La punition qu’elle mérite – Elizabeth George

Date de parution : 07 mars  2019
Éditeur : Presses de la cité 


Résumé : Ludlow, bucolique bourgade du Shropshire, tombe dans l’effroi lorsque le très apprécié diacre Ian Druitt est accusé de pédophilie. Placé en garde à vue, le suspect est retrouvé mort, pendu. 
La commissaire Isabelle Ardery, qui a été dépêchée sur les lieux depuis Londres et qui se débat avec ses problèmes d’alcool, a bien envie de classer l’affaire en suicide. Mais c’est sans compter la sagacité du sergent Barbara Havers. Coachée à distance par l’inspecteur Thomas Lynley, la Londonienne gaffeuse et accro à la nicotine flaire le pot aux roses : et s’il ne s’agissait pas d’un suicide ? N’en déplaise à Isabelle Ardery, Lynley et Havers vont reformer leur duo de choc pour observer de plus près la vie de cette petite ville qui semblait si paisible. Car, derrière leurs allures de gentils retraités ou d’étudiants fêtards, les habitants de Ludlow ont tous quelque chose à cacher…

Mon avis : Elizabeth George nous revient avec un vingtième opus pour mon plus grand plaisir. Toujours en compagnie de ses acolytes tels que : Thomas Lynley, Barbara Havers, Nkata, Isabelle Ardery de Scotland Yard et bien d’autres encore. Et comme toujours avec cette autrice américaine, l’histoire se déroule en Angleterre et toujours sous forme de gros pavé. Bref, c’est sa marque de fabrique, son cocktail qui fonctionne depuis maintenant de très nombreuses années.
Nous partons ici pour la petite ville de Ludlow ou Ian Druitt, un diacre est arrêté pour pédophilie. Le pauvre homme, lors de son arrestation se suicide. Peut-être est-ce un homicide déguisé en suicide ?
L’histoire se déroule en deux parties, la première, le sergent Barbara Havers est envoyé dans la petite ville de Ludlow avec sa supérieure hiérarchique Isabelle Ardery pour étayer la thèse du suicide mais quelque chose cloche, un « je ne sais quoi » qui titille la curiosité du sergent Havers qui souhaite pousser un peu plus l’enquête. Isabelle Ardery, quant à elle, souhaite tout autre chose. Son esprit patauge entre ses problèmes familiaux et son rapport très fusionnel avec l’alcool. Statu quo sur le meurtre du diacre. Faute de temps et de moyens, elles retournent sur Londres.

En deuxième partie, et pour plusieurs raisons, ils doivent retourner enquêter ; Isabelle Ardery étant de mauvaise aide, c’est notre duo de choc qui retrouve les habitants de Ludlow. Thomas Lynley, homme de haut rang et d’une élégance sans borgne, collabore avec Barbara Havers, femme brouillon, fumeuse compulsive adepte de la junk food et jouant – sans le vouloir – avec la hiérarchie. L’enquête n’avance pas, aucune preuve, aucun indice malgré leur suspect numéro 1, l’îlotier qui fait régner l’ordre et le calme lors des soirées étudiantes un peu trop arrosées. Qui est-il après tout ?

Nous sommes ici dans une espèce de huis clos. Tout le monde à Ludlow se connaît, tout le monde sait, mais beaucoup se taisent. Beaucoup d’histoires s’entremêlent, se croisent, s’entrechoquent parfois. On pense parfois perdre le fil mais il suffit d’un rien avec Elizabeth George pour nous remettre sur les rails de l’angoisse et du suspense.

J’ai trouvé cependant que le rythme était parfois un peu lent, il y a certaines longueurs qui s’immiscent dans le flux de l’histoire et qui donnent une certaine redondance mais cela n’entrave en rien la qualité de l’écriture, de l’histoire et de l’évolution de l’enquête malgré le manque d’action. Elizabeth George a le don de tenir le lecteur en haleine. Nous n’avons qu’une envie, celle de connaître le dénouement et celui-ci, vous pouvez me croire, va bien au-delà de mes attentes. Je tiens aussi à soulever un point non négligeable. Dans ce roman, plusieurs clins d’œil sont parsemés ici et là de ses précédents livres mais cela ne fait partie d’aucune suite, tous les romans d’Elizabeth George peuvent être lus sans respecter d’ordre chronologique et je trouve ça très agréable. Bref, ce roman n’est pas un coup de cœur mais une très bonne lecture. Une chose est évidente, Elizabeth George n’a plus besoin de prouver quoique ce soit en matière de littérature policière. Elle maîtrise divinement l’art du polar

 

Elles m’attendaient… – Tom Noti

Éditeur : Éditions LA TRACE
Parution : 28 février 2019

Résumé : deux personnes s’aiment et leurs solitudes s’aimantent. Cela ressemble à une histoire d’amour simple et lumineuse, mais c’est sans compter sur les ombres que Max cache derrières ses silences….


Mon avis: Loin d’être une histoire parfumée à l’eau de Rose, mielleuse et édulcorée, Tom Noti nous dévoile dans son dernier opus une histoire d’amour mêlant une palette de sentiments finement variés, délicats et écorchés. Les mots y sont forts tout comme ces personnages qui se veulent attachants et parfois irritants.

On sonde avec délectation les sentiments, on partage la complexité des rapports amoureux. Il est question ici de Max, Halley et leur fille Rosie. Trois personnalités, trois parcours, trois différences traînant leurs maux, leurs faiblesses mais aussi leurs amours. Un amour perçu et reçu à travers trois regards mélancoliques et contemplatifs.

Max trouve l’amour dans le regard de Halley. Ils étaient jeunes, ils se trouvaient sans le vouloir sur une terrasse de café. Elle était lumineuse et enjouée, lui était seul, solitaire et dans ses sombres pensées. Un gentil sauvage qu’Halley, poussée par l’envie, a eu la justesse et le désir d’aborder. Ils étaient différents, ils étaient leurs contraires mais c’est l’Amour, le vrai, celui qui trouve réponse dans les silences qui les a poussés dans les bras l’un de l’autre. C’est main dans la main qu’ils s’accompagnent, s’apprivoisent, se nourrissant de leurs rires et de leurs regards bienveillants. De leur union, du fruit de leur amour, vient au monde Rosie. Max, traînant son passé jusqu’à dans son présent, un fardeau bien trop lourd qu’il souhaite occulter, effacer ou mettre de côté pour vivre sa vie d’homme, sa vie de mari et celle d’un père protecteur et présent. Mais la naissance de sa fille, la naissance de cet amour sans faille, spontané et indéfectible va faire resurgir en Max son passé, ses maux, ses angoisses. En véritable écorché, ne trouvant sa place nulle part et se sentant inutile, il va renoncer. Max n’est rien mais il ressent beaucoup trop. L’amour devient trop fort, trop lourd pour cet homme qui aime trop.

Peut-on trop aimer? Oui et ça fait mal. Il ne gère plus, anticipe mal. Est-ce par faiblesse ou par amour qu’un jour Max prend la fuite. Il part, pas très loin, juste dans la rue, celle d’à côté. Rosie grandit, se façonne et se forge grâce à l’expérience de sa mère et la présence épisodique de son père qu’elle rejoint souvent, sur les bancs.

Elle évolue dans un schéma familial peu classique, loin d’une normalité que nous connaissons tous, mais après tout, où se trouve le normal? Ce mot est dénué de sens lorsque les sentiments et les émotions nous confrontent. Les bons comme les mauvais, peu importe. Ressentir est l’essence même de l’amour; et la normalité, c’est à nous de la créer.
C’est avec justesse et poésie que Tom Noti explore les sphères des relations sentimentales complexes et délicates qu’unissent un homme, une femme et leur enfant. Aussi différentes soient-elles.
Tom Noti nous offre un roman sur l’amour avec une approche qui sort des clichés trop souvent lus et relus.
On peut traîner les fantômes de notre passé. Même s’ils ralentissent et effacent les moments où l’on peut-être heureux, l’amour est bien là. À chaque mot, dans chaque page, Tom Noti effleure de sa plume les nombreuses situations que la relation peut soulever. Celle-ci n’est pas que Rose, elle se décline dans un large spectre aux subtiles variations.

C’est avec les mots du cœur, la justesse de la sagesse, que Tom Noti nous délecte par cette merveilleuse lecture. C’est une ode à l’amour, à l’espoir et à la vie même si le fond de l’histoire ne s’y prête guerre.

Je vous recommande vivement ce roman. Chapeau bas monsieur Tom Noti!

Dans son silence – Alex Michaelides

Dans son silence.jpg

Parution : 06 février 2019
Éditeur : CALMANN-LEVY

Résumé : Alice, jeune peintre britannique en vogue, vit dans une superbe maison près de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouvée chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son mari défiguré par des coups de couteau fatals, la presse s’enflamme. Aussitôt arrêtée, Alice ne prononce plus jamais le moindre mot, même au tribunal. Elle est jugée mentalement responsable et envoyée dans une clinique psychiatrique.
Six ans plus tard, le docteur Theo Faber, ambitieux psychiatre, n’a qu’une obsession : parvenir à faire parler Alice. Quand une place se libère dans la clinique où elle est internée, il réussit à s’y faire embaucher, et entame avec elle une série de face-à-face glaçants dans l’espoir de lui faire extirper un mot. Et alors qu’il commence à perdre espoir, Alice s’anime soudain. Mais sa réaction est tout sauf ce à quoi il s’attendait…

Mon avis :ALERTE GROS COUP DE CŒUR ♥ Oui, oui! J’ai pris (du début de la lecture jusqu’à la dernière page) une claque monumentale. C’est officiellement le thriller 2019 qui a réussi avec brio à me tenir en haleine grâce à son intrigue grandiose et son dénouement magistral. Ces mots sont peut-être forts de sens, mais ils restent les cris du cœur.

Quel bien fou de ne pas avoir recours à une enquête « classique » où les policiers, forces de l’ordre ou poulets (comme vous voulez) prennent une place centrale dans l’histoire. Ici, ils sont en quelque sorte inexistants. Pratiquement tout le récit se déroule dans un hôpital psychiatrique où Alicia Berenson y est confinée pour avoir sauvagement assassiné son mari – Gabriel Berenson – photographe de mode. Un meurtre barbare qui a rendu le pauvre homme méconnaissable. Alicia – peintre de renom dont le mouvement artistique est de peindre des images aussi réalistes que des photographies – est retrouvée près de feu son mari, une arme à la main, criblée de sang qui ne laisse planer aucun doute quant à sa culpabilité. Malgré un talent dingue et une oeuvre prolifique, la carrière d’Alicia s’arrête brusquement. L’issue est fatale, cette pauvre femme s’enferme dans un profond mutisme. Un tel silence abyssal qu’aucun thérapeute n’a pu l’en extraire. C’est sans compter sur la détermination sans borne de Theo Faber qui a suivi l’affaire Alicia Berenson via les médias et qui décide par une force et une détermination qu’il ne s’explique pas, de venir en aide à cette jeune femme. Par chance, un poste dans l’hôpital où elle est enfermée se libère. Theo postule et mettra tout en oeuvre pour qu’Alicia devienne sa patiente. Sa motivation a eu raison de lui. La  thérapie peut donc commencer… 

Theo Faber est un homme de 42 ans, le choix de devenir psychothérapeute n’est pas venu par hasard. L’essence même de ce choix trouve sa source dans un mouvement égoïste. En effet, c’est le métier idéal qui l’aidera à guérir ses propres maux. Ayant eu une enfance plus que perturbée, il grandit dans un état de stress permanent, de nervosité, d’angoisses et de peurs tirant son origine de ce père aux crises de rages imprévisibles. Un homme envahissant, castrateur et d’une mère certes présente mais sous l’emprise de la violence de son mari.
En s’orientant donc vers un métier basé sur la santé « psychique », il améliore en parallèle son propre état.
Theo deviendra donc le thérapeute officiel d’Alicia et malgré le silence exacerbé de cette dernière, il mettra tout en oeuvre pour la faire parler. Quitte à mener une enquête et parler officieusement aux proches d’Alicia, ceci afin d’en savoir davantage sur son passé et qui elle est vraiment.

Un thérapeute doit obligatoirement mettre une distance avec ses patients, feindre une certaine empathie pour instaurer à la relation un climat de confiance et de bienveillance. Mais que ce passe-t-il si les barrières tombent et que l’affect prend une place prépondérante dans la relation entre le psychotique et le thérapeute? Où se situe alors la folie? Qui est qui? Qui devient qui? Et finalement qui soigne qui?

Vous souhaitez le savoir? Alors, bienvenue dans ce thriller psychologique parfaitement maîtrisé où l’on prend plaisir à se faire manipuler. Alex Michaelides nous oblige à sortir de notre zone de confort et son talent nous agrippe en nous laissant une marque indélébile. Notre vision sur le monde s’en trouve altérée, nous sommes happés par l’histoire, par le contexte et la force psychologique de chacun des personnages. Nous laissons par l’éloquence de ce roman, libre court à la folie. Seule la fluidité du texte et les mots précis de l’auteur restent nos fils conducteurs pour éviter toute perte dans les méandres du psyché humain. Notre imaginaire s’en trouve bouleversé et notre point de chute reste le merveilleux talent d’Alex Michaelides.

Ce roman se soit d’être lu et apprécié à sa juste valeur. Son contenu nous prend aux tripes, nous bouleverse, nous cogne et nous procure de merveilleuses sensations. Nous sommes touchés par le travail de recherche de l’auteur et sa capacité à extraire pour nous l’essentiel, sans aucune fioriture. Il a réussi à nous soulever et nous rappelle à chaque page que la folie n’est jamais très loin.

Quelques mots sur l’auteur : Alex Michaelides est un scénariste britannique de trente-neuf ans, Son prochain long métrage, The Brits are coming, qui sortira en 2019, propose Uma Thurman, Tim Roth et Stephen Fry à l’affiche. Alex a étudié la psychanalyse pendant trois ans, et a travaillé pendant deux ans dans une clinique pour jeunes. Dans son silence, son premier roman, est sur le point de devenir un phénomène dans le monde entier.

L’égarée – Donato Carrisi

L'égarée Donato Carrisi.JPEG

Parution : 03-10-2018
Éditeur : CALMANN-LEVY

Résumé : Un labyrinthe secret plongé dans l’obscurité. Un bourreau qui y enferme ses proies. Une victime qui parvient à s’en échapper, mais sans le moindre souvenir.
Un effroyable combat pour retrouver la mémoire, et une enquête à hauts risques pour traquer celui qui continue à agir dans l’ombre…

Mon avis : Avec tous les romans de Donato Carrisi, c’est la même chose. Il y a en moi un véritable combat entre mes bas-instincts et ma passion. S’en suit alors entre eux un dialogue de sourd : « Je ne veux pas terminer ce bouquin…« , « Mon dieu, encore un chapitre et je ferme ce livre…« , « Bon, je ne lis juste que quelques phrases…« , « Mais pourquoi n’écrit-il pas des romans de mille pages…« , « ENCORE !« . Vous voyez le genre ???
Et comme toujours, une fois le roman terminé, la claque est telle que je dois prendre du temps pour digérer son histoire.
Donc je préfère vous prévenir tout de suite, je vous fais subir cette logorrhée uniquement dans le but de vous dire que le dernier opus de Donato Carrisi est pour moi un énorme coup de cœur qui se veut comme la suite de la trilogie du chuchoteur.
On adore.

Ce que j’aime par dessus tout avec Donato Carrisi et ses romans c’est qu’avec sa plume, nous pénétrons dans une machiavélique manipulation psychologique.
1/ Il a cette faculté à nous soumettre une intrigue « classique » (dans l’égarée c’est un bourreau qui enferme ses proies dans un labyrinthe, une victime réussit à s’en échapper après quinze ans de captivité. Cette jeune femme, Samantha Andretti de son nom, est conduite à l’hôpital.
2/ Il nous met en face d’un génie du mal tel que la condition humaine peut parfois nous apporter. Ici nous suivons les traces d’un monstre, grimé d’une énorme tête de lapin avec de jolis yeux en forme de cœur, qui possède un enchevêtrement multiforme de fantasmes, de pulsions irréfrénables, d’instincts et de perversions obscènes.
3/ Il réussit avec brio à nous faire vivre avec effroi ces enquêtes à travers des personnages complexes tels qu’ici Bruno Genko. Ce détective privé a été contacté par les parents de Samantha Andretti, leur fille, lors de sa disparition. Il essaiera de la rechercher, en parallèle de l’enquête que la police était en train de suivre.
– Bruno Genko, un homme à l’apparence négligée, malade et qui erre nuit et jour entre le dark web, les pubs et les trottoirs. Il a fait vœu de solitude et recherche le confort et le soutien auprès d’un transsexuel.
– Samantha Andretti qui, après quinze ans de captivité, doit retourner à ses angoisses pour aider l’enquête à avancer et revivre ce traumatisme que toutes ces années ont alimentées.
– Le profiler qui aide Samantha avec ses démons, un expert spécialisé dans la capture des tueurs en série utilisant des méthodes pas très orthodoxes pour sonder le cerveau de la jeune femme.
– Des enquêteurs légèrement tête à claque (mais qui ont toute leur importance) comme ici Delacroix et Baueur.

Ça parait être le mélange parfait pour un bon polar « classique » mais ici, le travail de recherche et la faculté de Donato Carrisi à s’effacer pour laisser le lecteur face à l’enquête est pour le moins… déconcertant.

Ce que j’ai trouvé dérangeant au début de la lecture (que cela vous rassure, ce picotement n’a duré que peu de temps 😉 ) c’est que, comme je vous l’ai écrit plus haut, je m’attendais vraiment à une suite du CHUCHOTEUR et du TRIBUNAL DES ÂMES donc, de retrouver les personnages comme Mila Vasquez par exemple. Rien ne supposait à avoir un lien avec les deux précédents romans mais croyez moi, avec Donato Carrisi, nous pouvons nous attendre à tout. Même si nous pensons être sur une piste. Il suffit d’une phrase, d’un élément ou de tourner la page pour que nous prenions en pleine figure un dénouement totalement opposé à nos suppositions.
Qu’on se le dise, Donato Carrisi remet sans cesse notre raisonnement en question. Pour notre plus grande joie ;-).

Dans l’égarée, sang et boyaux n’ont que très peu de place. Pourquoi? Car nous faisons face à un psychopathe « consolateur » dont le but principal est de transformer chacune de ses victimes en être abject. Dans la prison du « consolateur » la proie est soumise à des épreuves souvent cruelles, programmées pour faire peur. Elle est contrainte à des actes abominables. De cette façon, ces psychopathes se consolent eux-même d’être des monstres.
En lisant ce livre, dites vous bien que la ligne de la folie est déjà franchie.
Ce n’est vraiment pas un livre pour les enfants, même s’il figure un imagier représentant un joli lapin avec des petits yeux en forme de cœur qui cache une écriture spéculaire… Chut!!! Je ne vous en dis pas plus.

Le mot de la fin : Comment ne pas succomber à l’écriture de Donato Carrisi. Encore une fois, cet auteur signe un roman d’une extrême qualité où tout y est parfaitement maîtrisé, bien calibré et subtilement bien agencé. L’intrigue comme les rebondissements évoluent tout au long de l’histoire, ce qui rend la lecture encore plus glaçante, excitante et percutante.

Le vieil homme et son chat – Nekomaki

share_temporary-11509243434908241971.jpg

Date de parution : 05-09-2019
Éditeur : CASTERMAN

Résumé : Dans une petite ville côtière du Japon, loin des mégalopoles, Daikichi, instituteur à la retraire et veuf, vit avec Tama, un chat âgé de dix ans. Ou alors est-ce le matou qui veille sur son maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue? Difficile à dire, tant les deux compères sont inséparables.

9782203155664_15890197773741330574.jpg

Mon avis : La couverture est discrète mais vous pouvez me croire, celle-ci cache un trésor. Ce roman graphique à le don de nous apporter de la joie, du bonheur et une bonne dose de sourire. Un véritable cocktail de douceur qui se loge bien au chaud dans notre petit cœur. (Oui, c’est un peu cliché mais je ne vous cache rien. J’expose juste la vérité 😉 )

Nous sommes au Japon, dans une petite ville qui a pour particularité de ne loger que des pépés et mémés mais aussi des chats. Pendant un an, nous allons vivre avec Daikichi, Tama – un beau gros matou – et toute la bande. La relation entre le vieil homme et le minou est unique, anthropomorphique, fusionnelle et parfois rocambolesque. Nous prenons plaisir à suivre leur quotidien rythmé par les quatre saisons qu’offre le pays sur soleil levant.

Des vies dictées par les cf risiers au printemps, les hortensias en hiver et par les souvenirs et la nostalgie qui rendent les gens heureux.

alb_231096_1538058914-9692063749784147597889864.jpeg

C’est avec beaucoup d’humour et de poésie que l’on découvre ces personnages et qu’au fil des pages on tisse un lien bourré de compassion et de respect.
Attendrissant, drôle et à l’image que l’on peut se faire d’une petite campagne japonaise, Le vieil homme et son chat, tel un succulent nectar, se délecte avec envie.

VOUS AURIEZ VRAIMENT TORT DE PASSER À CÔTÉ

Côté graphisme, nous sommes vraiment gâtés. Les couleurs sont vitaminées et nous peint avec pastel le Japon à travers les saisons. Les dessins sont dans le « high level » de la mignonnerie. Ils vous suffit de vous arrêter un instant sur une image et, par le biais d’une attraction magique, vous allez être projeté dans ce décor avec l’envie de ne plus vouloir revenir dans notre réalité. Pour plus d’ancrage et de réalisme, les couleurs changent d’une saison à l’autre mais pour les flash-back, par exemple : Daikichi et son voisin et ami Iwao se rappelant leurs souvenirs communs. Nous plongeons alors dans le sépia. Comme une vieille boîte remplie de polaroids perdue au fin fond d’un grenier, qu’on retrouve, qu’on ouvre et qui, par sa magie, nous remémore notre vie passée.

Pas de Japon sans nourriture. Quelle somptueuse idée d’avoir intégré des recettes dans ce roman. Vous comprendrez très vite que Daikichi cuisine souvent et visiblement très bien. Grâce à cette nourriture, il revit les instants passés avec sa femme. Après la lecture, vous allez être incollable sur les sushis de jeune Dorade à l’algue Kombu, le riz aux petits pois, le poulpe bouilli ou les Inari-sushi.

269913506560674173423486.jpeg

Je ne suis pas en droit de vous en dire plus. Allez au plus vite vous le procurer.
Si vous êtes sur Paris, LE RENARD DORÉ, se fera un plaisir de vous le conseiller.

Quoi? Vous ne connaissez pas le Renard doré ? Sacrilège… Pas de panique. Vous souhaitez un savoir un peu plus sur cette librairie ainsi que son fondateur? vous n’avez qu’à cliquer ICI

J’espère de tout cœur que cet article vous aura donné l’envie de lire cette BD. N’hésitez surtout pas à me laisser un commentaire. Je me ferai une joie de vous répondre.

Amicalement vôtre

HANAE

Sujet inconnu – Loulou Robert

 

fotor_1552134008534508254485410567547410.jpg

Parution : 16-08-2018
Éditeur : ÉDITIONS JULLIARD

Résumé : « Javais huit ans quand j’ai su que je ne finirais pas mes jours ici. Qu’ici je ne deviendrais personne. Qu’ici je n’aimerais personne. Qu’ici, rien. Je ne ressentirais rien. J’avais huit ans et j’ai décidé de partir un jour. J’ai choisi de ressentir. J’ai choisi de souffrir. À partir de là, je suis condamnée à cette histoire. »

Mon avis : Pour être honnête avec vous, je m’attendais à aimer ce roman, non pas pour les avis que j’ai pu lire sur la toile ou par les nombreux articles parus dans la presse. Non, ce roman va au-delà. Cette attirance est quasi mystérieuse, de part son titre, et sa quatrième de couverture – cela va de soi – mais, il y a un « je ne sais quoi » en plus que je ne peux vous décrire. Parfois, les mots ne suffisent pas.
J’ai eu la chance de rencontrer Loulou Robert lors de la soirée du grand prix des blogueurs, j’ai été subjugué par la beauté presque insolente de Loulou Robert, par sa personnalité, son naturel ainsi que son approche. Toutes ses valeurs ajoutées ont confirmé mon coup de cœur littéraire pas encore lu.
Quelle étrange sensation d’aimer un roman sans ne l’avoir jamais lu, savoir à l’avance que la lecture en sera délicieuse mais aussi douloureuse. Vous allez sûrement me dire : « Mais où est l’effet de surprise? Lire un roman que l’on sait déjà aimé perd tout son charme? » Peut-être, peut-être pas, mais dans la vie, il y a parfois des évidences qui ne s’expliquent pas.
Loulou Robert quant à elle, vous parle, plonge son regard dans le vôtre, sonde votre âme et parcourt votre personnalité à sa guise. Elle nous capte, nous attire dans son monde, son univers, nous pousse vers son talent et sa plume si caractéristique.
Sujet inconnu possède un style d’écriture très contemporain au rythme saccadé, bourré de phrases lapidaires. C’est un véritable diamant brut, cru, franc, sauvage, qui ne demande pas à être façonné mais simplement à être apprécié à sa juste valeur. En lisant les premières phrases, plusieurs questions nous sautent à l’esprit : « Est-ce un roman autobiographique? », « Est-ce le fruit d’une imagination écrite sous la pulsion? » « Y a-t-il une part de vrai dans cette histoire? ». Vous savez quoi, on ne sait pas et on s’en fout.
C’est direct, c’est dur, c’est écrit avec les tripes, le cœur, la passion. Le sujet inconnu, le je, le tu, le il, le vous, le nous… c’est au lecteur de choisir son camp. C’est fort, c’est puissant.

BIENVENU DANS LE RING.

C’est l’histoire d’une jeune fille vivant dans le Grand Est, elle vit une relation très fusionnelle avec ses parents mais cette vie l’emmerde, elle veut partir, elle veut ressentir, elle veut souffrir. Elle décide donc de s’en aller pour la capitale. Cette jeune femme, nul besoin de la nommer, elle peut être n’importe qui d’entre nous, nous raconte avec objectivité sa vie. C’est une femme entre deux, c’est un paradoxe à elle toute seule. Forte et fragile, douce et difficile. Pleine de vie et remplie de mort. Cette femme a besoin d’aimer à en crever. Elle rencontre cette homme, son homme qu’elle nomme Mon Amour. Un peu plus âgé qu’elle, leur relation toxique mène au chaos, ils s’aiment mais mal, ils souffrent mais s’aiment. Tel un match de boxe, on assiste à une violence sans faille. Aucune fioriture n’entrave cet amour-passion. Nous sommes dans la souffrance, dans ce mal qui ronge le cœur et l’esprit. C’est fort, c’est beau. Malgré tout, cette jeune femme trouve de la lumière partout où elle passe, et va concrétiser un très beau rêve, celui d’écrire.
L’essence même de ce roman est basé sur la relation. La relation enfant-parent, femme-homme, petite fille-peluche. Malgré toute la noirceur de cette histoire, Loulou Robert a réussi un sacré pari. Celui de rentrer dans le cercle fermé de la littérature française. La force de ce roman est magnifique, c’est écrit avec les tripes et on le ressent à chaque mot. C’est un roman d’amour 2.0

Je vous conseille vivement de lire cette auteure et de vous délecter avec passion de ses mots.

Loulou Robert est l’auteure de Bianca (2016) et Hope (2017) . Sujet Inconnu est son troisième roman. Tous parus aux éditions Julliard

 

Lectio Letalis – Laurent Philipparie

dsc_00837737867264217627499.jpg

Parution : 17-01-2019
Éditeur : Éditions Belfond
Envoyé par : Bepolar

Résumé :
PARIS. Un assistant d’édition tout juste embauché se tranche les veines à la lecture du premier manuscrit qui lui est confié. C’est la troisième fois, en quelques semaines, que le même scénario-suicide se produit dans cette maison d’édition.
BORDEAUX. Le lieutenant Gabriel Barrias, ancien indic devenu flic, enquête sur l’assassinat d’un psychiatre massacré par un rapace, dans son cabinet, en pleine consultation.
Deux affaires éloignées en tout point, et pourtant. Un nom apparaît des deux côtés. Celui d’Anna Jeanson, qui fut dix ans plus tôt, l’unique survivante d’un suicide collectif survenu dans une secte dressant des animaux à tuer.

Mon avis : Le Lectio Letalis ou « Leçon de mort » est un titre bien évocateur pour ce polar saisissant et atypique. En effet, il n’est pas uniquement question de meurtres, de sang et de scènes de crime, non ! On plonge ici dans les abysses d’une secte. Nous avons affaire à de l’hypnose et à un livre tueur. À la limite du mysticisme et aux frontières de notre propre perception, on franchit cette ligne qui n’est plus notre réalité.
Il m’est difficile d’être concis dans cette chronique, d’arriver à susciter en vous l’envie de lire son histoire sans trop en dire tellement j’en ai adoré sa lecture. Je vais donc essayer, avec mes mots de vous en extraire l’essentiel.
Par où commencer? Par Paris, là où tout débute. Un assistant d’édition fraîchement embauché et heureux de concrétiser son rêve, se tranche les veines à la lecture du manuscrit qui lui a été confié. L’histoire est lancée. Après quelques recherches, les enquêteurs réalisent que c’est le troisième scénario-suicide survenu en l’espace de quelques semaines dans cette maison d’édition, avec pour dénominateur commun… ce manuscrit. La police creuse alors le passé de Paul Gerber, créateur et éditeur de cette maison du même nom.
Nous partons maintenant pour Bordeaux où nous faisons connaissance de Gabriel Barrias, ancien SDF et indic devenu flic. C’est un homme dont ses vieux démons lui rappellent sans cesse pourquoi il est sur cette terre. En véritable électron libre, toute sa vie est structurée autour de ses traumatismes. Attachant et détestable, il enquête sur le meurtre d’un psychiatre qui, pendant une consultation, va être massacré par un rapace. Gabriel voue un véritable culte pour les sectes ainsi que les regroupements sectaires. Qu’à cela ne tienne! Notre écorché va croiser la route de la mystérieuse et jolie jeune femme Anna Jeanson, qui détient en elle le lourd secret – pendant des siècles caché – de la langue adamique. Cette langue qui est capable de donner la mort, Anna en garde le code.C’est aussi une histoire de fauconniers qui, par des bas instincts quasi bestiaux, ne forment qu’une seule et même entité avec leur rapace. Ils n’ont qu’un seul but… Celui de tuer.

C’est aussi une histoire de fauconniers qui, par des bas instincts quasi bestiaux, ne forment qu’une seule et même entité avec leur rapace. Ils n’ont qu’un seul but… Celui de tuer.

En premier lieu et en lisant mon avis, vous pouvez vous dire que ce roman est un peu tiré par les cheveux. Il y a une secte, un livre tueur, un langue mystique, des fauconniers tueurs mais surtout un ancien SDF reconverti en flic, que ces deux enquêtes, celle de Paris et celle de Bordeaux n’ont absolument rien en commun, etc…. Et bien, après la lecture de Lectio Letalis de Laurent Philipparie, je peux vous certifier que son talent rend cette histoire très crédible. D’une plume maîtrisée et remplie de savoir, cet auteur nous invite dans un monde à part. Un monde qui n’est pas le nôtre, un univers qui fait peur et qu’on regarde souvent avec beaucoup de recul à la télévision… le monde des sectes. Tous les personnages ainsi que les lieux jouent une part importante dans la compréhension des nombreux événements. En bon métronome, Laurent Philipparie joue avec les rythmes, les dénouements et nos sensations.

Cette frontière entre le réel et le fantastique trouble le lecteur. C’est saisissant, c’est angoissant.

GROS COUP DE CŒUR 2019

Un élément perturbateur – Olivier Chantraine

Editions Gallimard : 24-08-2017
Collection Folio : 07-03-2019

Résumé : « Qu’est-ce que vous foutez dans mon bureau, me dit-il d’un ton suspicieux. C’était ouvert monsieur Krug, je venais vous voir. Bon, qu’est-ce que vous voulez, j’ai du travail, notamment à cause de vos chinoiseries.
Le Japon, je dis.
Ca fait une différence? s’énerve Krug. Je reste sans voix. J’hésite à lui répondre que le 6 août 1945 à huit heures quinze ça faisait une différence d’être à Pékin plutôt qu’à Hiroshima mais je ne dis rien »

Envoyé au Japon pour conclure une négociation cruciale, Serge fait capoter l’affaire. Sommé de réparer son erreur, le voici lancé dans l’opération de la dernière chance. Mais les déconvenues s’enchaînent.

Un premier roman à l’humour décapant qui illustre le rapport ambivalent du héros à la réussite, à la famille, au couple, et à tous types de discours dominants.

Mon avis : une histoire déjantée, rocambolesque à souhait qui, avec un humour corrosif, nous dévoile la partie cachée des dessous de la politique et des entreprises frauduleuses.
Serge Horowitz, notre personnage principale est en quelque sorte un élément perturbateur. Incapable de s’assumer, hypocondriaque, il vit une vie monotone aux crochets de sa sœur Hélène. Sa vie n’est faite que de rituels et d’habitudes sans aucune prise d’initiative ou d’une quelconque aide. Seule sa sœur, comme une mère, lui apporte son quotidien sur un plateau. il ne doit son métier, analyste financier chez Offshore Investment Company grâce à son ministre des finances de frère, François.

Serge a une certaine particularité, quelque peu handicapante, il est atteint d’un trouble de langage, l’aphasie, allant de la difficulté à trouver ses mots à une perte totale de la faculté de s’exprimer. En bref, un cou p de stress un peu trop fort et la parole disparaît. Très pratique quand l’entreprise est en pleine négociation avec une société japonaise.

Pour notre plus grand bonheur et notre malin plaisir, Serge fait tout capoter. Le scandale de plus chez Offshore Investment Company signé de sa main. Le voici désormais lancé dans l’opération de la dernière chance avec sa collègue Laura. Belle et jeune femme dynamique, écrasante, prête à tout pour gagner en estime et en évolution.

Ce roman est un savant mélange de relations familiales déchirées par un douloureux passé, des dessous de la politique et d’une société peu honorable. Cette comédie sarcastique bourrée d’humour et de péripéties nous fait du bien. La fin est d’autant plus rocambolesque que l’on s’aperçoit que la vie, malgré ses fracas, nous réserve parfois de belles surprises.

Un roman loin du coup de cœur mais que je recommande vivement pour son style, son décalage mais aussi pour sa vérité.

La maison – Vanessa Savage

share_temporary2566219346564681998.jpg

Éditeur : Éditions de la Martinière
Date de parution : 07-02-2019

Résumé : La maison où Patrick a passé toute sa jeunesse n’est pas une demeure comme les autres. Quinze ans plus tôt, elle a été le théâtre d’un drame inconcevable : toute une famille y a été retrouvée, massacrée. Patrick garde pourtant des souvenirs irremplaçables dans ces lieux, comme seule l’enfance sait en créer. Il décide de la racheter. Sa femme, Sarah, et leurs deux enfants s’y installent à contrecœur. Le délabrement, l’atmosphère sinistre qui colle à la maison oppressent Sarah. Ses psychoses reprennent, de plus en plus sombres. Des voisins épient chacun de ses mouvements. La tension monte.

Dans ce roman tortueux imprévisible, Vanessa Savage braque la lumière sur chacun des personnages, tour à tour. Patrick, Sarah – et le lecteur – sauront-ils résister à cette infernale spirale du doute et de l’enfermement? Et jusqu’où les entraînera-t-elle?

Mon avis :  Ne dit-on pas que les demeures renferment l’âme de ses habitants? Qu’elles conservent entre ses mûrs le passé de ses femmes, hommes et enfants? Est-ce que si nous prenons le temps d’écouter attentivement son flux d’air ou les craquements de son parquet, nous pouvons entendre la voix de ses secrets? Parfois, les murmures sont doux et remplis de bonté, tandis que d’autres ne sont que cris de détresse et de hurlement d’une vie trop froissée.
C’est malheureusement le cas pour cette maison victorienne de Seaview Road juste à quelques pas de Friars’ Bay au Royaume-Uni. Cette demeure au bord de l’eau où les embruns viennent caresser ses fenêtres a un passé plus que macabre et sera à jamais gravé par l’horreur et les hurlements. En effet, il y a quinze ans de cela, une famille aimante a été retrouvée massacrée. Le tueur est arrêté, il croupit en prison mais la maison garde en elle les cris et le sang trop de fois coulé. Pourtant, c’est ici que Sarah et Patrick décident de prendre un nouveau départ.
Patrick, un homme rangé, a vécu une jeunesse merveilleuse dans cette maison. Il décide de la racheter pour recréer cette atmosphère idyllique avec ses doux souvenirs de jeune garçon. Bien qu’il s’enthousiasme à l’idée d’y revivre, entouré de sa famille. Sarah et leurs enfants, Joe et Mia, sont quant à eux plus que réticents à l’idée de dormir dans la maison du crime – comme les habitants la prénomment. Mais devant la forte insistance de Patrick et ses arguments en béton, Sarah capitule (par amour) et utilise l’héritage de sa défunte mère pour mener à bien le projet de faire revivre cette maison trop longtemps abandonnée.
Le temps passe et les sourires et les joies s’effacent. Est-le demeure qui est à l’origine de ces changements brutaux de comportements? Les murs sont-ils hantés par cette famille massacrée au point de ne plus pouvoir y dormir? Entre le changement d’humeur de Patrick, la peur des enfants et la paranoïa grandissante de Sarah, nous nous retrouvons littéralement enfermés entre ces murs. L’angoisse nous prend sans véritablement nous lâcher.
Sarah se sent désormais épiée, on lui dépose de mystérieux objets sur le pas de leur porte, des jouets d’enfants, des coquillages… Que représentent-ils? Qu’est-ce que cela signifie? Le tueur rode-t-il dans les parages? Aux dernières nouvelles, celui-ci a été libéré de prison. Au fur et à mesure, l’envers du décor nous dévoile un tableau lugubre de trahison et de mensonges à la limite de la folie et de l’enfermement. 

Nous croyons connaître les gens qui nous entourent….

D’une fluide écriture, Vanessa Savage nous lâche dans les méandres de pensées psychotiques. C’est pour moi un très bon thriller psychologique où la manipulation et la perversion s’immiscent dans chaque interstice, dans chaque recoin de cette maison, de ses personnages mais aussi dans notre tête. Ça donne un flou étrange qui rend ce roman plus qu’exaltant.   

 

Un immense merci aux Editions de la Martinière pour cette découverte et cet envoi. Vous retrouverez également mon article sur le site de BePolar et bien évidemment sur mon compte Instagram.

Je vous souhaite une excellente lecture.      

L’étranger dans la maison – Shari Lapena

dsc_00671259264827348465060.jpg

Parution le : 17-01-2019
Éditeur : Presses de la cité

Résumé :  Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d’amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu’un s’introduit en leur absence dans la maison…

Mon avis : Nous croyons souvent qu’avoir une belle maison, une situation confortable et une femme ou un homme qui nous a dit « oui » pour la vie et qu’on aime en retour sont les ingrédients essentiels et indispensables pour une vie droite et épanouie. N’est-ce pas ces vies lisses et édulcorées qui cachent le plus souvent des secrets inavouables ? Ou ces trompeuses apparences se cachent sous des insignifiantes parties de notre quotidien. Mais il suffit d’un moment, d’une simple soirée en somme banale pour que le voile se lève sur une réalité bien plus angoissante… Rideau !!!!
C’est le cas pour Tom et Karen. Il n’a suffit de pas grand chose pour que tout bascule et que leur vie prenne un tournant à 360° et change totalement l’ordre de leur petite vie rêvée.
Un soir, alors que Tom rentre de sa journée de travail, il découvre avec surprise que la maison qu’il partage avec sa femme Karen est vide malgré les lumières allumées, le repas en cours de préparation. Une maison vivante sans personne pour y donner une véritable âme… Tom s’agace, il s’inquiète puis il a peur. Où se trouve sa femme ? Elle n’a pas pu s’enfuir de la maison en laissant tout ce bazar. Ce n’est pas son genre, elle qui est si rangée, si organisée sans aucun accroc. Après quelques coups de téléphone, pris dans l’urgence de la panique, Tom réalise avec effroi par le biais d’inspecteurs de police, qui sont venus taper à sa porte, que Karen a eu un grave accident de la route. Sa voiture, roulant à toute vitesse, a percuté un poteau dans un quartier sombre de New-York où en parallèle un cadavre est trouvé dans un restaurant abandonné. Elle est à l’hôpital, atteinte d’une amnésie temporaire… Elle ne se souvient de rien.

Que faisait-elle dans cet endroit? Pourquoi roulait-elle aussi vite?

Tom se questionne : il va réaliser avec le temps que d’autres questions vont faire surface et que certaines réponses vont être comme un poignard saignant son cœur. Leur couple se fissure. Karen, depuis son retour de l’hôpital, voit des objets qui mystérieusement bougent dans leur maison. Un verre déplacé, un dessus de lit froissé, le bouchon d’un flacon de parfum déposé sur le côté. Sont-ce de simples oublis dus à son amnésie ? Karen est persuadée du contraire. Peut-être que quelqu’un rentre chez eux en leur absence. Une enquête en cours fait resurgir un passé pas très glorieux de Karen que Tom se prend en pleine figure…. Vont-ils arriver à surmonter tout ça ? Qui se cache derrière l’étranger de la maison ?

Un lien sera vite établi entre Karen, son accident et le cadavre d’un homme…

En bref : Je ne connaissais pas cette autrice Shari Lapena et j’en suis agréablement surpris. D’une écriture qui nous prend aux tripes, rocambolesque à souhait, Shari Lapena manipule le lecteur avec talent pour le conduire dans des contrées lointaines, et le ramener subitement et sans s’y attendre, là où elle l’a décidé. Un roman débordant d’angoisse et de suspense qui une fois terminé, vous oblige à surveiller vos arrières 😀

Cependant et malgré une lecture surprenante et stressante (nous aimons cela dans le polar, qu’on se le dise), je n’ai pas eu LE coup de cœur. Je ne sais pour quelle raison mais elle ne tient qu’à moi. Je suis persuadé que ce roman sera LE coup de cœur absolu d’un bon nombre de lecteur