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Psycho Killer – Keith Ablow

Parution : 30/09/2000
Éditeur : Éditions du Rocher / Pocket 

Résumé : Contre les barreaux de sa cellule, le docteur Trevor Lucas tente de briser son bras droit qu’il dit possédé par Satan. À Lynn, petite ville voisine de Boston, le procès Lucas défraye la chronique : quatre des patients du chirurgien ont été sauvagement assassinés… Le commissaire Emma Hancock, qui privilégie la piste du plagiaire, fait appel à Frank Clevenger, un ami psychiatre dont la brillante carrière a été détruite par la cocaïne. Mais ce qu’elle ignore, c’est que Clevenger partage un terrible secret avec le docteur Lucas : ils connaissent tous deux le véritable coupable… Alors, quand le chirurgien, avec l’aide d’une horde de tueurs psychopathes, prend l’hôpital en otage et réclame la présence de Clevenger, le psychiatre comprend qu’il va devoir régler ses comptes avec le passé. Il accepte de se rendre dans l’antre de l’enfer pour négocier avec Lucas, tout en luttant contre un danger encore plus grand : ses propres démons…

Mon avis : Ah ! Keith Ablow, cet homme est fou. Pour notre plus grand bonheur.
Je vous souhaite la bienvenue dans la folie. Mettez de côté votre propre réalité, laissez entre parenthèses votre propre perception, installez-vous confortablement dans votre canapé et laissez-vous guider par les histoires psychologiquement perturbées de cet auteur. Je vous souhaite une agréable descente aux enfers. 😉

Nous retrouvons dans cet opus, Frank Clevenger, psychiatre de renom aux penchants plutôt… non conventionnels. En chassant les démons de ses patients, Clevenger dompte les siens, c’est dire sur la complexité du personnage. Même si ce roman n’est pas le meilleur de Keith Ablow (je note mes coups de cœur comme Psychopathe ou l’Architecte) nous pouvons quand même nous poser des questions comme Qu’est-ce que la folie? Où se situe la frontière entre le bien et le mal? Mais dans ce roman nous pouvons aller encore plus loin : Croyez-vous qu’il puisse exister des hommes persuadés qu’une partie de leur corps est possédée par une entité démoniaque qui puissent les pousser à tuer? Peut-on imaginer qu’une personne, pour se libérer de cette possession, s’ampute délibérément le membre pour retrouver un semblant de libération? Cet homme serait-il fou ou menteur? Serait-il dans le déni en prétextant que c’est le diable qui tue et non sa propre main? Je laisse toutes ces questions en suspens. L’Homme est bien trop complexe pour pouvoir, ici, y apporter un semblant de réponse. Quoi qu’il en soit, on plonge, tête la première, dans ce qu’il y a de plus sombre… Chez nous.
Frank Clevenger va devoir faire preuve de beaucoup de dextérité et utiliser à bon escient son expertise de psychiatre pour dénouer cette affaire. Comme je vous ai cité plus haut, Clevenger est un grand psychiatre qui travaille en étroite collaboration avec la police. Il est plutôt très à l’aise avec les troubles psychotiques et il a réussi à mettre un grand nombre de psychopathes, sociopathes et schizophrènes derrière les barreaux. Mais ici, la tache sera d’autant plus compliquée que Clevenger et Lucas ont un passé en commun et lorsque la vérité éclate, l’intégrité en prend un sacré coup.

Psycho Killer parle de sexe, de drogue, de folie et de sang. Un véritable cocktail pour les amateurs de sensations fortes. Le seul bémol que je peux apporter à ce roman est que l’on se doute aisément des enchaînements des événements, mais j’ai été happé par la fluidité et le rythme soutenu de Psycho Killer. Loin d’être un coup de cœur, cet opus reste un excellent thriller.

Note de l’éditeur : « Psycho Killer est un roman criminel sans équivalent. C’est comme si vous passiez une semaine dans un asile de dingues, comme une visite guidée dans la tête d’un psychopathe.« 

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Psychopathe – Keith Ablow

 

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Résumé : « Docteur Clevenger, le sang des autres me couvre et me souille, pourtant mon cœur n’est pas dénué de bonté. Je n’ai pas de raison de tuer, mais je ne peux pas m’empêcher de le faire. Mon désir dévorant de la vie des autres est plus grande que l’envie de nourriture, de sexe ou de savoir. Il est irrésistible. »
Que faire lorsqu’un psychopathe croit pouvoir se délivrer de ses propres démons en provoquant les confessions de ses victimes? Que faire face à un meurtrier insaisissable, surnommé « le tueur des autoroutes », qui élimine par empathie ses proies lorsqu’elles refusent de se confier davantage? Un homme qui sait pourtant ouvrir toutes les barrières mentales, qui pleure en les égorgeant et se conduit au quotidien comme le plus charmant des compagnons… Franck Clevenger, docteur en psychiatrie régulièrement sollicité par le FBI, se retrouve confronté à un cas particulièrement effrayant de schizophrénie. L’homme qu’il traque est un nomade, un psychiatre comme lui, un double en négatif de ce qu’il pourrait être…

Mon avis : Avant toutes choses: J’ADORE KEITH ABLOW!!! J’ai lu ce roman il y a quelques années maintenant mais son histoire est bien ancrée dans les abysses de ma conscience car j’ai été happé par son récit, par ses protagonistes et surtout par sa complexité. Nous sommes ici dans les bas-fonds émotionnels d’un tueur, nos rentrons littéralement dans son esprit comme si notre propre regard devenait le sien. C’était parfois déroutant tellement les descriptions y sont précises, presque réelles… Nous nous introduisons dans un duel psychique entre un grand et renommé psychiatre expert en criminologie et un psychopathe schizophrène à la personnalité exacerbée qui soigne les autres, se repaît de leurs histoires avec un talent tel qu’il parvient à inspirer une confiance naturelle et quasi immédiate. Les deux hommes sont rusés, intelligents et manipulateurs. Leur frontière est floue, presque invisible. Le bien contre le mal, le jour affrontant la nuit jusqu’au moment où ces personnages ne savent plus dans quel camp se ranger. Le style de ce roman est vraiment plaisant. Il y a de nombreux avantages comme par exemple avoir des psychiatres comme protagonistes, cela nous donne des détails sur les personnalités psychotiques au fils du roman, ça enrichit et donne plus de profondeur au récit et surtout d’avoir comme tueur…
Bon je ne peux pas vous en divulguer d’avantages. Je veux vous laisser sur cette fin. Il vous suffit juste de vous procurer ce petit chef d’oeuvre pour en connaitre le dénouement. Ce roman a était une très jolie révélation. C’est le deuxième polar qui m’a le plus fasciné.

Le premier? Je vous laisser jeter un œil à l’article que je lui ai dédié 😉 C’est juste ICI

Extrait choisi : La Dixième Symphonie de Malher passait sur la stéréo de la BMW X5, mais la sérénité de ce morceau ne parvenait pas à apaiser Jonah. Sous l’effet de la fureur, sa peau était bouillante. Les paumes de ses mains, sur le volant brûlaient. Son cœur cognait, pompait plus de sang à chaque battement, engorgeait son aorte, dilatait sa carotides, si bien que l’intérieur de son crâne, quelque part dans les lobes temporaux de son cerveau, palpitait. Il s’aperçut qu’un flot enivrant d’oxygène, dans les profondeurs de son être, l’attirait irrésistiblement en lui-même. Le désir dévorant de tuer débutait toujours de cette façon et il croyait toujours qu’il parviendrait à le contrôler, à le soumettre en le chevauchant sur une autoroute interminable, comme son grand-père brisait les poulains nerveux dans le ranch des plaines de l’Arizona où Jonah avait passé son adolescence. Sa psychopathie était si rusée qu’elle parvenait à le persuader qu’il était plus fort qu’elle, que ce qu’il y avait de bon en lui pouvait vaincre le mal. Et il le croyait toujours, alors qu’il avait abandonné seize cadavres au bord des autoroutes.

Quelques mots sur l’auteur : L’américain Keith Ablow est un expert en psychiatrie criminelle. Il est l’auteur de six romans mettant en scène le personnage récurent de Franck Clevenger, lui aussi psychiatre régulièrement consulté pour les enquête les plus dures. Salué par James Ellory ( Les assasins, les anonymes...) et Dennis Lehane ( Un dernier verre avant la guerre, Gone, Baby, gone…) comme l’une des grandes révélations du thriller de ces dernières années. Keith Ablow est traduit en France par les éditions du Rocher.