tout. Et rien que pour cela,  je ne peux vous en vouloir. Merci pour ce monde étrange, teinté d’une incroyable vérité.  

POUR LES AMATEURS DE SENSATIONS FORTES, CE ROMAN EST FAIT POUR VOUS

Extrait choisi :

« L’ouvrage mettait en scène un enfant perdu dans la forêt; et tous ses fantasmes les plus anxiogènes prenaient forme au fil des heures de son errance. Janie en était à l’épisode de l’épuisement, lorsque le garçon finissait par s’effondrer sur un tas de mousse au pied d’un chêne et s’endormait, à bout de force. Les insectes avaient commencé à l’envahir, les uns après les autres, grimpant sur ses jambes, sous son short, et Janie pouvait presque les sentir sur elle, au point de vouloir se gratter. C’était admirable le pouvoir qu’avait la lecture sur le cerveau. Il suffisait de lire qu’une bestiole vous sautait dessus pour avoir besoin de se frotter les mollets ou la nuque, convaincu qu’une créature infâme y rôdait…« 

Publié dans polar

Le hameau des purs – Sonja Delzongle

Éditeur : Éditions Gallimard par Folio livre
Parution : 17/10/2019

Résumé :

Audrey Grimaud, journaliste, est envoyée sur les lieux d’un incendie criminel ayant fait sept victimes. Dans ce hameau ravagé par les flammes réside une communauté des Purs qui a choisi de vivre à l’écart du monde moderne. Audrey connaît bien l’endroit : ses grands-parents faisaient partie de cette congrégation mystérieuse. Peu à peu, des épisodes troubles de son enfance remontent à la surface. Des disparitions suspectes, d’étranges incidents qui ont émaillé ses séjours là-bas. Et une figure sinistre lui revient en mémoire : l’Empailleur, un meurtrier d’une cruauté inouïe dont l’identité n’a jamais été découverte. Au risque d’y laisser sa vie et sa raison, Audrey décide d’explorer les secrets enfouis dans les ruines fumantes du hameau…

Mon avis :

Découverte pour moi de cette autrice. Sa plume, certe talentueuse, ne sera pas gravée dans la catégorie « coup de cœur ». Il y a des romans qui parfois nous emballent par leur quatrième de couverture et nous sommes, consciemment ou inconsciemment, attirés par le visuel de leur jolie couverture. Ils ont le pouvoir, très attractif, de nous mettre directement dans une certaine ambiance, ils vous promettent monts et merveilles et une lecture endiablée.

Et bien voilà, toutes ces prouesses de promesses m’ont posé un lapin. C’est un rendez-vous raté et un feeling manqué. Ce roman est classé dans la catégorie « Thriller », et en refermant ce roman, je me suis posé la question (et je me la pose encore maintenant) : Où est le Thriller là-dedans ? Quelle est la véritable signification du mot Thriller ? et quelles sont les ingrédients pour faire un bon Thriller ? (Voilà des questions qui nous ouvrent les portes des débats sans fin où les maîtres mots POLÉMIQUER et PHILOSOPHER nous promettront des concertos endiablés).  Pour moi, le mot Thriller signifie avant tout de capter le lecteur, le plus longtemps possible. Ne rien spoiler d’une quelconque vérité. Donner un dénouement parfaitement inattendu, nous pousser aux questionnements, rendre les personnages complexes et variés. C’est un livre qui dérange, qui bouleverse, pire qui vous hante. C’est mon avis et avec toute ma franchise et mon honnêteté, je n’ai rien ressenti avec ce roman. L’atmosphère était pour moi d’une lenteur presque ennuyeuse. L’histoire, quant à elle, se déroule dans un village reclus – où ses habitants vivent en autarcie – régi par des règles strictes. (Bon c’est comme les mormons mais en pire.) Audrey Grimaud, notre protagoniste journaliste, revient sur ces lieux qui ont bercé son enfance. Elle va devoir faire appel à ses souvenirs pour reconstituer un semblant de vérité sur des meurtres qui plongent le hameau dans l’angoisse et la terreur. Plutôt pas mal comme toile de fond mais le récit monocorde m’a laissé perplexe et les retournements de situation, quant à eux, de marbre.

Je me dois de vous exposer mon ressenti qu’il soit bon ou mauvais. Je ne suis pas un chroniqueur encore moins un critique littéraire qui a le pouvoir d’influencer un grand nombre de lecteurs. Je suis moi avec mes coups de cœur mais aussi mes coups de gueule. Alors quand un roman ne me plait guère et bien je vous en parle aussi. Cependant sachez que je respecte énormément les travaux des auteurs et je suis persuadé que ce roman a trouvé et trouvera de nombreux lecteurs. Je vous laisse faire votre propre avis.

Ici c’est aussi la liberté d’expression 😉

Publié dans polar

La folie Tristan – Gilles Sebhan

Parution : 02 janvier 2019
Éditeur : Éditions du Rouergue

Résumé : Dans cette petite ville secouée par les disparitions tragiques de plusieurs enfants, un vieil hôpital constitue le nouvel épicentre. C’est là que le lieutenant Dapper, qui vient de retrouver son fils et de tuer son ravisseur, se trouve hospitalisé après une blessure par balle. Là que Théo est examiné par médecins et psychiatres pour évaluer son état après trois mois de captivité. Là encore que planque un journaliste dépêché par sa rédaction pour écrire sur cette affaire au dénouement aussi heureux qu’imprévisible. Or, Dapper, qui a remué ciel et terre pour sauver Théo, se découvre incapable de renouer les liens avec son fils. Au contraire, son propre passé d’enfant abandonné, trimbalé de foyer en foyer, l’envahit. Il décide d’enquêter sur les mystères qui entourent sa naissance. Sans se douter que la folie vers laquelle son fils dérive, ni que de nouveaux événements sont sur le point de meurtrir la ville.

Mon avis : Comment ne pas sombrer dans la folie après avoir lu ce roman.
Hanae, tu y vas un peu fort! Me dira-t-on. Et bien croyez-le ou non. Ce roman dévoile une force insoupçonnée qui a su me prendre par les tripes et ne plus me lâcher. Ce roman dégage une atmosphère lourde de sens. Le combat de ce père pour retrouver son fils, ce fils absent, perturbé et traumatisé. Ce passé qui resurgit, qui se réinstalle et qui dévoile la face sombre que Dapper a mis des années à dissimuler.
L’immersion dans la folie, cet aller simple dans les méandres de ce que l’humain peut avoir de plus noir, de ces secrets trop longtemps enfouis et de ces traumas lorsqu’ils nous arrivent en pleine poire. Ce dur et savant mélange alliant une écriture pointilleuse et haletante nous révèle une lutte pour l’amour de son enfant mais aussi une lutte contre soi.

Bref ! Lisez ce roman et imprégnez-vous de sa force et de sa conviction. La folie vous guettera, j’en suis persuadé.

 

Dans ce merveilleux roman de Gilles Sebhan, tout commence au pied d’un arbre de pierre, dans la ville ancienne, tout conduit au secret du cœur des pères, tout ramène aux origines. Et si l’innocence constituait la plus grande des cruautés ? 

 

Extrait choisi : (À sa grande surprise, Dapper se met à parler des difficultés qu’il éprouvait à communiquer avec le nouveau Théo. C’est l’impression qui lui vint. Il évoqua le mal qu’il avait à faire sortir l’enfant de sa chambre. Le regard farouche que ce dernier lui opposait à table. Et pour répondre à l’allusion du thérapeute, il expliqua que son fils avait refusé de revenir pour une consultation, se mettant dans une colère noire dont il n’avait pas l’habitude. Vous avez l’impression que son enlèvement l’a changé ? Et sans lui laisser le temps de répondre, le médecin ajouta : Comment voudriez-vous qu’il en soit autrement ? Il se leva pour aller chercher l’ouvrage dans sa bibliothèque. Je vous ai dit que Théo avait du mal à exprimer ses sentiments négatifs envers ses ravisseurs. Je sais qu’il a assisté à des scènes très violentes et que pour le sauver, vous avez dû supprimer son agresseur. Il est possible qu’inconsciemment il en ait conçu une peur à votre égard. D’où vos difficultés relationnelles avec lui depuis son retour… L’homme s’interrompit car on venait frapper à la porte. Il posa son livre devant Dapper et sortit quelques instants…)