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Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Éditeur : Slatkine & Cie
Parution : 02/06/2016

Résumé : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminita, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et sans ses bras, l’amour?

Mon avis : Le gang des rêves où comment passer des nuits blanches. Il m’est difficile de trouver les mots. Ces mots justes, ces mots fins, ces mots d’amour qui arriveront, avec justesse, à résumer ce chef d’oeuvre. Car oui, c’est un chef d’oeuvre !
Ce roman, avec droiture, m’a transpercé, m’a cloué par son réalisme, sa dureté, sa générosité et par ses espoirs. Il a réussit à me pousser loin de mes retranchement, il m’a sorti de ma zone de confort pour m’amener loin, très loin, grâce à sa force et sa rage.

Le gang des rêves , ce roman qui laissera à jamais gravé en moi, sa marque, son splendide et son ivresse. Luca Di Fulvio nous offre ici une grande et riche fresque romanesque.

Nous sommes au début du 20ème siècle, en Sicile où Cetta Luminita, belle jeune femme vit, auprès d’une famille de paysan avec un père absent et une mère jalouse. Jalouse de sa propre fille, de son propre sang, de sa propre chair. Cette hideuse jalousie qui va pousser la mère a mutiler sa fille pour la rendre moins jolie, moins désirable. Pour éviter tous ces regards que les hommes posent sur elle. Est-ce par cruauté?  Par protection ? Ou est-ce la jalousie qui prend une place bien trop importante dans le cœur d’une mère?  Ce stratagème n’aura que peut d’effet sur la naturelle beauté de Cetta qui, est l’histoire comme là, se fera violer au milieu d’un champs par un homme noyé dans ses propres pulsions. Cetta portera, dans son ventre, le fruit de cette agression mais décidera, par une force insoupçonnée, de garder l’enfant et de fuir ce pays, qui l’emprisonne et l’empêche de voir au-delà de l’horizon. Cetta quittera donc sa terre pour partir vivre le « rêve américain ». Elle choisira donc New York car là-bas on devient quelqu’un, on devient plus grand. Elle part donc, sans se retourner et va devoir user de son corps et de ses charmes pour régler le voyage. Elle va pouvoir enfin vivre.

Remettons-nous un instant dans le contexte historique du roman. Nous sommes en 1920, New-York vient seulement de naître mais c’est aussi la naissance de la ségrégation sociale et raciale, des rivalités de gangs. Cetta et Christmas, son fils, vont devoir se faire une place dans cette jungle urbaine qui ne cesse de bousculer les codes. Christmas va grandir au milieu de ce tumulte et Cetta n’aura d’autre choix que de se prostituer pour survivre. Difficile pour un enfant d’avoir une mère catin et un géniteur violeur n’est-ce pas ? Mais Cetta est une femme forte, courageuse et respectable. Elle va offrir à son fils des valeurs qui le suivront toute sa vie. Celle ne ne pas se sentir étranger et surtout de respecter coûte que coûte les femmes. Valeurs que va suivre, à la lettre, Christmas.

Le gang des rêves c’est aussi une rencontre d’amour évidente, entre Christmas et Ruth, mais cette amour impossible de part leur race qui les oppose (Christmas italien, Ruth juive), et de part leur statut sociale qui les diffère (lui pauvre, et elle riche). leur rencontre naîtra dans le sang, le traumatisme et la peur. Mais rien n’arrête l’amour et la détermination de Christmas. Jeune homme vif et intelligent.

Le gang des rêves c’est aussi le portrait de plusieurs vies, d’aventures humaines, d’amours impossibles, de joies et de peines. Mais c’est aussi le tableau aux riches couleurs de rêves, ceux qui nous permette de nous accrocher à la vie et qui nous cesse de nous rappeler nos véritables valeurs, l’essence même de l’Homme et qui donne une raison à notre propre existence.

Je ne peux vous en dire davantage. Ce romane st un véritable coup de foudre et les coup de foudre il y en a peu. On doit donc le déposer dans toutes les mains pour se remplir de sa force. Ce roman se lit comme une saga et une fois que l’on tombe dedans, c’est comme une drogue, on ne le lâche plus.

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La Maîtresse de Carlos Gardel – Mayra Santos-Febres

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Parution le : 03-01-2019
Éditeur : Éditions ZULMA

Résumé : Micaela n’a rien oublié de ces quelques jours avec lui. Elle se revoit jeune fille, élève infirmière silencieuse et appliquée, nourrissant patiemment son rêve d’entrer à l’École de médecine tropicale. Elle se revoit aux côtés de sa chère Mano Santa, sa grand-mère meilleure qu’une mère, la plus illustre guérisseuse de l’île. Elle se revoit, passionnée de botanique, en héritière du secret du cœur-de-vent, ce remède aux vertus exceptionnelles. Elle se revoit dans ses bras à lui.
Lui c’est Carlos Gardel, l’icône du tango au sommet de sa gloire, qui, le temps d’une tournée – ou d’une chanson – a donné à Micaela le goût de saisir la vie à bras-le-corps. De ces quelques jours grisants comme une fugue enchantée, Mayra Santos-Febres a fait le roman superbe, ensorcelant, d’un grand destin de femme. Où l’on passe des bas quartiers aux hôtels de luxes, où les plantes font vivre ou mourir, où le tango prend corps et voix, où le désir est partout.

Mon avis : Sous des airs d’un témoignage Mayra Santos-Febres nous délivre dans ce roman – La Maîtresse de Carlos Gardel – un savant mélange entre les traditions ancestrales, l’autobiographie d’un célèbre chanteur, l’avancée majeur de la médecine et le destin puissant d’une jeune femme. Le tous s’entrelaçant, se confondant, se mélangeant pour nous donner un texte profond, magnifiquement bien agencé dont l’essence même des mots parcours votre corps pour se loger bien au chaud dans votre cœur.
Nous sommes dans les années 30 à Porto-Rico. Les conditions des femmes dans cette zone géographique est précaire, le taux de natalité y est fort. Le professeure de Micaela Thorné va tout faire pour trouver un moyen de réduire le nombres de naissances. La pilule contraceptive va voir le jour.
Beaucoup de sujets importants y sont traités :  la place de la femme dans la société, les conditions des Hommes noirs dans une société de riches blancs etc…
Micaela se souvient et nous raconte. Elle nous conte sa rencontre inattendue avec Carlos Gardel dans la chambre d’un hôtel dans l’espoir d’être soigné d’un mal qui le ronge depuis longtemps. Ces vingt-sept jours passé avec lui de villes en villes, de tournées en tournées. De cette relation puissante, intense mais qui un beau jour va brusquement s’arrêter.

C’est sous les airs de Tango, de Campo Alegre en passant par Barcelone, la Doradilla, New York mais encore Paris que nous partageons pour quelques heures le destin d’une jeune femme et la voix d’un chanteur.

Un roman intense, émouvant et plein de grâce. 

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Mais leurs yeux dardaient sur Dieu – Zora Neale Hurston

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Parution le 13/09/2018
Éditeur : ZULMA

Résumé : Eatonville, Floride. Janie Mae Crawford est de retour. Il lui aura fallu trois existences et trois mariage  avec le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustres, avec le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, avec Tea Cake enfin, promesse d’égalité dans un élan d’amour pour toucher l’horizon de son rêve d’émancipation et de liberté. Fierté intacte, elle revient et se raconte, seigneur des mots et des moindres choses…

Portrait d’une femme entière animée par la force de son innocence, esprit libre bravant la rumeur du monde, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un monument de la littérature américaine, aussi percutant aujourd’hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937.

Mon avis : J’ai eu beaucoup de peine à rentrer dans le roman à cause de l’utilisation du jargon (anglais noir) fortement utilisé à cette époque et dans ces lieux. J’ai du relire à plusieurs reprises certains passages pour ne rien manquer de l’histoire. Mais une fois la barrière de la langue franchie, les mots en étaient que plus beaux.
C’est l’histoire d’une femme libre, romanesque et pleine de vie dans une Amérique ravagée par l’esclavagisme. Janie est en quête d’une vie, de SA propre vie en s’opposant au conformisme culturelle de son époque.  Elle veut être elle-même, aimé et être aimé. Un roman d’anticipation qui nous submerge et qui frappe notre cœur. Voilà un livre que tout homme doit lire pour comprendre ce qu’est une femme et toute femme doit lire pour pouvoir se comprendre elles-même.

D’une plume magnifique et sans fioriture, Zora Neale Hurston nous livre avec grandeur un chef d’oeuvre du Harlem Renaissance.

Quelques mots sur l’auteure :

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Romancière et anthropologue, nouvelliste, essayiste et dramaturge, née en 1891 en Alabama, Zora Neale Hurston est l’une des figures de proue du mouvement Harlem Renaissance.

Redécouverte par Alice Walker, Zora Neale Hurston est sans conteste l’une des voix les plus vivantes et inventives de la littérature américaine. Pionnière flamboyante et iconoclaste, adulée de ses lecteurs, revendiquée aussi bien par Maya Angelou, Zadie Smith ou Paul Beatty, elle est, selon Toni Morrison, « l’un des plus grands écrivains de notre époque ».

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu livre ici toute sa mesure dans une traduction inédite, magistrale, de Sika Fakambi (lauréate des prix Baudelaire et Laure Bataillon).

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Je tiens à remercier les éditions ZULMA pour nous faire découvrir ces pépites de la littérature étrangère. Le travail est long mais la passion demeure immortelle et le résultat est grandiose.

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Les fantômes du vieux pays – Nathan Hill

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Éditions Gallimard 2017
Collection Folio 2018

Résumé : Scandale aux États-Unis, le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle a été agressé en public par une femme de soixante et un ans qui devient une sensation médiatique. Samuel Anderson, professeur d’anglais à l’université de Chicago, reconnait alors à la télévision sa mère qui l’a abandonné à l’age de onze ans. Et voilà que l’éditeur de Samuel, qui lui a versé une avance rondelette pour un roman qu’il n’a jamais écrit, menace de le poursuivre en juste. En désespoir de cause, le jeune homme promet un livre révélation sur cette mère dont il ne sait presque rien et se lance ainsi dans la reconstitution minutieuse de sa vie, à la découverte des secrets qui hantent sa famille depuis des décennies.

Mon avis : QUELLE CLAQUE !!!!
Voilà un véritable pavé de 950 pages d’une intensité folle. Je n’ai subi aucune longueur, aucune redondance et aucun mal-être. Bien au contraire, j’ai été happé du début jusqu’à la fin. Un roman audacieux et complexe qui tire le portait d’une Amérique dans deux époques bien différentes sans tomber dans les lourdeurs du cliché.
Nathan Hill nous offre un premier roman d’une densité maîtrisée. Au fil des chapitres nous voyageons d’une génération à une autre, d’un contexte à un autre, d’une mentalité à une autre, comme pour nous faire comprendre et apprendre qui sont vraiment tout ces personnages. Je n’ai ressenti aucune personnalité « principale » dans le roman, alors oui, il y a Samuel et sa mère qui sont l’essence même de ce livre, mais chaque personne ont un rôle tellement important à jouer que la structure de l’histoire en est riche de sens et de rebondissements.
Les idées, les décors, les tranches de vies y sont décrits avec justesse et malgré toutes les directions que l’auteur nous fais prendre, le file conducteur reste quant à lui, le même. Un véritable coup de maître pour ne perdre aucune miette de cette histoire qui soulève beaucoup plus qu’une simple femme jetant des cailloux sur un gouverneur. Beaucoup de sujet y sont traités telles que : l’addictions aux jeux vidéos, la relations élève/professeur, les histoires familiales, les non-dits, les mensonges…
Je ne souhaite réellement rentrer dans les détails, non pas par fainéantise bien au contraire, mais ce roman est dans le TROP, il y a trop de personnage, trop histoires parallèles, beaucoup de complexités narratives. Un véritable cocktail de sensations et d’émotions comme un show à l’américaine.

J’ai adoré ce roman, c’est de la véritable littérature que nous offre Nathan Hill qui a eu l’audace de nous jeter en pleine figure un aussi gros et beau pavé. Je me pose quand même une question sur son éventuel prochain roman.
Peut-il nous offrir un livre d’une aussi bonne qualité?

J’espère que mon article vous procurera l’envie de découvrir – Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill – et de vous laisser submerger pour toutes ses magnifiques émotions

Je ne suis pas critique littéraire, je n’ai pas cette prétention là. Je vous crache avec toute spontanéité et simplicité mes émotions. Je suis un passionné… C’est aussi simple que cela 😉

Extrait choisi : « Si Samuel avait su que sa mère allait partir, peut-être aurait-il fait plus attention. Peut-être l’aurait-il davantage écoutée, observée, aurait-il consigné certaines choses essentielles. Peut-être aurait-il agi autrement, été une autre personne. Peut-être aurait-il pu être un enfant pour qui ça valait la peine de rester.
Mais Samuel ne savait pas que sa mère allait partir. Il ne savait pas qu’en réalité elle partait depuis des mois déjà – en secret, et par morceaux. Retirant des choses de la maison, une à une. Une robe de son placard. Une photo de l’album. Une fourchette du service en argent. Un édredon de sous le lit. Chaque semaine, elle prenait un objet différent. Un pull. Une paire de chaussures. Une décoration de Noël. Un livre. Lentement, sa présence s’atténuait dans la maison… »

Quelques mots sur l’auteur : 

Nathan Hill

Né à Cedar Rapids, il grandit dans le Midwest, où ses grands-parents travaillaient comme producteurs de maïs, de soja et de bétail. Pour permettre à son père de gravir les échelons au service de la gestion des magasins Kmart, ses parents déménagent successivement dans plusieurs États américains : l’Illinois, le Missouri, l’Oklahoma, le Kansas…

Il complète un baccalauréat en journalisme à l’université de l’Iowa, puis obtient une maîtrise en écriture créative de l’université du Massachusetts. Il travaille un temps comme journaliste, avant d’enseigner à l’Université de Floride et à l’Université de St. Thomas au Minnesota.

Il publie quelques nouvelles dans diverses revues avant de faire paraître, en 2016, Les Fantômes du vieux pays (The Nix), un roman qui remporte le prix Art Seidenbaum pour la première œuvre de fiction et qui est sacré, en France, Révélation étrangère du magazine Lire en 2017.

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La somme de nos folies – Shih-Li Kow

La somme de nos folies

ÉDITIONS ZULMA

Résumé : À Lubok Sayong, petite ville au nord de Kuala Lumpur, tout est indéniablement unique. Jusqu’à la topographie, une cuvette entre deux rivières et trois lacs, qui lui vaut chaque année une inondation et son lot d’histoires mémorables.
Cette année-là, exceptionnelle entre toutes, l’impétueuse Beevi décide de rendre enfin la liberté à son poisson qui désespère dans un aquarium trop petit, d’adopter Mary Anne, débarquée sans crier gare de son orphelinat où toutes les filles s’appellent Mary quelque chose, et d’embaucher l’extravagante Miss Boonsidik pour l’aider à tenir la grande demeure à tourelles de feu son père, reconvertie en Bed & Breakfast…
Le tout livré en alternance et avec force commentaires par la facétieuse Mary Anne et par Auyong, l’ami fidèle, vieux directeur chinois de la conserverie de litchis, qui coulerait des jours paisibles s’il ne devenait l’investigateur héroïque d’une gay pride locale.

Mon avis : Un roman qui dépayse, des mots qui nous font voyager avec des saveurs multiculturelles dont seule la littérature à le don de prendre forme. Ce roman réinvente notre quotidien et nous procure une sensation presque enchanteresse.
Shih-Li Kow nous tire ici le portrait de Lubok Sayong, une petite ville – ou grand village – au nord de Kuala Lumpur, un endroit reculé ou l’eau y est tellement abondante que les inondations sont inévitables. Comment un endroit aussi isolé peut accueillir autant de secrets, de péripéties et des personnages haut en couleur, rocambolesques et attachants. On se laisse happer par l’écriture précise et maîtrisée de Shih-Li Kow et nous touchons du doigt une Malaisie au carrefour des traditions et de la modernité.
Le texte est parfaitement agencé  à la fois humoristique, doux, léger mais aussi grave, profond et éloquent. Shih-Li Kow nous offre dans ce roman des sujets encore tabous pour la population Malaisienne. Nous découvrons alors comment, l’homosexualité, le transgenre ou même la polygamie sont perçus et vécus dans ce vaste monde de paradoxes. Il est important de souligner que même si parfois, les personnages ont un avis tranché et corrosif sur les situations (Ce qui donne vraiment corps à l’ouvrage), l’auteure a eut l’extrême délicatesse de donner libre arbitre aux lecteurs de donner leur propre avis sur les mises en scène qu’elle nous décrit.
Un véritable condensé de virtuosité.
Un roman qui nous fait réfléchir, qui ne peut nous laisser indifférent et qui a aussi le pouvoir de nous faire sourire.  À LIRE ABSOLUMENT 

Mille mercis aux Éditions Zulma de nous dénicher avec brio des perles de la littérature étrangère. Grâce à vous, nous voyageons…sur notre canapé. 😉 

Extrait choisi : À Lubok Sayong, l’eau est un vrai problème. Simplement parce qu’il y en a trop. Notre ville est située dans une cuvette, au fond d’une vallée bordée d’un côté par le Perak et de l’autre par un affluent de la Sayong. Les deux rivières embrassent la ville, au pied des contreforts d’une chaîne montagneuse qui court comme une épine dorsale le long de la péninsule. Cette topographie malheureuse et la conspiration des méandres y veillent : Lubok Sayong est vouée à être inondée. Dès qu’il pleut, la vallée se remplit comme une bassine sous un robinet ouvert.

Quelques mots sur l’auteure : 

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Née dans la communauté chinoise de Kuala Lumpur, Shih-Li Kow écrit en anglais. Son premier recueil de nouvelles, Ripples and Other Short Stories, publié en 2009, a été finaliste du Prix international Frank O’Connor.
Jouant admirablement du proche et du lointain, du particulier et de l’universel, du vraisemblable et du fabuleux, du sérieux et du cocasse, sa voix singulière défend sans conteste la diversité et l’ouverture – politique, artistique, ou écologique – dans la Malaisie multiculturelle d’aujourd’hui, à travers des figures qu’elle nous rend inoubliables.
La Somme de nos folies est le premier roman de Shih-Li Kow.

      

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Les fantômes de Manhattan – RJ Ellory

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Écrivain prolifique les fantômes de Manhattan est le dixième roman parût chez SONATINE EDITIONS le 07 juin 2018

Résumé : Annie O’Neill tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Un nommé Forrester entre un jour dans sa boutique et se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. Il est venu lui apporté un manuscrit, l’histoire d’un jeune rescapé de l’Holocauste, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, avant de devenir une des grandes figues du banditisme new-yorkais.
Quel rapport y a t-il entre cette histoire et la famille d’Annie? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Mon avis : C’est toujours un plaisir de plonger le nez dans un roman de R.J Ellory et avec lui il y a toujours de quoi se délecter. Nous sommes ici dans un thriller totalement psychologique (pas de sang ni de boyaux). L’histoire est incroyablement bien ficelée et promet des rebondissements de très grandes qualités. En effet, les chapitres sont alternés par l’histoire actuelle et la lecture des différentes parties du manuscrit. Cela nous mène petit à petit à la compréhension de l’histoire, on ne peut donc s’y perdre, tout est absolument bien cadré, millimétré et bien agencé
Nous accompagnons ici Annie, jeune trentenaire qui a eut pour héritage de ses parents une librairie dans un quartier peu connu et peu fréquenté en plein cœur de Manhattan. Aucun support parental pour se construire, Annie est mal dans sa peau et ne trouve sa place nul part. Son seul ami et confident est son voisin de pallier Jack Sullivan, un homme d’age avancé qui porte son lourd passé sur ses épaules, mais avec lui, une véritable histoire d’amitié lie nos deux personnages. C’est en quelque sort le père qu’elle n’a jamais connu. Jack Sullivan, tout ivrogne qu’il fût, elle peut lui pardonner ses bizarreries et ses mouvements d’humeurs. C’est peu dire…
Un soir , un homme rentre dans sa librairie, il témoigne à Annie qu’il a connut personnellement son père et qu’a eux deux, ils ont ouvert un club de lecture. Tenant dans sa main un manuscrit qui lui proposa avec grande douceur de lire avant leur prochain rendez-vous. Annie, stupéfaite et au bord des larmes accepte le marché et à l’aide de son acolyte, va lire le manuscrit qui se voudra poignant et déchirant. Est-ce un témoignage ou le fruit d’une imagination morbide? Après le lecture, Annie doute, a peur, elle se questionne mais Jack Sullivan lui donne sa protection contre cet inconnu. Va s’en suivre la quête d’une vérité depuis trop longtemps cachée.

RJ. Ellory, un homme qui va la où l’on ne l’attend pas. Premièrement je vous conseille de faire abstraction des derniers romans que vous avez pu lire de cet auteur. Celui-ci diffère grandement des autres quant à l’écriture et à la construction narrative.
Mais, quel plaisir de le lire. 🙂
RJ. Ellory est un compteur hors pair qui ne tombe jamais dans le mélodrame. Les fantômes de Manhattan, une véritable pépite…
Bon, vous l’avez compris, le nouveau roman de RJ. Ellory, je l’ai adoré, il fait parti de mes coup de cœur de l’été 2018 😉 . Je vous laisse en juger par vous même.

Extrait choisi : Forrester fut ponctuel. Sullivan était déjà dans l’arrière-boutique, hors de vue. Il était à jeun, n’avait pas oublié et, qui plus est, était arrivé en avance. Annie lui en fut reconnaissante, bien plus qu’il n’aurait pu le deviner à voir la nonchalance de son accueil quand il parut à la porte du magasin.
« Bonne journée? Demanda t-il
– Très calme » répondit-elle, ayant décidé avant son arrivée de ne pas lui parler de David Quinn.
Indépendamment des doutes qu’elle-même pouvait entretenir au sujet de ce dernier, Annie O’Neill était assez prévenante pour prendre les sentiments de Sullivan en considération. Même si aucune relation intime n’était envisageable entre elle et lui, elle lui était très chère, elle le savait. Il nourrissait à son égard des sentiments d’une nature avunculaire, pour ne pas dire paternelle, et si son comportement devait brutalement changer, et de façon radicale, nul doute qu’il s’inquiéterait. Sa présence au magasin avant l’arrivée de Forrester, le fait qu’il ait réussi à venir en disaient long sur le souci qu’il avait de son bien-être.

Quelques mots sur l’auteur : RJ. Ellory  de son nom complet Roger Jon Ellory est un écrivain britannique né le 20 juin 1965 à Birmingham. Auteur de romans policier et de thriller.

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My absolute darling – Gabriel Tallent

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Résumé : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par une amitié naissance, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Mon avis : Voilà un roman bien étrange au récit poignant et complexe. Complexe par l’histoire et la psychologie des personnages. Nous savons uniquement que tout se passe en Amérique, plus précisément en Caroline. Et c’est tout!!! Le temps s’est alors arrêté, nous n’avons aucune chronologie, aucun détail. Est-ce une histoire qui se déroule à notre époque? Ou au siècle dernier? Un simple mot à la fin du roman peut nous mettre sur une piste mais la quintessence de ce livre se situe hors du temps…
Pauvre petite Turtle, Croquette ou Julia. Trois prénoms pour une seule et même jeune fille, enfermée là, dans une demeure presque sordide, avec pour schéma parental une mère longtemps disparue, un grand-père au dernier chapitre de sa vie et un père castrateur et dominant. Sa relation avec ce dernier est lourde de questionnements, leur amour quant à lui est ambigu. Beaucoup de tabous sont ici soulevés. Des sentiments ambivalents nous traversent tout au long de la lecture. Pour tout vous avouer, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. L’écriture y est particulière et parfois répétitive, et ces lourdeurs m’ont quelque peu laissé vague dans la compréhension du texte. Mon attachement pour cette jeune fille sauvage, indomptable et presque animale était cependant bien plus fort, grâce à sa force, à son désir de liberté et à son envie d’y arriver. Voilà un roman qui m’a bouleversé, qui m’a prit aux tripes. L’histoire y est poignante, les personnages déroutants et le récit bien ficelé malgré ces longueurs et ces répétitions. Il y a des livres qui nous marquent, et celui-ci en fait désormais parti.
Je ne sais que dire. J’ai lu et j’ai adoré. C’est à vous de vous faire votre propre idée et je ne veux en aucun cas vous influencer. Sachez que ce roman est bouleversant, nous parlons ici de relations incestueuses et de violence envers un mineur. Cela touche nos idéaux et soulève un des plus grand tabou de notre société.

Extrait choisi : Turtle se réveille, de l’eau perle sur ces cils, elle la fait tomber d’un battement de paupières, et s’assied dans le trou de sable froid. Son dos est douloureux, enflé et la rend nauséeuse. Ses mains sont collées à sa chemise. Le brouillard dévore tout. Elle entend les vagues pousser les galets et les attirer à nouveau vers le large, et elle distingue la ligne sombre de l’océan, rien d’autre. Il n’y a pas de soleil, rien qu’une lumière grise et diffuse, le sable et noir et luisant, à l’exception de l’arrondi blanc des oursins plats. La rosée se condense autour d’eux. Elle trempe ses cheveux…

Quelques mots sur l’auteur : Gabriel Tallent est né en 1987, au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il a mis huit ans à écrire MY ABSOLUTE DARLING qui a aussitôt été encensé par la critique. Son premier roman est publié chez GALLMEISTER

« Le terme de chef-d’oeuvre est bien trop galvaudé, mais il ne fait aucun doute que My Absolute Darling en est un. »  Stephen King 

😉

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La vie en cinquante minutes – Benny Barbash

Benny Barnash

Résumé : Il suffit parfois d’un cheveu… Un long cheveu blond entortillé autour de la bretelle de maillot de corps de son mari. Pour Zahava, c’est l’électrochoc. Armée d’une imagination galopante et d’une jalousie débridée, la voilà qui vide les placards, analyse chaque indice, formulant les hypothèses les plus folles sur la vie secrète de son mari : et s’il avait non pas une mais deux maîtresses, l’une turque en burqa, l’autre italienne peroxydée aux orgasmes sonores? Sans parler de la poule de Rostov…Entre le cabinet d’un célèbre analyste, l’antre du serrurier arménien et les états d’âmes du détective privé, Zahava s’emparque dans une enquête aux péripéties rocambolesques, un tourbillon aussi vertigineux qu’extravagant.

Mon avis :  C’est la première fois que je lis un roman de cet auteur et mon Dieu! j’ai adoré. Il n’a d’ailleurs pas fait long feu. En deux jours seulement, il était dévoré. Quelle jolie histoire, cette femme qui croît que son mari la trompe. C’est une invitation au monologue de cette pauvre Zahava avec qui nous parcourons ses folies les plus délirantes en déployant des trésors d’imagination pour accéder à la terrible vérité, tout du moins celle qu’elle imagine.  Elle en est totalement attachante, touchante et souvent très drôle. Il y a bien entendu Dov son mari avec qui nous faisons connaissance au fil des pages et avec qui, nous nous lions d’amitié, un homme sage, qui est très loin de s’imaginer les artifices conçus par sa femme. Les personnages secondaires ont eux aussi une place importante dans le récit comme : le détective privé, le serrurier, l’analyste… Ils  sont tout aussi loufoques et franchement drôles. Ce roman est pétillant et nous fait comprendre que même si un mariage peut battre un peu de l’aile, même si les protagonistes ont la cinquantaine passé, la jalousie est insidieuse et s’immisce à tout moment dans votre réalité. Elle noircit vos idéaux et fausse votre jugement et quel dommage, à cause d’elle tout peut-être gâché. Le dénouement de cette histoire est rocambolesque et jolie comme un cœur. En bref! j’ai été happé par l’écriture de Benny Barbash, le style y est caractérisé par sa finesse et son intrigue. Avec un sens aiguisé du détails l’auteur signe un traité du mariage profond et hilarant. Un antidote merveilleux à toute espèce de jalousie.

Au fait, pourquoi la vie en cinquante minutes? Je ne répondrais pas à cette question.
Ne soyez pas fainéant… Allez lire ce roman 😉

ON ADORE!!!!!! 

Extrait choisi : Jusqu’à cet instant-là, elle n’avait pas dit un mot, craignant que si elle exprimait clairement le sentiment confus qu’elle éprouvait à l’égard de son mari, accusé d’avoir raté leur mariage, de l’avoir trompée et lui avoir gâchée la vie, son monde s’écroulerait. Ressentir confusément ces choses-là et, comme nous tous, continuer à vivre en faisant semblant, soit ; mais oser penser ces idées fuyantes, les formuler avec des mots clairs prononcés à voix haute devant un étranger, fût-il un thérapeute, était une action d’éclat qui risquait de bouleverser sa vie, d’ébranler les fondements mêmes de son existence, voire la détruire.

Quelques mots sur l’auteur : Benny Barbash est un dramaturge, romancier, scénariste né à Beer-Sheva en Israël. Il est l’un des fondateurs du mouvement LA PAIX MAINTENANT . La vie en cinquante minute est son quatrième roman traduit en français par les éditions Zulma

Je vous souhaite une excellente lecture pleine de folies, de joies et de rires. 🙂

Amicalement vôtre

Hanae

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La piscine bibliothèque – Alan Hollinghurst

La piscine bibliotèque Alan Hollinghurst

Résumé : Londres, année 1980. William Beckwith est un jeune dandy extraverti, vivant librement son homosexualité. Autour de la piscine du Corinthian, lieu de drague et de sexe, fréquentations et liaisons amoureuses se multiplient. Un jour, William rencontre lord Nantwhich, un homme âgé, puissant et conservateur, qui lui demande d’écrire sa biographie…

Mon avis : La Piscine-bibliothèque met en scène un milieu décomplexé et extraverti, dans une contre-culture où les hommes affichent leur sexualité pour mieux en jouir.
Quel beau et fidèle portrait que nous dessine Alan Hollinghurst dans ce roman. Le reflet d’une époque parfaitement insouciante. Un roman puissant qui brille par l’apogée d’une sexualité totalement débridée. Violemment impudique, nous faisons connaissance d’un jeune homme, beau, athlétique et intelligent (bon d’accord! vive les stéréotypes) légèrement narcissique, il n’a pas besoin de travailler pour vivre, il virevolte de conquêtes en conquêtes pour assouvir sa soif de sexe jusqu’au jour où il rencontrera lord Nantwhich, homme de protocoles qui souhaite que William écrive ses mémoires. Nous nous mêlons alors dans un entre-choc de deux générations qui vivent leur homosexualité différemment. (Pour rappel se roman s’ouvre sur les années 1980 et signe la fin de l’illégalité de l’homosexualité et le début de l’épidémie du SIDA). Les mots y sont crus, directs mais tout le temps dans le vrai. Un roman flamboyant et subtil à lire au moins une fois dans sa vie 😉 Néanmoins, je lui ai trouvé des longueurs parfois inutiles et un TROP GROS clin d’œil au Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde.
Ce roman est devenu culte dans la communauté homosexuelle.

Extrait choisi : Je commençais à développer un goût pour les noms blacks, les noms antillais ; c’était une sorte de voyage dans le temps, ces mots que les gens chuchotaient dans leur oreiller, griffonnaient dans les marges de leur cahier, lançaient dans le cri de passion à l’époque où mon grand-père était jeune homme. J’avais longtemps trouvé que ces prénoms edwardiens étaient l’inverse même de la romance : Archibald, Ernest, Lionel, Hubert étaient d’une froideur risible ; ils trahissaient une personnalité ignorante de la malice et du sexe. Mais cette année seulement, j’avais commencé d’aller avec des garçons portant des prénoms guindés ; et guindés, il ne l’étaient pas. Pas plus qu’Arthur, c’était le teint blafard, me costume jamais aéré, les lunettes cerclées de métal d’un rond-de-cuire d’autrefois. Du moins jusqu’à ce que je rencontre mon bel Arthur, mon coquin, ma petite salope d’Arthur – un Arthur qu’on ne pouvait imaginer vieux. Son visage lisse, avec d’immenses yeux noirs et un menton sexy, très peu prononcé, était sans cesse balayé par l’ombre et la lumière de l’incertitude et s’offrait au regard avec l’assurance superficielle de la jeunesse.

Quelques mots sur l’auteur : Alan Hollinghurst est considéré comme l’un des plus grands romanciers anglais contemporains.
Romancier, poète, nouvelliste et traducteur. C’est un homme accompli dans les mots. La piscine-bibliothèque est son tout premier roman sorti en 1988 dont il reçoit deux distinctions : Le prix Lambda Literary et le prix Somerset Maugham. Un de ses romans majeurs est : L’enfant de l’étranger publié en France en 2013 dont il en découle le prix du meilleur roman étranger.

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Manger l’autre – Ananda Devi

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Résumé : Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s’isole. Sa mère s’enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand Œil d’internet. Son père, convaincu qu’elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour nourrir «  ses princesses  ». Seule, effrayée par ce corps monstrueux, elle tente de comprendre qui elle est vraiment. Quand elle rencontre par accident l’amour et fait l’expérience d’autres plaisirs de la chair, elle semble enfin être en mesure de s’accepter. Mais le calvaire a-t-il une fin pour les êtres «  différents  »  ?
Conte de la dévoration et roman de l’excès, Manger l’autre est une allégorie de notre société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur et de l’image conforme.
Avec force, virtuosité, et humour, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui reflète en miroir notre monde violemment intrusif et absurdement consumériste.

Mon avis : « Je me dévore dans une exquise absence de souffrance ». L’histoire est en huis clos et tourne autour d’un personnage autodestructeur aux appétits jamais assouvis à la limite du grotesque et dont on ne connaîtra jamais le prénom. Elle nous confie ses angoisses, ses peurs, ses frustrations et son obsession. C’est une ode à la noirceur de l’âme, de la souffrance et à la surconsommation. Un véritable coup de gueule au diktat de la beauté et de la sur-connexion. Comment ne pas penser au célèbre Gargantua de François Rabelais, au martyre de l’obèse d’Henry Béraud  ou bien à l’Œdipe toi-même de Freud.  J’ai mis du temps à le digérer, à l’assimiler mais j’y suis parvenu grâce à la pointe d’humour que glisse Ananda Devi. C’est un roman bouleversant qui nous questionne et nous bouleverse. Bref, un roman qui se déguste…

Ananda Devi romancière d’origine mauricienne à écrit plusieurs livres depuis 1977, elle a reçu différents prix et distinctions notamment le prix des cinq continents de la francophonie en 2006, le prix Louis Guilloux en 2010 ainsi que la distinction des Chevaliers des Arts et des Lettres en 2010. Ananda Devi était auparavant aux éditions Gallimard

Roman paru aux éditions Grasset en janvier 2018

Jetez-y un coup d’œil : Editions Grasset