Publié dans polars scandinaves

Vik – Ragnar Jonasson

Éditeur : Éditions de La Martinière 
Parution : 03 Octobre 2019

Résumé : Des années ont passé avant qu’Ásta ne décide à remettre les pieds à Kálfshamarsvík, à l’extrême nord de l’Islande. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík en islandais), ses rares habitants. Et le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil.
Quand quelques jours avant Noël, le corps d’Ásta est retrouvé au pied de la falaise, l’inspecteur Ari Thór est dépêché sur les lieux. Dans cette contrée perdue, l’étau se resserre inévitablement sur une poignée de suspects. Mais la vérité est peut-être à chercher ailleurs, dans un passé aux résonances morbides, refoulé depuis près de vingt-cinq ans…

Mon avis : Couleur et teinte automnales pour cette publication (on fait comme on peut avec un manque évidant de lumière dans son appart 🙂 ) mais ça reste dans le thème du roman et c’est plutôt sympa, non?
Voilà, je viens de lire mon premier polar islandais et pour une première, ce fut très agréable hormis le nom de certaines villes et/ou personnages à la limite du prononçable (merci pour le petit lexique au début du roman, c’est une excellente idée, surtout pour ne pas passer pour une bête étrange et pour donner un minimum de sens à notre lecture). Quelle belle surprise ce polar dit donc ! Une histoire qui se déroule en huis-clos dans une petite ville au nord de l’Islande au nom de, accrochez-vous, Kálfshamarsvík (oui oui, je n’ai rien inventé) où le personnage principal Ari Thór (prononcez Ari Sor), part résoudre avec son chef et acolyte une enquête mêlant secrets, manipulations et dissimulations. Pas si simple de résoudre une affaire quand ce sont les mots qui détiennent la vérité et que les vivants font tout pour la fausser. Il y a un zeste d’Hitchcock avec un soupçon des petits meurtres d’Agatha Christie mais que cela vous rassure, en version 2.0 et franchement… ça se dévore sans vergogne. L’intrigue est puissante, l’histoire franchement bien maîtrisée et la toile, quant à elle, bien tissée. C’est pas un coup de cœur mais ce roman possède tous les mérites d’être lu.

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L’Unité Alphabet – Jussi Alder Olsen

l'unitet alphabet jussi alder olsen

Date de parution : 29/08/2018
Maison d’édition : ALBIN MICHEL

Résumé : L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’horribles traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des Jeux olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Mon avis : Vous avez sûrement tous entendus ou lus les enquêtes du département V de Jussi Alder Olsen. Ce maître du polar scandinave nous revient en France avec son tout premier roman L’Unité Alphabet. Pour les lecteurs de cet auteur de génie, sachez que nous sommes ici dans une toute autre histoire aussi bien déroutante que poignante.

Loin d’être un récit sur la guerre dont l’histoire s’inspire comme toile de fond, nous plongeons dans le temps, en 1945 en Allemagne nazie avec pour chancelier…Hitler. Je ne vais pas épiloguer sur cette partie de l’histoire, je pense que ça parle à tout le monde. Nous faisons alors connaissance de nos deux protagonistes Bryan et James amis depuis la plus tendre enfance dont un lien indéfectible les uni. Un véritable amour fraternel les enlace et à eux deux, ils se sentent plus fort. Ils ont longuement refait le monde et pleins de promesses les unissaient. Jusqu’à ce moment où leur hélicoptère en plein vol est touché. Malgré le froid et la tempête, nos deux compères survivent. (voilà un mot qui prendra toute sa macabre splendeur au cours de l’histoire). Isolés sur le sol Allemand, Bryan et James vont devoir se faire passer pour fous et opter pour une nouvelle identité après avoir intégré l’Unité Alphabet, un hôpital psychiatrique militaire qui a pour particularité de faire des expérimentations sur les humains notamment la sismothérapie soit la thérapie par électrochocs. Va alors s’en suivre toute une machination pour se faire passer pour des véritables allemands en intégrant au mieux l’identité qu’ils ont  du voler. Nous sommes ici dans un huis-clos à nous couper le souffle. Tous les détails de la folie y sont décrits à la perfection. Mais dans cette unité, il n’y à pas que des fous, Bryan et James vont également rencontrer des simulateurs qui préparent des coups machiavéliques. Après plusieurs mois d’enfermement, de violences et de bizutages, Bryan réussit à s’échapper sans autre choix que de laisser James seul. Plus de trente ans après Bryan toujours envahit par la culpabilité de cet abandon décide de retrouver les traces de son ami. Un long chemin parsemé d’embûches va l’entendre sur les terres de son triste passé.

C’est un récit sur la trahison comme il en arrive tous les jours et dans toutes sortes de situations. Malgré l’amour que l’on porte à une personne, il suffit que l’absence et le temps viennent au rendez-vous pour que l’ordre change. D’une écriture magistrale, Jussi Alder Olsen m’a une fois de plus démontré son talent. L’intrigue vous tient au corps sur une histoire parfaitement cohérente et la narration quant à elle et bien plus que maîtrisée. Il nous glisse des frissons dans le bas du dos, nous coupe la respiration quand nous nous y attendons le moins et nous promet pleins de papillons dans le bas ventre.

UN VÉRITABLE COUP DE CŒUR POUR CETTE FIN D’ANNÉE 2018