Publié dans Romans étrangers

My absolute darling – Gabriel Tallent

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Résumé : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par une amitié naissance, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Mon avis : Voilà un roman bien étrange au récit poignant et complexe. Complexe par l’histoire et la psychologie des personnages. Nous savons uniquement que tout se passe en Amérique, plus précisément en Caroline. Et c’est tout!!! Le temps s’est alors arrêté, nous n’avons aucune chronologie, aucun détail. Est-ce une histoire qui se déroule à notre époque? Ou au siècle dernier? Un simple mot à la fin du roman peut nous mettre sur une piste mais la quintessence de ce livre se situe hors du temps…
Pauvre petite Turtle, Croquette ou Julia. Trois prénoms pour une seule et même jeune fille, enfermée là, dans une demeure presque sordide, avec pour schéma parental une mère longtemps disparue, un grand-père au dernier chapitre de sa vie et un père castrateur et dominant. Sa relation avec ce dernier est lourde de questionnements, leur amour quant à lui est ambigu. Beaucoup de tabous sont ici soulevés. Des sentiments ambivalents nous traversent tout au long de la lecture. Pour tout vous avouer, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. L’écriture y est particulière et parfois répétitive, et ces lourdeurs m’ont quelque peu laissé vague dans la compréhension du texte. Mon attachement pour cette jeune fille sauvage, indomptable et presque animale était cependant bien plus fort, grâce à sa force, à son désir de liberté et à son envie d’y arriver. Voilà un roman qui m’a bouleversé, qui m’a prit aux tripes. L’histoire y est poignante, les personnages déroutants et le récit bien ficelé malgré ces longueurs et ces répétitions. Il y a des livres qui nous marquent, et celui-ci en fait désormais parti.
Je ne sais que dire. J’ai lu et j’ai adoré. C’est à vous de vous faire votre propre idée et je ne veux en aucun cas vous influencer. Sachez que ce roman est bouleversant, nous parlons ici de relations incestueuses et de violence envers un mineur. Cela touche nos idéaux et soulève un des plus grand tabou de notre société.

Extrait choisi : Turtle se réveille, de l’eau perle sur ces cils, elle la fait tomber d’un battement de paupières, et s’assied dans le trou de sable froid. Son dos est douloureux, enflé et la rend nauséeuse. Ses mains sont collées à sa chemise. Le brouillard dévore tout. Elle entend les vagues pousser les galets et les attirer à nouveau vers le large, et elle distingue la ligne sombre de l’océan, rien d’autre. Il n’y a pas de soleil, rien qu’une lumière grise et diffuse, le sable et noir et luisant, à l’exception de l’arrondi blanc des oursins plats. La rosée se condense autour d’eux. Elle trempe ses cheveux…

Quelques mots sur l’auteur : Gabriel Tallent est né en 1987, au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il a mis huit ans à écrire MY ABSOLUTE DARLING qui a aussitôt été encensé par la critique. Son premier roman est publié chez GALLMEISTER

« Le terme de chef-d’oeuvre est bien trop galvaudé, mais il ne fait aucun doute que My Absolute Darling en est un. »  Stephen King 

😉

Publié dans Romans contemporains

Lithium – Aurélien Gougaud

Aurélien Gougaud Lithium

Résumé : Elle, vingt-trois ans, enfant de la consommation et des réseaux sociaux, noie ses craintes dans l’alcool, le sexe et la fête, sans se préoccuper du lendemain, un principe de vie. Il vient de terminer ses études et travaille sans passion dans une société où l’argent est roi. Pour eux, ni passé, ni avenir. Perdus et désenchantés, deux jeunes d’aujourd’hui qui cherchent à se réinventer.

Mon avis : On ne connaîtra jamais leur prénom. Tout au long du roman, on les nommera par Elle et Lui. Histoire de mettre une distance envers ces jeunes protagonistes ou tout simplement, pouvoir s’identifier à eux beaucoup plus facilement. Car ce sont eux qui reflètent le mieux notre société, notre air, notre génération. Ceux qui ne connaissent plus le goût du rêve et de l’ambition. Ils sont devenus purs produits de consommation, mais ils aiment ça. C’est normal me direz-vous. Ils ne connaissent que ce schéma. Le récit se déroule sur Paris, on y découvre ou redécouvre ses rues, ses avenues et ses quartiers. Ils évoluent ici, sans passé ni avenir. Leur vie se module uniquement au présent. La construction du roman est classique : nos compagnons du voyage évoluent en courts chapitres. Il n’y a aucun suspense, peu de rebondissements mais la structure et l’histoire qui en découle sont très intéressantes. Le reflet de cette vie décadente au parfum désenchanté et très fidèle à notre réalité. Il suffit parfois de s’installer sur un banc, ou sur une terrasse d’un café, regarder les gens qui passent et comprendre leurs errances. Est-ce la société qui nous inflige cette difficulté à nous accomplir? À nous épanouir? Et avoir le droit de sourire? Ce roman est loin d’être noir bien au contraire. On note l’envie de ces jeunes gens à se réinventer, arrêter de se chercher pour enfin se découvrir.
Un texte d’une grande finesse et de qualité pour le premier roman d’un jeune écrivain.

Roman paru aux éditions Albin Michel

Quelques mots sur l’auteur : Aurélien Gougaud a travaillé à la radio et compose de la musique électro. Son père est le conteur et poète Henri Gougaud qui dirige les collections « La Mémoire des sources » et « Contes des sages » aux éditions du Seuil.

« Lithium » sorti en 2016 est son premier roman.

Qu’est-ce que le Lithium? Je vous conseille de voir juste ICI chez Wikipédia ;-D

Amicalement vôtre

Hanae

Publié dans littérature japonaise

Le poids des secrets – Aki Shimazaki

AKI SHIMAZAKI

Dans cet article, je vais vous parler de ma forte attirance pour la littérature japonaise. Tout d’abord, sachez que je voue une véritable admiration pour la culture japonaise. J’aime leur nourriture, leur savoir-vivre, leur savoir-être, leur respect face aux autres et à la nature. Ils ont une façon bien spécifique d’appréhender la vie, la mort… Comme l’a si bien évoqué Amélie Nothomb dans son roman La nostalgie heureuse  littéralement Natsukashii. C’est un concept typiquement japonais : pour les nippons, la nostalgie, contrairement à nous occidentaux, est heureuse. « L’instant où le beau souvenir revient à la mémoire et l’emplit de douceur » dixit Amélie. Cette attirance pour cette civilisation ne date pas d’hier. Elle est ancrée dans mes idéaux depuis des lustres et me suit partout. Je me sent parfois super Kawaii!!!. Quoi de mieux pour vous parler de la littérature japonaise en vous présentant ici l’oeuvre d’Aki Shimazaki le poids des secrets. Avant tout une petite présentation de l’auteure s’impose.

Aki Shimazaki est une japonaise de nationalité Québécoise qui est née au Japon en 1954 à Gifu au centre du pays. Elle vit à Montréal depuis 1991. Après des années dans une société d’informatique à Vancouver. Elle s’installe dans la province du Québec. Femme de lettres, elle donne des cours de japonais et de français. Le poids des secrets  est le premier cycle de son oeuvre qui compose trois pentalogies.

Le premier cycle dont je vais vous parler maintenant est une pentalogie qui explore la psyché nippone contemporaine dans ses tabous et ses mensonges, au cœur desquels ses personnages se débattent pour retrouver liberté et dignité. Elle se décrit donc en cinq courts romans TsubakiHamaguriTsubameWasurenagusaHotaru.

TSUBAKI :

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko raconte le quotidien d’une adolescente pendant la Seconde Guerre mondiale, son déménagement à Nagasaki avec ses parents, le travail à l’usine, les amitiés et les amours naissantes avec son voisin. En révélant peu à peu une trame familiale nouée par les mensonges de son père, elle confesse les motifs qui l’ont poussée à commettre un meurtre, quelques heures avant que la bombe atomique tombe sur la ville.

HAMAGURI :

De naissance illégitime, Yukio est un enfant puis un adolescent solitaire. À Nagasaki, il partage sa vie avec sa mère et le mari de celle-ci. Pendant la guerre, il  trouve un peu de quiétude dans la forêt de bambous avec sa seule amie, sa voisine Yukiko, dont il est devenu amoureux et à qui il confie son désir de revoir sa demi-sœur. Ce n’est que des années après avoir perdu la trace de ce premier amour et sans jamais avoir retrouvé sa sœur qu’il pourra enfin attacher les fils du souvenir à ceux de la réalité.

TSUBAME :

Lors du tremblement de terre de 1923, les japonais profitent de la confusion pour exterminer les ressortissants coréens. Enfant illégitime, Yonhi n’a que douze ans à cette époque et se voit confiée à un prêtre, à l’abri de la tourmente. Sa mère ne reviendra jamais, pas plus que son oncle, et la petite devra désormais porter un nom japonais, Mariko. Coupée de son histoire familiale, l’ayant toute sa vie cachée à son propre fils, à ses petits-enfants et même à son défunt mari, elle en élucide un élément fondamental, l’identité de son père, en rencontrant une dame qui traduit pour elle le journal laissé par sa mère.

WASURENAGUSA :

Infertile, Kenji Takahashi n’a pu perpétuer la lignée de sa noble ascendance. Après un premier mariage pourri par les convenances, il a tourné le dos à son héritage, à ses parents, et a choisi malgré eux d’épouser Mariko et d’adopter son fils naturel. Entouré de sa famille, il est maintenant un vieil homme heureux, mais affaibli par les travaux forcés en Sibérie. Or, le hasard et les conversations avec son partenaire d’échecs le ramènent à des souvenirs liés à ses choix. Il pense surtout à Sono, sa nurse, et c’est en visitant un temple pour y voir la tombe de celle-ci qu’il découvre une autre part de vérité sur ses origines.

HOTARU :

Tsubaki est très attachée à sa grand-mère, Mariko Takahashi, dont les jours sont désormais comptés. Alors que la jeune femme se sent prête à succomber aux lueurs du désir, la vieille dame lui fait des révélations troublantes sur sa propre innocence abusée. L’étudiante apprend alors le lourd secret dont jamais encore sa grand-mère n’avait parlé, pas même à son défunt mari, non plus qu’à son fils, le père de Tsubaki.

Son oeuvre est publiée en France chez Leméac/Actes Sud

Mon avis : Cela n’engage que moi bien entendu mais je trouve que la plume de Aki Shimazaki est sans fioritures, l’écriture est d’une simplicité à la limite de l’extravagance. Avec une pudeur apparente, nous plongeons dans un univers rempli de paradoxes, de questionnements et de vérités cachées. On plonge inévitablement dans les eaux troubles de tous ces destins croisés. De la philosophie à la métaphysique, de la fantasmagorie à la réalité. Où que nous soyons, nous faisons face à la stricte vérité. Tout l’art de la littérature japonaise. Quelle merveilleuse lecture que nous offre ici cette écrivaine. Vous souhaitez vous initier à ce genre? Pourquoi ne pas commencer par ce chef d’oeuvre? Vous ne pourrez en être que conquis.

Amicalement vôtre

Hanae

Publié dans polar

Sans l’ombre d’un témoin – Elizabeth George

Elizabeth Georges

Résumé : Londres. Une série de crimes atroces visent de jeunes adolescents métis des quartiers défavorisés, tous torturés selon un rituel macabre. Désireuse de boucler cette affaire au plus vite, Scotland Yard confie l’enquête à l’inspecteur Thomas Lynley et à sa fidèle adjointe Barbara Havers, contraints cette fois-ci de faire équipe avec un psychologue et un énigmatique sergent. C’est le début d’une véritable plongée au cœur des bas-fonds londoniens où un serial killer s’apprête à accomplir son grand oeuvre…

Mon avis : C’est toujours pour moi un plaisir de retrouver cet auteur. Elizabeth George, écrivain prolifique, Papesse des romans policiers dont l’écriture me tient sans cesse en haleine. Presque mille pages de suspens, d’intrigue dont l’histoire est parfaitement maîtrisée. On retrouve Barbara Havers un agent pas tout à fait comme les autres, dont les problèmes avec la hiérarchie, la vie plutôt malsaine et un langage extrêmement familier, nous inspire la compassion, l’amitié mais aussi l’agacement. Thomas Lynley, policier pointilleux issue de l’aristocratie britannique est quelque peu exigeant sur les bonnes manières et les traditions. Un véritable duo de choc mais contre toute attente fonctionne. Ces personnages sont pour moi un atout majeur aux romans de cette écrivaine. Une étude très élaborée de Londres et de ses recoins narrée par un auteur américain nous donne déjà une description très précise et pointue des lieux. C’est une invitation au voyage. On ferme les yeux et on s’y croirait presque. Une lecture qui pour moi a été captivante, solide et riche. Ce qui est passionnant dans les romans d’Elisabeth Georges c’est que les personnages évoluent au fil des livres. Jamais totalement les mêmes que dans les récits précédents mais dans une continuité psychologique certaine. Nous les retrouvons comme de vieux amis et le fait que chaque roman soit un pavé installe le récit dans la durée ce qui ajoute du plaisir à chaque lecture. Ce n’est pas le premier roman que je lis de cette écrivaine mais je peux dire que pour l’instant c’est celui qui m’a le plus marqué de par l’histoire où trois thèmes sociaux sont abordés -1) le racisme institutionnel -2) la place des médias dans une enquête -3) les réseaux pédophiles – de par le suspens (on ne sait jamais où les scènes vont nous amener), de par l’intrigue mais aussi par les rebondissements. J’ai eu beau me creuser les méninges pour avoir une vague idée de l’identité du coupable et bien… Je vous conseille de le lire.

Extrait choisi : Lorsqu’elle coupa le contact ce soir-là, Barbara Havers resta dans la Mini, écoutant tristement le moteur qui crachait. Elle appuya la tête contre le volant. Elle était claquée. Bizarre de penser qu’il était plus fatigant de passer des heures sur l’ordinateur et au téléphone qu’à sillonner Londres à la recherche de témoins, suspects, rapports et autres éléments, et pourtant c’était le cas. Fixer un écran de terminal, lire et surligner des listing, débiter le même monologue à des parents désespérés lui donnait une furieuse envie de haricots blancs à la sauce tomate – apportez-moi une boîte de Heinz, cet ultime réconfort – et de s’allonger sur le lit avec la télécommande. En un mot, elle n’avait pas eu un instant de répit au cours de ces deux premiers jours interminables.

Quelques mots sur l’auteur : Elizabeth George est une écrivaine d’origine américaine. Elle est renommée pour ses ouvrages dans la pure tradition du whodunit* britannique. Auteure prolifique, son oeuvre se compose d’une vingtaine de romans. Sans l’ombre d’un témoin est son treizième opus paru en 2005 aux éditions Presse de la cité

* synonyme du roman d’énigme classique du début du xxe siècle).

Publié dans Romans contemporains

Le sens de la nuit – Nicolas Bréhal

Le sens de la nuit Nicolas Bréhal

Résumé : Pour certains esprits sensibles, la fin du jour est un passage qui révèle la dualité du clair et de l’obscur, du connu et de l’inconnu. Mais à d’autres, qui sont franchement bouleversés, ce mystérieux passage dénonce un combat plus ambigu encore: le pur contre l’amour, le bien contre le mal. Le sens de la nuit cerne l’inconscient d’un assassin, son malheur à tuer. Il analyse le dédoublement magique de Gaspard, la schizophrénie insidieuse qui l’amène à se glisser dans le crime comme dans un « sommeil oublieux ».

Mon avis : Parfois, il y des livres que l’on achète et que l’on oublie, cachés dans un recoin de notre bibliothèque, ils sont là, patientant sagement que l’on s’y intéresse, que l’on prenne le temps de les toucher, de les sentir et surtout, de les lire. Je me souviens très bien de ce jour où, j’avais terminé un roman et comme un compulsif affamé, il m’en fallait un autre. Mais lequel choisir? Je parcours ma bibliothèque, de mes doigts, je les touche un par un. Non, pas celui-là! Déjà lu! Pourquoi pas celui-ci! Non, je ne suis pas en phase de le lire pour le moment! Quand, Le sens de la nuit apparaît à moi, dans un recoin légèrement en retrait, pas aligné, reclus des autres livres. Voilà un titre intéressant qui pique ma curiosité. Depuis quand ai-je ce roman? Je n’avais aucun souvenir d’avoir en ma possession un livre de ce genre. Je m’arrête un instant sur cette photo, cette jeune femme visiblement désemparée en pleine rue dont le flou de cet instant nous cache une évidente vérité. Je pousse le vice et je le retourne, je lis le résumé, le relis une deuxième fois et me voilà conquis. Après deux jours d’une lecture intense où j’ai pu, grâce à la plume de Nicolas Bréhal, parcourir toute une palette d’émotions, je peux vous dire désormais que ce roman a marqué mon année 2017. Le roman se déroule à Paris, dans un été où il y fait particulièrement chaud, il est question de plusieurs personnages, ils se connaissent peu voir pas du tout mais ils sont liés par une seule et même dualité. Il y a Marge, jeune femme à la dérive, amoureuse de Thomas et amie de Sabine, autre oiseau rebelle des nuits parisiennes sans oublier Marcus, chauffeur de taxi travaillant exclusivement le soir venu. Comment tous ces personnages et quelques innocentes victimes découpées au couteau vont-ils se télescoper dans la danse de folie meurtrière orchestrée par Gaspard? Gaspard, fils d’un aveugle, se sentant lui-même enfant de la nuit, notre assassin «lâche et romantique» nous est décrit au hasard des pérégrinations de notre amie Marge. Un testament littéraire qui serre la gorge. Bref, un roman déroutant, parfois dérangeant, qui décrit dans une précision presque chirurgicale les bas-fonds de la folie, du désarroi mais aussi de l’amour. N’est-ce pas ça la littérature? Un roman qui dénote et nous pousse aux questionnements? Quoi de mieux que les maux de notre société pour révéler une parcelle de notre mal-être? C’est un roman noir mais paradoxalement plein d’espoir. Je vous conseille vivement cette lecture. Depuis ce jour, ce roman a une place beaucoup plus évidente dans ma bibliothèque 😉

Extrait choisi : Première nocturne : Depuis des années, la fin du jour condamnait Marge à une petite mort. Quand le soleil sombrait, elle se rendait compte combien son existence était vague, nuageuse, fragile, et son anxiété incommunicable. Pendant quelques instants, où qu’elle fût, Marge s’éclipsait. J’ai approché un assassin qui, dans la tradition des grands monstres du crime, devenait fou à la tombé du soir. « Le crépuscule excite les fous » écrit Baudelaire dans l’un de ses petits poèmes en prose; puis il évoque la nuit comme un vrai moment d’espoir et d’apaisement. (Faut-il le croire?…)

Quelques mots sur l’auteur : Gérald Solnitzki dit Nicolas Bréhal, né à Paris le 6 décembre 1952, mort à Levallois-Perret le 31 mai 1999 est un écrivain français, lauréat du Prix Renaudot en 1993 pour Les corps célestes. Le sens de la nuit est son huitième et dernier roman paru en 1999 aux éditions Gallimard.