L’opossum rose – Federico Axat

L'opossum rose-Frederico Axat

Résumé: Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque, le destin s’en mêlant, un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Ted s’apprête à aller ouvrir quand il aperçoit sur son bureau, et écrit de sa propre main, un mot on ne peut plus explicite : Ouvre. C’est ta dernière chance. Sauf qu’il ne se rappelle absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre. Mais qui est vraiment ce Lynch ? Et quelles sont ses conditions ?
Mon avisOk! Nous sommes bien arrivés à destination… LA FOLIE. Bienvenue dans un monde parallèle mêlant fiction et réalité. Nous avons trouvé le chaînon manquant entre John Irving et Stephen King. Il se nomme Frederico Axat.
Un roman époustouflant à la construction narrative originale et parfaitement maîtrisée. Un véritable thriller psychologique qui nous amène tout droit dans les méandres abyssales de Ted McKay (personnage central de ce livre). Il n’y a pas de bain de sang, aucune violence ici, mais un récit palpitant qui, au fur et à mesure, construit l’histoire. Les premiers chapitres sont flous, on s’y perd entre la fiction et la réalité, la folie ou la raison mais l’intrigue est quant à elle bien réelle et me pousse à creuser un peu plus pour avoir des réponses. L’histoire est bien ficelée, les protagonistes nous provoquent l’empathie, la pitié et parfois l’agacement. Les scènes se succèdent en courts chapitres sans que l’on sache vraiment où les personnages vont nous emmener.
Une véritable découverte. J’en ai adoré la lecture qui ne m’a pas laissée de marbre. Je vous conseille vivement ce roman paru aux éditions Calmann-Levy.
Extrait choisi: Deux réalités fragmentées cohabitaient dans son cerveau : à en croire la première, il avait tué Wendell, mais la seconde attestait qu’il n’était pas un assassin et qu’il avait discuté avec lui… l’intérieur d’un château miniature rose ! De toute évidence, Ted avait de sérieux problèmes, autant le reconnaître.
Quelques mots sur l’auteur: Federico Axat est un auteur de thriller psychologique né en 1975 à Buenos Aires. Peu connu en France, L’opossum rose est son troisième roman.
Romans parus précédemment:
  • Benjamin (2010)
  • La transformation des papillons (2015)
  • L’opossum rose (2016)

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Un immense merci

Hanae

Les naufragés de la salle d’attente – Tom Noti

Les naufragés de la salle d'attente-Tom Noti

Résumé: François, Hervé, Gabriela. Ils sont trois dans la salle d’attente d’un psychologue grenoblois. Trois personnes qui ne se connaissent pas. Bloqués, ils attendent… Dehors un terrible accident de tramway a plongé le quartier dans l’obscurité. Aucun d’entre eux ne sait quand cela prendra fin, tandis qu’un invité surprise joue avec leurs nerfs.

Mon avis: Avant de vous donner mon avis sur ce roman, je souhaite vous décrire ma rencontre avec cet auteur. Le Cyber espace a parfois bon goût de vous amener sur le chemin d’une personne, d’une rencontre… Et cette rencontre atteint son Graal quand échange il y a. Et bien, c’est chose faite. Comment? C’est simple : grâce à ma photo de profil Facebook (Amélie Nothomb et moi-même dans une amicale étreinte). Je remercie encore cet HAPPY SELFIE qui a suscité la curiosité d’un homme, plus précisément d’un écrivain. Après quelques échanges fructueux, cet auteur allias Tom Noti décide pour ma plus grande joie de m’envoyer son livre. Et oui les ami(e)s le père noël existe 😉 Que demander de plus? Les jours passent et je guette le facteur, je m’impatiente et je jubile. Mais que ce passe-t-il ? Toujours rien dans la boîte aux lettre. Que fait le facteur? A-t-il égaré mon précieux colis ? Les questions fusent, une mine triste se dessine, mais visage mais je patiente… sagement. Et puis voilà qu’un beau jour, le roman joliment emballé n’attend que moi et qu’entre mes mains, je le dévore. Après deux jours d’une intense lecture ou je m’en suis donné à cœur joie, je fus ABSOLUMENT CONQUIS. D’une plume parfaitement maîtrisée, nous faisons au fil des chapitres la connaissance de personnages dont tout oppose mais qui sont là, tout trois coincés dans une salle d’attente. Tout le roman se déroule en huis clos. Cela peut nous paraître figé pour toutes descriptions (décors, odeur, lieux etc…) mais au contraire, nous nous confrontons à des personnages haut en couleur, à des personnalités bien trempées ou tous les sentiments se fondent et se transforment en une jolie palette de peinture. Tom Noti a réussi avec brio à nous inviter dans la sphère des non-dits. Les personnages y sont complexes et nous avons là trois façons totalement différentes d’appréhender ce qui nous entoure, ce que nous disons et laisser place parfois aux mauvaises interprétations, à des actes manqués et des paroles pas toujours assumées. Avec une dose d’humour glissée de çà et là au fil du roman, la lecture est encore plus enrichissante et l’histoire, encore plus belle. Ce livre a réussi à me faire poser certaines questions : sommes-nous capables de vraiment nous comprendre ? Avons-nous vraiment envie de nous écouter ?  Ce roman est, pour moi, le reflet de notre société.
Bref !!! Ce roman mérite d’être connu, tout comme son auteur – par son talent, par son histoire et par son écriture. Offrez-le vous ou faites-vous le offrir. Ce roman a parfaitement sa place dans votre bibliothèque et/ou sur votre table de chevet.

Quelques mots sur l’auteur: Originaire de Grenoble, Tom Noti se découvre une passion pour l’écriture, mais ce n’est que tardivement qu’il franchira le cap d’écrire pour lui-même et ceci,  grâce à ses enfants qui, un jour, lui ont posé cette question: « Pourquoi n’écris-tu pas un roman ? Tu nous as toujours dit de n’avoir aucun regret dans la vie  et qu’il faut tenter de faire ce que l’on aime quoiqu’il arrive. » Un magnifique facteur déclencheur rempli d’amour pour rattraper le temps perdu. Sa méthode d’écriture pour donner naissance à ce roman Les naufragés de la salle d’attente fut écrit assez rapidement en imbriquant les histoires de trois personnages et en utilisant le procédé du récit choral, comme moyen de percevoir les sentiments de chacun et de les découvrir progressivement. En quelques mots, Tom Noti est un homme bavard… à l’écrit 😉

Tom Noti a trois romans à son actif. Les naufragés de la salle d’attente est le dernier paru aux éditions Paul & Mike en 2017.

A LIRE ABSOLUMENT 😉

Amicalement vôtre

Hanae

 

Manger l’autre – Ananda Devi

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Résumé : Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s’isole. Sa mère s’enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand Œil d’internet. Son père, convaincu qu’elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour nourrir «  ses princesses  ». Seule, effrayée par ce corps monstrueux, elle tente de comprendre qui elle est vraiment. Quand elle rencontre par accident l’amour et fait l’expérience d’autres plaisirs de la chair, elle semble enfin être en mesure de s’accepter. Mais le calvaire a-t-il une fin pour les êtres «  différents  »  ?
Conte de la dévoration et roman de l’excès, Manger l’autre est une allégorie de notre société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur et de l’image conforme.
Avec force, virtuosité, et humour, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d’un personnage qui reflète en miroir notre monde violemment intrusif et absurdement consumériste.

Mon avis : « Je me dévore dans une exquise absence de souffrance ». L’histoire est en huis clos et tourne autour d’un personnage autodestructeur aux appétits jamais assouvis à la limite du grotesque et dont on ne connaîtra jamais le prénom. Elle nous confie ses angoisses, ses peurs, ses frustrations et son obsession. C’est une ode à la noirceur de l’âme, de la souffrance et à la surconsommation. Un véritable coup de gueule au diktat de la beauté et de la sur-connexion. Comment ne pas penser au célèbre Gargantua de François Rabelais, au martyre de l’obèse d’Henry Béraud  ou bien à l’Œdipe toi-même de Freud.  J’ai mis du temps à le digérer, à l’assimiler mais j’y suis parvenu grâce à la pointe d’humour que glisse Ananda Devi. C’est un roman bouleversant qui nous questionne et nous bouleverse. Bref, un roman qui se déguste…

Ananda Devi romancière d’origine mauricienne à écrit plusieurs livres depuis 1977, elle a reçu différents prix et distinctions notamment le prix des cinq continents de la francophonie en 2006, le prix Louis Guilloux en 2010 ainsi que la distinction des Chevaliers des Arts et des Lettres en 2010. Ananda Devi était auparavant aux éditions Gallimard

Roman paru aux éditions Grasset en janvier 2018

Jetez-y un coup d’œil : Editions Grasset

 

mon Paris, mes librairies

mon Paris, mes librairies

Comme le disait si bien Ernest Hemingway, Paris est fête…       Alors festoyons !!!

Je vais vous parler des librairies indépendantes de Paris que j’affectionne tout particulièrement. Elles sont pour moi le symbole, le reflet et l’âme de cette ville. Bien entendu, il n’y a pas que les librairies parisiennes en France (Dieu soit loué) mais vivant dans la capitale et passionné de romans, je me dois de parler de ces petites charmeuses.

Paris abrite pas moins de 116 librairies indépendantes (pas mal quand même =D). De la rive gauche à la rive droite en passant par le square des Batignoles, le Marais, le jardin des plantes ou encore l’île Saint Louis, Saint Sulpice, Barbès Rochechouart ou le célèbre quartier de Montmartre, chaque arrondissement possède ses librairies indépendantes.

Mais, qu’est ce qu’une librairie indépendante ?

Voila une question loin d’être figée mais d’après quelques recherches et démarches auprès de certains libraires, j’ai pu obtenir des réponses plutôt concrètes. Avant toute chose, il y a deux critères principaux.

  • Premièrement, l’indépendance financière : en effet, la société est possédée uniquement par le/la libraire qui y travaille.
  • Deuxièmement, c’est le/la libraire qui décide des livres qu’il/qu’elle met en rayon sans obligation vis-à-vis de l’éditeur.

Voilà, nous y venons grâce à la deuxième option, celle qui pour moi, est la plus intéressante, le libraire CHOISIT les livres qu’il souhaite vendre et comme tout bon passionné se respectant, les choix diffèrent. C’est comme cela que nous trouvons dans Paris des librairies indépendantes avec des thèmes bien particuliers. INSOLITE

Vous trouverez ci-dessous quelques librairies que j’affectionne ÉNORMÉMENT
Alors n’hésitez pas une seule seconde et allez y jeter un coup d’œil.

La librairie OFR

C’est une vraie référence en matière de mode, de design, de photographie etc… Nous y trouvons bien évidemment des livres mais aussi pleins d’accessoires comme des bougies, écharpes … Au fond d’une cour, un atelier propose des vernissages ainsi que des ventes privées.

20, rue du petit Thouars 75 003 Paris

La librairie des Abbesses

Il paraît que, quand on aime les livres, on repère instinctivement les librairies. C’est un peu comme les bars-tabac pour un fumeur. Avec celle-ci, nullement besoin d’être accro. On la voit bien vite quand on sort du métro ABBESSES, dans la rue Yvonne le Tac pourtant légèrement en retrait. (Le mur des JE T’AIME en devient une option). De sa devanture toute de noir laquée, on sent que ça déborde de livres.
Ce sont 60m² pour plus de 15 000 ouvrages, je vous laisse imaginer. Un véritable petit paradis sur terre. Comme sa boutique, la propriétaire à du caractère. Marie-Rose Guarniéri figure incontournable de la scène littéraire parisienne.

30, rue Yvonne le Tac 75 018 Paris

Un petit coup d’œil : La librairie des Abbesses

La Librairie Shakespear and compagny 

Cette librairie est LA référence-même de la littérature anglophone. Toute proche de la cathédrale Notre Dame de Paris, vous pourrez emportez des livres chinés sur des étagères pleines à craquer tout en sirotant un bon café.

37, rue de la Bûcherie 75 005 Paris

Un petit coup d’œil  :  Shakespear & Co

Je ne vais pas vous énumérer ici toutes ces librairies insolites. J’y reviendrais plus tard et plus en détail dans une autre rubrique. C’était juste un aperçu pour vous faire partager mon amour pour ces librairies et leurs cavernes d’Ali Baba parfois touchantes, loufoques, excentriques mais tellement attachantes. Dès que l’on franchit leur porte, mis à part la décoration et l’odeur du papier imprimé, on entre dans leur monde et étrangement, on est chez nous. Il y a l’échange de notre passion commune mais surtout, ce qui est le  plus important pour moi, c’est ce véritable contact humain.

Le temps s’arrête et on en ressort… conquis.

Un esprit plus convivial et feutré que certaines grandes enseignes dont je ne citerais pas le nom. 😉

Eh les ami(e)s ! J’ai oublié de vous dire : tous les ans, au début de l’été, les libraires de Paris vous invitent chez eux, à faire la fête. « LE PARI DES LIBRAIRES » 😉

Pour plus d’information: parislibrairies.fr

Amicalement vôtre

Hanae

mon Paris, mes librairies

PS: Voici LE guide à avoir dans son sac, sa poche, son porte feuille… Comme La RATP et ses transports, les librairies indépendantes proposent ce petit feuillet qui énumère toutes les librairies de la capitale. Parfait pour un roadtrip découverte et des achats assurés.

Soumission – Michel Houellebecq

Soumission Michel Houellbecq

Résumé : Dans une France assez proche de la nôtre, un homme s’engage dans la carrière universitaire. Peu motivé par l’enseignement, il s’attend à une vie ennuyeuse mais calme, protégée des grands drames historiques. Cependant les forces en jeu dans le pays ont fissuré le système politique jusqu’à provoquer son effondrement. Cette implosion sans soubresauts, sans vraie révolution, se développe comme un mauvais rêve.

Mon avis: Depuis le temps que ce roman était dans ma PAL, j’ai enfin trouvé le moment de l’ouvrir et, je n’ai pas été déçu. Nous reconnaissons là l’écriture tout en finesse de Michel Houellebecq. C’est une véritable peinture sans détour de la détresse d’un personnage solitaire, à la vie terne et dont les plaisirs tournent essentiellement autour de l’alcool et du sexe (comme souvent dans les romans de Houellebecq). Le style y est limpide et mène avec agilité la fiction et allusion au monde réel (Je m’y perdais souvent). Un roman donc bien construit avec de nombreuses références littéraires. Il fustige avec une allégresse non dissimulée les élites, les partis politiques classiques et le délitement de toutes les valeurs morales de la société. Il nous oblige à réfléchir sur les changements de celle-ci.

Sixième roman de Michel Houellebecq paru aux éditions Flammarion en Janvier 2015