Publié dans Romans étrangers

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Éditeur : Slatkine & Cie
Parution : 02/06/2016

Résumé : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminita, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et sans ses bras, l’amour?

Mon avis : Le gang des rêves où comment passer des nuits blanches. Il m’est difficile de trouver les mots. Ces mots justes, ces mots fins, ces mots d’amour qui arriveront, avec justesse, à résumer ce chef d’oeuvre. Car oui, c’est un chef d’oeuvre !
Ce roman, avec droiture, m’a transpercé, m’a cloué par son réalisme, sa dureté, sa générosité et par ses espoirs. Il a réussit à me pousser loin de mes retranchement, il m’a sorti de ma zone de confort pour m’amener loin, très loin, grâce à sa force et sa rage.

Le gang des rêves , ce roman qui laissera à jamais gravé en moi, sa marque, son splendide et son ivresse. Luca Di Fulvio nous offre ici une grande et riche fresque romanesque.

Nous sommes au début du 20ème siècle, en Sicile où Cetta Luminita, belle jeune femme vit, auprès d’une famille de paysan avec un père absent et une mère jalouse. Jalouse de sa propre fille, de son propre sang, de sa propre chair. Cette hideuse jalousie qui va pousser la mère a mutiler sa fille pour la rendre moins jolie, moins désirable. Pour éviter tous ces regards que les hommes posent sur elle. Est-ce par cruauté?  Par protection ? Ou est-ce la jalousie qui prend une place bien trop importante dans le cœur d’une mère?  Ce stratagème n’aura que peut d’effet sur la naturelle beauté de Cetta qui, est l’histoire comme là, se fera violer au milieu d’un champs par un homme noyé dans ses propres pulsions. Cetta portera, dans son ventre, le fruit de cette agression mais décidera, par une force insoupçonnée, de garder l’enfant et de fuir ce pays, qui l’emprisonne et l’empêche de voir au-delà de l’horizon. Cetta quittera donc sa terre pour partir vivre le « rêve américain ». Elle choisira donc New York car là-bas on devient quelqu’un, on devient plus grand. Elle part donc, sans se retourner et va devoir user de son corps et de ses charmes pour régler le voyage. Elle va pouvoir enfin vivre.

Remettons-nous un instant dans le contexte historique du roman. Nous sommes en 1920, New-York vient seulement de naître mais c’est aussi la naissance de la ségrégation sociale et raciale, des rivalités de gangs. Cetta et Christmas, son fils, vont devoir se faire une place dans cette jungle urbaine qui ne cesse de bousculer les codes. Christmas va grandir au milieu de ce tumulte et Cetta n’aura d’autre choix que de se prostituer pour survivre. Difficile pour un enfant d’avoir une mère catin et un géniteur violeur n’est-ce pas ? Mais Cetta est une femme forte, courageuse et respectable. Elle va offrir à son fils des valeurs qui le suivront toute sa vie. Celle ne ne pas se sentir étranger et surtout de respecter coûte que coûte les femmes. Valeurs que va suivre, à la lettre, Christmas.

Le gang des rêves c’est aussi une rencontre d’amour évidente, entre Christmas et Ruth, mais cette amour impossible de part leur race qui les oppose (Christmas italien, Ruth juive), et de part leur statut sociale qui les diffère (lui pauvre, et elle riche). leur rencontre naîtra dans le sang, le traumatisme et la peur. Mais rien n’arrête l’amour et la détermination de Christmas. Jeune homme vif et intelligent.

Le gang des rêves c’est aussi le portrait de plusieurs vies, d’aventures humaines, d’amours impossibles, de joies et de peines. Mais c’est aussi le tableau aux riches couleurs de rêves, ceux qui nous permette de nous accrocher à la vie et qui nous cesse de nous rappeler nos véritables valeurs, l’essence même de l’Homme et qui donne une raison à notre propre existence.

Je ne peux vous en dire davantage. Ce romane st un véritable coup de foudre et les coup de foudre il y en a peu. On doit donc le déposer dans toutes les mains pour se remplir de sa force. Ce roman se lit comme une saga et une fois que l’on tombe dedans, c’est comme une drogue, on ne le lâche plus.

Publié dans littératures françaises

L’inversion du Gulf Stream – Fabrice Chêne

L'inversion du Gulf Stream Fabrice chène

L’inversion du Gulf Stream parut aux éditions Gallimard collection l’Arpenteur

Résumé : « … Nate est parti, Nate m’a quitté, disait la voix d’Aurore. Captée par la webcam, son image – lointaine, tremblée, irréelle – semblait venue d’une autre planète, d’une galaxie distante de plusieurs année-lumière, d’un passé depuis longtemps révolu. S’agissait-il d’un appel à l’aide? Dans le petit appartement redevenu silencieux, Virgil resta longtemps à fixer l’écran noir de l’ordinateur. Il n’était plus très sûr… Étaient-ce ces paroles-là, ces paroles-là exactement qu’elle avait prononcées? Ou bien ces mots les avait-il imaginés, rêvés, réinventés après coup, trace persistante et incertaine de la conversation qui venait d’avoir lieu?
Pour retrouver Aurore, Virgil n’aurait pas hésité à aller jusqu’au bout du monde, lui qui ne va jamais nulle part. La preuve : un seul geste d’elle et le voilà déjà à bord du Boeing à la carlingue couleur de ciel, aussi bien ou aussi mal installé que l’on peut l’être, le regard flottant à travers le hublot, anxieux à l’idée de quitter la terre ferme et impatient d’en découdre avec les nuages. »

Juin 2009. Dans le New York démythifié d’après le 11 Septembre et la crise financière, un homme et une femme qui se sont aimés tentent, trois jours durant, de renouer les fils de leur passé.

Mon avis : Instagram a souvent bon goût pour nous mettre sur le chemin d’une rencontre, d’un moment inattendu et secrètement espéré. Après quelques phrases échangées, Fabrice Chêne décide, pour ma plus grande joie, de m’envoyer son roman. Celui-ci ne peut attendre dans ma pile à lire déjà bien débordante. Je m’empresse donc de le prendre à deux mains pour, avec extase, le dévorer.
Pour un premier roman, je trouve que Fabrice Chêne a frappé fort. Nous tombons littéralement dans un voyage émotionnel qui nous mène au-delà de l’océan, à New York où Virgil va retrouver Aurore après des années d’un long silence. Nous passons avec eux quelques jours dans la BIG APPLE pour nous plonger dans une véritable introspection de nos deux protagonistes. Le paradoxe des sentiments les plus intimes, des plus profonds sont confrontés à cette ville de démesure et de grandeur. Cela donne une intensité particulière au roman où New York est divinement bien détaillé. La psychologie des personnages y est complexe et complète, l’histoire est bien agencée, le récit quant à lui, très bien ficelé.  Ce roman parle d’amour, de solitude, d’écriture et de l’Amérique. Une lecture agréable qui pousse aux questionnements et nous amène parfois à réfléchir sur nos propres valeurs et nos propres idéaux.
Bon , je vais donner un avis un peu négatif sur la fin du roman. En effet, je m’attendais à une tout autre finalité. Que deviennent-ils? Se réunissent-ils? Où vont-ils? Beaucoup de questions que n’ont pas réussi a laisser place à mon imagination pour créer une fin que je pensais plus heureuse. Est-ce si négatif que ça, je ne pense pas 🙂
Bref, je ne peux en vouloir à cet auteur qui vient de nous montrer dans ce roman un réel talent pour les mots.
C’est une lecture que je conseille vivement, qui vous procurera j’en suis sûr un très joli moment. J’AI ADORÉ

A LIRE ABSOLUMENT 

Après la lecture de l’inversion du gulf stream, j’ai eu la chance de pourvoir poser quelques questions à Fabrice Chêne qui, avec une extrême gentillesse à répondu en toute franchise et spontanéité. Je vous laisse découvrir notre petit échange juste en dessous 😉

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Hanae : « Bonjour Fabrice, avant toute chose, je tiens à vous remercier pour ce livre remarquable, je souhaite vous poser quelques questions pour enrichir mon article sur votre roman l’inversion du Gulf Stream mais aussi pour vous connaître un peu plus. Qui se cache derrière ces mots 🙂
Comment vous est venu cette histoire ? »

Fabrice : « Bonjour Hanae, merci à vous de l’intérêt que vous portez à mon livre. C’est une idée un peu ancienne. J’avais noté quelque part cette possibilité d’intrigue : un homme qui retrouve un amour de jeunesse. Celle-ci a eu un enfant avec un homme qui l’a par la suite abandonné alors que lui aurait bien voulu avoir un enfant avec elle. Vont-ils pouvoir renouer? Quel sera son rôle auprès de l’enfant? et cetera. Voilà, cette idée est restée pendant longtemps plutôt vague, juste une intrigue vraiment tenue mais pas franchement originale. Cela devait initialement se passer à Paris, mais il m’a semblé, en m’attelant au projet pour de bon, qu’il devrait y avoir une séparation nette et plus complète entre ces deux personnages, y compris d’un point de vue géographie. D’où l’idée que l’histoire pourrait se passer sur un autre continent. Je voulais aussi que ça ne soit pas trop « intimiste », ou « psychologique » donc il fallait qui est du mouvement, de l’espace. »

Hanae :  » Pourquoi avoir choisi comme lieu géographique New York? »

Fabrice: « Tout s’est cristallisé autour de la ville. J’ai beaucoup hésité parce que New York peut avoir un côté convenu. D’un autre côté, c’est un lieu très connu et donc qui peut plaire aux lecteurs, parler à leur imagination. J’étais donc assez partagé, mais une fois que je me suis décidé, tout s’est enclenché et le projet a pris consistance, et pour cela, le New York des années 2000 était parfait : entre le 11 septembre et la crise de 2008, j’avais un cadre temporel. Les deux personnages et l’histoire de leurs rapports se sont précisés petit à petit. Il fallait aussi un moment précis, donc j’ai fait des recherches et trouvé ce mois de juin 2009, qui avait connu des précipitations sans précédent. Comme j’avais déjà le titre, qui s’est imposé à moi un beau jour (ou plutôt une nuit), ça faisait sens. Je voulais que le changement climatique soit présent à l’arrière-plan, même s’il est surtout une métaphore du bouleversement qui affecte la vie des personnages. Ce titre un peu énigmatique et qu’on peut entendre métaphoriquement me plaisait bien pour cette raison. »

Hanae : « Quels sont vos procédés d’écriture? »

Fabrice : « L’écriture de ce roman a été une expérience particulière. J’ai travaillé en amont, à partir d’un plan de New York et de différents livres, en prenant beaucoup de notes (je ne voulais surtout pas dire de bêtises). J’ai aussi lu des choses dans le domaine économique. Mais l’essentiel du travail préparatoire s’est fait sur place, lors de deux séjours à New York, deux années de suite au cours desquels j’ai travaillé sur les lieux, l’itinéraire des personnages dans la ville et cetera. C’était très passionnant à faire. Ensuite c’est un long travail à l’ordinateur qui s’est déroulé sur plusieurs années (avec des interruptions) ainsi que plusieurs versions successives, corrigées à chaque fois etc… Un travail de longue haleine, même si à l’arrivée le roman ne fait que 200 pages. »

Hanae : « Pouvez-vous me parler un peu de vous »

Fabrice : « Je suis agrégé de lettres modernes, j’enseigne le français dans la secondaire depuis une vingtaine d’années (je suis donc un primo-romancier sans être un « jeune romancier ») Actuellement j’enseigne dans un lycée de l’Essonne. Que dire d’autre, sinon que j’ai une bibliothèque assez garnie, comme vous vous en doutez, et le livre reflète bien mes goûts je crois, en particulier dans le domaine de la littérature anglo-saxonne (puisque sont nommés dans le roman, outre Malcolm Lowry, Faulkner, Nabokox ou Virginia Woolf. »

Un immense merci à Fabrice Chêne pour sa gentillesse et son talent. J’espère de tout cœur découvrir un autre roman de cet auteur. En attendant, je vous invite à lire et vous délecter de L’inversion du Gulf Stream parut aux éditions Gallimard collection l’Arpenteur.  A vos livres!!!! 😉

Amicalement vôtre

Hanae

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La petite fille sur la banquise – Adélaïde Bon

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La petite fille sur la banquise est son premier roman publié aux éditions Grasset en 2018.

Résumé : Quand ses parents trouvent Adélaïde muette, pleurant sans savoir dire pourquoi, ils l’emmènent au commissariat et porte plainte contre X pour attouchements sexuels. Elle grandit sans rien laisser paraître, le sourire aux lèvres. Des années de souffrance et de solitude, à se battre contre les méduses. Vingt-trois ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs, un suspect a été arrêté. Tout s’accélère.

« Elle ne sent pas les méduses s’immiscer en elle ce jour-là, elle ne sait pas qu’elles vont la déporter de sa route, l’attirer vers des profondeurs désertes et inhospitalières, entraver jusqu’au moindre de ses pas, la faire douter de ses poings, rétrécir année après année le monde qui l’entoure à une poche d’air sans issue. Personne ne la prévient, personne ne lui explique, le monde s’est tu. »

Mon avis : Il y a des romans qui laissent des traces, parfois diffuses et éphémères, souvent indélébiles et profondes. C’est le cas avec La petite fille sur la banquise d’Adélaïde Bon. Avec une grande maîtrise des mots et une spontanéité sans faille, elle nous livre ici un témoignage poignant et d’une grande puissance. Jeune fille bercée par des parents de bonne famille, elle évolue dans les quartiers huppés du seizième arrondissement de Paris quand un malheureux jour du mois de mai, tout bascule, sa vie s’arrête, elle prend sans le vouloir un aller simple direction les enfers où elle fera alors la connaissance de ses « méduses » que l’on nommera angoisse, crise, boulimie, cauchemars, panique et cætera. Il a suffi d’un homme, d’un seul pour qu’elle tombe dans un monde qui n’est pas le sien, un monde qu’elle ne mérite pas, mais qui est désormais à elle. Elle n’a alors que neuf ans.
Viennent ensuite des années de combats acharnés pour retrouver un semblant de paix, entre confrontation avec des pédiatres, psychologues, séances de yoga pour la voix, psychothérapies, stages et cætera, rien y fait, elle semble tout aussi perdue. Comment définir les maux quand on ne se souvient pas de la cause? Elle souffre d’une amnésie traumatique, il lui faut le déclic, le facteur déclencheur qui la ramènera sur le chemin de la vie, de l’espoir. Cette étincelle viendra à elle après vingt-trois ans dans l’oubli, grâce à des personnes exceptionnelles mais aussi à un mot, un seul : VIOL. De là, le procès, l’homme est retrouvé… tout s’accélère. Parfois il suffit d’un mot pour guérir les maux.
D’une plume sans fioriture nous partageons avec Adélaïde son histoire, sa vie et son combat. Un roman bouleversant qui nous prend aux tripes et ne nous laisse pas indifférent. Ici, le tabou se brise, les sentiments se bousculent et les yeux se mouillent. Je conseille vivement cette lecture, souvent difficile mais tellement vraie dont les détails psychologiques sont extrêmement bien détaillés.
Un immense merci à Adélaïde Bon de soulever le voile sur la pédérastie (du grec ancien παῖς / paîs, « enfant », et ἐραστής / erastếs, « amant ») , une respectueuse révérence à votre force ainsi que vos mots et merci pour cette confession qui marquera, j’en suis sûr, la littérature française.

Extrait choisi :  Est-ce qu’elle s’est essuyé la bouche du revers de la main, passé la langue sur les dents, recoiffé un peu? Est-ce elle ou lui qui a remonté la culotte, remis un semblant d’ordre dans la robe-tablier rouge, tiré sur le chemisier blanc? Elle le regarde en opinant du menton, comme les petits chiens qui hochent la tête sur les plages arrière des voitures. Je suis gentille, je suis jolie, j’aime ça, tu es mon ami, tu aimes mes grosses fesses, tu me fais du bien, je suis gourmande, je ne dirai rien, c’est notre secret, je te promets, je ne dirai rien. Des mots qu’il lui a dits et dont elle ne se souvient pas, pas plus qu’elle ne se souvient de ce qu’il lui a fait….

Quelques mots sur l’auteure : Adélaïde Bon est une comédienne et écrivain née en France en 1981 La petite fille sur la banquise est son premier roman publié aux éditions Grasset en 2018.

« Un grand merci pour votre soutien dans cette sphère étrange qu’est internet. J’espère que mes articles vous plaisent et que mes lectures et rencontres vous piquent la curiosité 🙂 J’espère être avec vous le plus longtemps possible 😉 » HANAE 

        

Publié dans littératures françaises

Vers la beauté – David Foenkinos

Vers la beauté David Foenkinos

Aux éditions Gallimard

Résumé : Antoine Duris est professeur aux Beaux-Arts de Lyon. Du jour au lendemain, il décide de tout quitter pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay. Personne ne connaît les raisons de cette reconversion ni le traumatisme qu’il vient d’éprouver. Pour survivre, cet homme n’a trouvé qu’un remède, se tourner vers la beauté. Derrière son secret, on comprendra qu’il y a un autre destin, celui d’une jeune femme. Camille, hantée par un drame.

Mon avis : David Foenkinos nous invite dans cet opus à nous tourner vers la beauté de l’art mais pas que. Nous faisons ici la connaissance d’un homme avec ses doutes, ses amours et ses errances cachant un terrible secret qui l’oblige à quitter Lyon pour se perdre au milieu des tableaux au musée d’Orsay. Que cache Antoine pour vouloir à ce point se faire oublier? L’histoire est d’une certaine violence, elle vous prend au corps et fait parfois mal au cœur mais paradoxalement elle est merveilleuse. Je qualifierais ce roman ainsi que l’auteur en quelques mots : Univers-Identité-Subtilité-Humilité.  Ce roman rejoint incontestablement La délicatesse et Charlotte. Bref, procurez-vous le et imprégnez-vous de cette petite beauté 🙂
Mon sens critique est totalement erroné face à un roman de David Foenkinos car :

#JESUISFAN 

Extrait choisi : Le musée d’Orsay à Paris, est une ancienne gare. Le passé dépose ainsi une trace insolite sur le présent. Entre les Manet et les Monet, on peut se laisser aller à imaginer les trains arrivant au milieu des tableaux. Ce sont d’autres voyages maintenant. Certains visiteurs ont peut-être aperçu Antoine Duris ce jour-là, immobile sur le parvis. Il paraît tombé du ciel, stupéfait d’être là. La stupéfaction, c’est bien le mot qui peut caractériser son sentiment à cet instant.

Quelques mots sur l’auteur : Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore David Foenkinos sachez une chose : C’est inacceptable!!!! 😉
Né en 1974, il est l’auteur de quinze romans parmi lesquels La délicatesse, Les souvenirs, Le mystère Henri Pick. Ses livres sont traduits en plus de quarante langues. Son roman Charlotte a obtenu le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens en 2014.

NB : J’ai pris cette photo dans la cour d’honneur du Palais-Royal ou se trouvent les colonnes de Buren. J’ai n’ai pas voulu faire comme certains (sans aucune animosité) en prenant cette photo au musée d’Orsay où, je vous l’accorde, se situe la zone géographique prédominante de ce roman. Mais la beauté est partout dans Paris 🙂

« Parfois l’apparition de ce que l’on a longtemps espéré transforme le silence en vacarme. » 

Publié dans littératures françaises

Les corps célestes – Nicolas Bréhal

Les corps célestes

Résumé : Baptiste raconte son étrange amitié pour Vincent. Dès les années collège, ils sont à l’opposé l’un de l’autre. Baptiste, qui ignore le désir charnel, accorde une importance mystique au ciel, cette voûte infinie au-dessus de nous, parce que la terre lui inspire la solitude, le désordre et le doute. Vincent, lui, est attiré par les deux mondes: terrestre et céleste. Il aime les femmes mais on dirait qu’il ne sait comment mener son existence. Pourtant, Baptiste et Vincent sont plus qu’inséparables, complémentaires. Après une longue séparation, ils se retrouvent. Vincent est marié à une comédienne très séduisante, Mathilde, qui confond le théâtre et sa vie. Mais il continue, presque malgré lui, à étendre ses conquêtes. Vincent a une relation avec Constance, jeune étudiante bourgeoise et cultivée, prostituée à ses heures. Puis, trouvant les plaisirs terrestres insuffisants, il approchera les mystère amoureux de l’abstraction surnaturelle. Comme autrefois, Baptiste sera plus que l’ami de Vincent. Il vivra sa vie, comme un double, un alter ego.

Mon avis :  Ce roman a eut le pouvoir de me transpercer.            Quelle puissance!
Baptiste et Vincent unit par une amitié amoureuse, ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre même si tout les opposes. A deux, il ne font qu’un, dans une décadente adversité. Leur amour est réel, profond et fusionnel parfois ambiguë mais il est véritable, platonique. Tout deux élèves puis professeurs en philosophie nous trace le portrait de l’amour, du pouvoir de l’illusion et du destin. Un magnifique duo que Paris met en scène. Nicolas Bréhal nous signe ici, une véritable merveille dont je me suis délecter. J’y retrouve la puissance des mots, la complexité des émotions et une sensualité omniprésente typique de la plume de cet auteur. Je vous conseille vivement de le lire, de vous en inspirer  et surtout, de l’aimer.

Extrait choisi : Le ciel sans aucun nuage, parfaitement bleu et lumineux, confère au monde une stabilité soudaine. À première vue, il donne l’impression que le temps ne passe plus et qu’une telle limpidité, à la mesure de l’infini, nous protège de tout désordre…
Avec Vincent, tout avait débuté dans le fantasme (pendant un temps, il avait été la métaphore vivante de quelques illusions et émotions). Maintenant, c’était autre chose : le rapprochement créait un vrai désir, un sentiment qui ne m’agitait plus, et en lequel j’acceptais d’engager ma responsabilité. Hors de ce qu’il continuait à symboliser pour moi, je sentais mon réel pouvoir à cerner toute demande ou toute attente de sa part, dont ma réponse l’eût encouragé à vivre.

Quelques mots sur l’auteur : Je ne veux pas réitérer ici la présentation de cet auteur, je vous laisse jeter un œil sur un article que je lui est déjà consacré juste ici ⇒ Le sens de la nuit 

« Pour qu’un livre soit inoubliable, il doit donner l’éternel regret qu’on ne l’ait pas écrit. »

Un immense merci pour votre soutien. C’est toujours un réel plaisir de voir que « mon travail » ne vous laisse pas indifférent. 😉

Amicalement vôtre

Hanae

 

Publié dans Mes rencontres

Rencontre avec une booktubeuse – Synapses en jupon

Synapses en jupon

Bonjour à tous,

J’espère qu’avec cet article je vous retrouve en grande forme. Malheureusement pour des raisons professionnelles, je suis peu disponible pour étoffer et enrichir mon blog. Mais aujourd’hui, je prend le temps de le sublimer grâce à ma rencontre avec la Booktubeuse SYNAPSES EN JUPON qui a joué le jeu de répondre à mes questions avec gentillesse et disponibilité.

J’ai choisi pour cet article de parler aussi de la plateforme Youtube qui pour ma part me paraît bien étrange presque irréelle, et puis il faut avoir beaucoup de courage pour se filmer, argumenter sur nos choix et nos coups de cœurs, monologuer devant une caméra avec aisance et simplicité. Ce n’est pas comme moi qui me cache derrière un clavier 😉 L’approche y est totalement différente, l’expertise n’est pas la même mais quoiqu’il advienne, nous nous rejoignons pour une belle et douce finalité. Notre amour des livres. Je trouve que Synapses en Jupon réunit tous ces ingrédients pour savoir nous captiver, nous donner l’envie de partir à la découverte de nouveautés et apporte une fraîcheur grâce à son joli sourire. Ses vidéos sont sans fioritures, elles sont directes et précises. Nul besoin de montages, de mises en scène loufoques pour captiver le lecteur (ce qui au passage, m’ennuie très vite).

Je vous laisse vous délecter de notre joli échange juste en dessous ;-), les liens sont tout en bas. ⇓⇓⇓

Hanae : « Bonjour Synapses en jupon, j’espère que tu vas bien. Avant de te poser quelques petites questions, je tenais à te remercier d’avoir pris de ton temps et d’avoir joué le jeu avec sympathie. Pour commencer, je souhaite savoir pourquoi as-tu choisis ce pseudo Synapse en jupon? »

Synapses en jupon : « Bonjour Hanae, merci à toi de dédier un article en mon nom sur ton blog, cela me touche particulièrement et échanger entre passionnés, c’est toujours une réelle surprise et une grande source d’inspiration. Pourquoi Synapses en jupon? Je cherchais un pseudo capable de rendre compte en peu de mot a vision de la vie et plus particulièrement de la culture. Les synapses transmettent des signaux nerveux d’un neurone à un autre. C’est donc une affaire de connexion, autant que de partage d’informations qui permet à la machine de fonctionner, d’avancer et d’être ainsi efficace et efficiente à la fois. Voilà pour moi la définition de la culture dans ce qu’elle a de plus noble. Il s’agit d’un moyen d’épanouissement, de croissance et de développement. La chose serait impossible si chacun restait terré dans son coin. La formation d’une communauté prête à offrir ce qu’elle a de meilleur est essentielle, à mon sens, pour progresser dans la bonne direction. Je le fais à ma minuscule place en ouvrant des livres, mais il existe bien d’autres prismes très différents et tout aussi enrichissants. Pourquoi en jupon? Et bien tout simplement parce que je ne porte que très rarement des pantalons. Et puis, sans doute par esprit de provocation aussi. Je trouve que c’est un joli pied de nez à ceux qui prennent un malin plaisir à définir une femme uniquement par son physique. Ceux (ou celles d’ailleurs) qui rendent antagonistes féminité, culture, ambition et curiosité. J’aime être femme autant que j’aime apprendre. Désolée! 😉 »

Hanae : « Pourquoi le choix d’évoluer sur la plate-forme Youtube? »

Synapses en jupon : « Pour expérimenter les différents supports et trouver celui qui me correspond le plus. Instagram, le blog, la vidéo sont autant de moyens probants de diffuser une idée ou un message. Mais tous sont très différents, ils font jouer divers leviers et émotions chez ceux qui regardent, comme j’éprouve moi-même lorsque je produis un contenu. La photo partagée sur Instagram pose une distance, surtout avec la nouvelle forme que j’ai choisie d’adopter. Des photographies très sobres, aucune vraiment personnelle. La vidéo, c’est le mouvement, la voix, l’intonation, la conviction qui transparaît. Et finalement, en vidéo, on juge ma personne avant mon contenu. Est-ce que ma gestuelle agace? Sais-je poser ma voix? Suis-je pertinente? Youtube est un défi pour moi qui suis habituellement dans la réserve et de nature timide. C’est une peur de l’exposition, de la honte et de l’échec qu’il faut vaincre à chaque fois. »

Hanae : « Quel est ton rapport avec les livres? Que représentent-ils pour toi? »

Synapses en jupon : « J’ai un rapport très fusionnel aux livres, et ce, depuis mon enfance. J’ai du mal à m’en séparer. Certains sont en lambeaux, mais me suivent toujours. C’est pourquoi j’achète mes bouquins au lieu de les emprunter. Je serais trop malheureuse de les rendre si j’avais été profondément touché par ce qu’il m’a conté. En revanche, quand cela est possible j’achète systématiquement d’occasion. Conscience écologique oblige! 🙂 J’ai toujours un bouquin sur moi. C’est un refuge. J’ai besoin de leurs odeurs, de les toucher. En ce sens, l’achat d’une liseuse est purement impossible. Je sacralise bien trop l’objet livre. Pourquoi? Parce qu’il représente le partage, le savoir et la transmission. »

Hanae : « Quel roman t’a le plus marqué? Et celui qui t’a donné la passion du livre? »

Synapses en jupon :  » C’est une question horriblement difficile! Le roman qui m’a le plus marqué est Martin Eden de Jack London. Cette histoire est incroyablement puissante, l’écriture l’est tout autant; en restant simple malgré tout. C’est fou! Sans doute que je me reconnais un peu dans ce personnage aussi. Celui qui m’a donné la passion du livre, et bien, c’est une personne, une enseignante, qui m’a transmis cet amour. Je lui dois donc beaucoup. Disons que le déclic littéraire a eu lieu dans sa salle de classe avec Mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos. Plus tard, il y a eu un second avec Le petit prince de Antoine de Saint-Exupéry. Je trouve qu’il y a tout dans ce petit conte. À la fois l’innocence et la sagesse, l’Amour et l’Amitié, le bonheur et la peine. Et, à chaque fois que je le lis, il raisonne en moi différemment et m’arrache toujours des larmes. C’est cela un bon livre, non? »

Hanae : « J’ai remarqué que sur ta chaîne Youtube, tu parlais de livres avec un thème bien particulier, notamment la politique, le feel good etc… Est-ce par choix dans tes lectures ou souhaites-tu viser un public en particulier? »

Synapses en jupon :  » Ce sont deux genres qui peuplent mes lectures, en effet, plus que les romans d’ailleurs. J’aime tous les styles littéraires (même si je suis moins portée sur la science-fiction). Mais la politique me passionne presque autant que l’histoire. Quant à la partie « bien-être » et « développement personnel », je ne comprends pas pourquoi ces disciplines ne nous soient pas enseignées dès l’enfance. Apprendre les mathématiques, le français ou l’anglais tout en ayant des fêlures aux traumatismes très profonds, c’est compliqué, voire impossible. Parler de résilience, dire : « Oui, tu peux rebondir, te reconstruire, avancer et choisir ce que tu veux être. » n’est pas superflu. Dans un ouvrage lu dernièrement les auteurs faisaient mention de « largeur de bande mentale » encombrant l’esprit de personnes pauvres. Ils faisaient en fait référence à tous leurs problèmes qui empêchent de bien réfléchir, et ainsi prendre les bonnes décisions. Il n’y a pas de réussite possible sans possibilité de s’épanouir personnellement et physiquement. Certains seront toujours à la traîne si les choses ne bougent pas. Et il ne faut pas se tromper, cette capacité n’est pas innée, même si certains sont plus résistants à l’épreuve que d’autres. Au contraire même, puisque la politique ou le développement personnelle nous touche tous. Seulement, il est vrai que ce sont deux domaines qui rapidement éveillent le scepticisme et ne sont pas à proprement parler « sexy ». Qui a envie qu’on lui rabatte les oreilles avec la politique aujourd’hui? Personne!
J’ai dû perdre l’esprit pour me lancer là-dedans! 😉 »

Hanae : « As-tu des projets littéraires? Ouvrir une autre chaîne Youtube, créer un blog peut-être? »

Synapses en jupon : « Oui, j’ai des projets littéraires. Certains sont déjà en travaux. Mais je suis un tantinet superstitieuse donc je ne dirai rien sur le sujet! 😉 Je veux créer quelque chose à moi. Un univers qui m’est propre. On verra si l’opportunité m’est donnée de lier ma passion à l’action. D’ici là, j’aimerais rendre plus vivante ma chaîne. Diffuser plus de contenus, et d’une façon un peu différente de celle d’aujourd’hui. J’y réfléchis…
Un blog? Non, ça, c’est pas mon truc. En revanche, l’idée de fonder un club me trotte en tête. Instagram a cette force de mettre en contact des personnes animées par une même passion. C’est génial! Mais le virtuel a ses limites. Je rêve de rencontrer ceux qui échangent et qui rallongent ma PAL. Des apéros littéraires… C’est un concept qui me séduit. J’adorerais que d’autres soient partants pour le partager. »

(Petit message personnel pour Synapse en jupon et bien d’autres passionnés d’ailleurs. J’ai également pour projet d’organiser des échanges avec Booktubeurs, bloggeur etc… pour une rencontre et l’idée de l’apéro littéraire est juste parfaite. Si vous souhaitez faire partie de l’aventure pour un véritable échange et un réel contact humain n’hésitez pas à m’écrire et m’apporter vos suggestions. Bien évidemment, résidant sur Paris, cet échange se déroulera dans la capitale.) Contactez-moi.

Un immense merci à l’adorable Synapse en jupon pour cet entretien créatif et passionnant. Les ami(e)s, surtout n’hésitez pas une seconde, allez lui rendre visite sur sa chaîne Youtube, c’est juste ici ⇒ Synapses en jupon et bien évidemment abonnez-vous sur son compte Instagram ici ⇒ Synapses en jupon

Publié dans Romans étrangers

My absolute darling – Gabriel Tallent

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Résumé : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par une amitié naissance, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.

Mon avis : Voilà un roman bien étrange au récit poignant et complexe. Complexe par l’histoire et la psychologie des personnages. Nous savons uniquement que tout se passe en Amérique, plus précisément en Caroline. Et c’est tout!!! Le temps s’est alors arrêté, nous n’avons aucune chronologie, aucun détail. Est-ce une histoire qui se déroule à notre époque? Ou au siècle dernier? Un simple mot à la fin du roman peut nous mettre sur une piste mais la quintessence de ce livre se situe hors du temps…
Pauvre petite Turtle, Croquette ou Julia. Trois prénoms pour une seule et même jeune fille, enfermée là, dans une demeure presque sordide, avec pour schéma parental une mère longtemps disparue, un grand-père au dernier chapitre de sa vie et un père castrateur et dominant. Sa relation avec ce dernier est lourde de questionnements, leur amour quant à lui est ambigu. Beaucoup de tabous sont ici soulevés. Des sentiments ambivalents nous traversent tout au long de la lecture. Pour tout vous avouer, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. L’écriture y est particulière et parfois répétitive, et ces lourdeurs m’ont quelque peu laissé vague dans la compréhension du texte. Mon attachement pour cette jeune fille sauvage, indomptable et presque animale était cependant bien plus fort, grâce à sa force, à son désir de liberté et à son envie d’y arriver. Voilà un roman qui m’a bouleversé, qui m’a prit aux tripes. L’histoire y est poignante, les personnages déroutants et le récit bien ficelé malgré ces longueurs et ces répétitions. Il y a des livres qui nous marquent, et celui-ci en fait désormais parti.
Je ne sais que dire. J’ai lu et j’ai adoré. C’est à vous de vous faire votre propre idée et je ne veux en aucun cas vous influencer. Sachez que ce roman est bouleversant, nous parlons ici de relations incestueuses et de violence envers un mineur. Cela touche nos idéaux et soulève un des plus grand tabou de notre société.

Extrait choisi : Turtle se réveille, de l’eau perle sur ces cils, elle la fait tomber d’un battement de paupières, et s’assied dans le trou de sable froid. Son dos est douloureux, enflé et la rend nauséeuse. Ses mains sont collées à sa chemise. Le brouillard dévore tout. Elle entend les vagues pousser les galets et les attirer à nouveau vers le large, et elle distingue la ligne sombre de l’océan, rien d’autre. Il n’y a pas de soleil, rien qu’une lumière grise et diffuse, le sable et noir et luisant, à l’exception de l’arrondi blanc des oursins plats. La rosée se condense autour d’eux. Elle trempe ses cheveux…

Quelques mots sur l’auteur : Gabriel Tallent est né en 1987, au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il a mis huit ans à écrire MY ABSOLUTE DARLING qui a aussitôt été encensé par la critique. Son premier roman est publié chez GALLMEISTER

« Le terme de chef-d’oeuvre est bien trop galvaudé, mais il ne fait aucun doute que My Absolute Darling en est un. »  Stephen King 

😉

Publié dans polar

Psychopathe – Keith Ablow

 

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Résumé : « Docteur Clevenger, le sang des autres me couvre et me souille, pourtant mon cœur n’est pas dénué de bonté. Je n’ai pas de raison de tuer, mais je ne peux pas m’empêcher de le faire. Mon désir dévorant de la vie des autres est plus grande que l’envie de nourriture, de sexe ou de savoir. Il est irrésistible. »
Que faire lorsqu’un psychopathe croit pouvoir se délivrer de ses propres démons en provoquant les confessions de ses victimes? Que faire face à un meurtrier insaisissable, surnommé « le tueur des autoroutes », qui élimine par empathie ses proies lorsqu’elles refusent de se confier davantage? Un homme qui sait pourtant ouvrir toutes les barrières mentales, qui pleure en les égorgeant et se conduit au quotidien comme le plus charmant des compagnons… Franck Clevenger, docteur en psychiatrie régulièrement sollicité par le FBI, se retrouve confronté à un cas particulièrement effrayant de schizophrénie. L’homme qu’il traque est un nomade, un psychiatre comme lui, un double en négatif de ce qu’il pourrait être…

Mon avis : Avant toutes choses: J’ADORE KEITH ABLOW!!! J’ai lu ce roman il y a quelques années maintenant mais son histoire est bien ancrée dans les abysses de ma conscience car j’ai été happé par son récit, par ses protagonistes et surtout par sa complexité. Nous sommes ici dans les bas-fonds émotionnels d’un tueur, nos rentrons littéralement dans son esprit comme si notre propre regard devenait le sien. C’était parfois déroutant tellement les descriptions y sont précises, presque réelles… Nous nous introduisons dans un duel psychique entre un grand et renommé psychiatre expert en criminologie et un psychopathe schizophrène à la personnalité exacerbée qui soigne les autres, se repaît de leurs histoires avec un talent tel qu’il parvient à inspirer une confiance naturelle et quasi immédiate. Les deux hommes sont rusés, intelligents et manipulateurs. Leur frontière est floue, presque invisible. Le bien contre le mal, le jour affrontant la nuit jusqu’au moment où ces personnages ne savent plus dans quel camp se ranger. Le style de ce roman est vraiment plaisant. Il y a de nombreux avantages comme par exemple avoir des psychiatres comme protagonistes, cela nous donne des détails sur les personnalités psychotiques au fils du roman, ça enrichit et donne plus de profondeur au récit et surtout d’avoir comme tueur…
Bon je ne peux pas vous en divulguer d’avantages. Je veux vous laisser sur cette fin. Il vous suffit juste de vous procurer ce petit chef d’oeuvre pour en connaitre le dénouement. Ce roman a était une très jolie révélation. C’est le deuxième polar qui m’a le plus fasciné.

Le premier? Je vous laisser jeter un œil à l’article que je lui ai dédié 😉 C’est juste ICI

Extrait choisi : La Dixième Symphonie de Malher passait sur la stéréo de la BMW X5, mais la sérénité de ce morceau ne parvenait pas à apaiser Jonah. Sous l’effet de la fureur, sa peau était bouillante. Les paumes de ses mains, sur le volant brûlaient. Son cœur cognait, pompait plus de sang à chaque battement, engorgeait son aorte, dilatait sa carotides, si bien que l’intérieur de son crâne, quelque part dans les lobes temporaux de son cerveau, palpitait. Il s’aperçut qu’un flot enivrant d’oxygène, dans les profondeurs de son être, l’attirait irrésistiblement en lui-même. Le désir dévorant de tuer débutait toujours de cette façon et il croyait toujours qu’il parviendrait à le contrôler, à le soumettre en le chevauchant sur une autoroute interminable, comme son grand-père brisait les poulains nerveux dans le ranch des plaines de l’Arizona où Jonah avait passé son adolescence. Sa psychopathie était si rusée qu’elle parvenait à le persuader qu’il était plus fort qu’elle, que ce qu’il y avait de bon en lui pouvait vaincre le mal. Et il le croyait toujours, alors qu’il avait abandonné seize cadavres au bord des autoroutes.

Quelques mots sur l’auteur : L’américain Keith Ablow est un expert en psychiatrie criminelle. Il est l’auteur de six romans mettant en scène le personnage récurent de Franck Clevenger, lui aussi psychiatre régulièrement consulté pour les enquête les plus dures. Salué par James Ellory ( Les assasins, les anonymes...) et Dennis Lehane ( Un dernier verre avant la guerre, Gone, Baby, gone…) comme l’une des grandes révélations du thriller de ces dernières années. Keith Ablow est traduit en France par les éditions du Rocher.

Publié dans littératures françaises

Un dissident – François-Régis de Guenyveau

Un dissident

Résumé : Partout, au cœur des sociétés d’opulence, naît le rêve d’un homme nouveau : de tous les possibles, où l’Homme s’affranchirait enfin des limites de la nature. Christian jeune prodige scientifique, veut y prendre part. Il va participer à un projet de grande envergure : façonner l’homme de demain. Mais face à un tel enjeu, dans la solitude de son bureau, Christian s’interroge. Inadapté, incapable de nouer des relations, il se heurte à sa propre énigme. Et si la science n’était pas le seul moteur de l’évolution humaine?

Mon avis : J’ai acheté ce livre totalement par hasard. Le synopsis m’intriguait et je me suis dit : « Pourquoi ne pas essayer un nouveau genre littéraire, sortir un peu de mes sentiers battus et découvrir d’autres plumes ». Et bien, à ma plus grande joie, je n’ai pas été déçu un seul instant. L’histoire commence par une famille plutôt bien sous tous rapports mais qui cache cependant quelques failles. Christian jeune surdoué a pour père Bruno, un homme bohème qui n’a d’yeux que pour sa voiture de collection, un personnage plutôt plat, en outre assez simple, et d’une mère Natasha qui, elle, a une personnalité plus complexe. D’une beauté froide et distinguée descendante d’une famille d’aristocrates. Si l’amour pour son mari laisse clairement à désirer, la passion pour son fils unique est quant à elle, une évidence absolue. Christian a grandit dans un petit patelin dans le sud de la France, un garçon très doué en classe et un véritable don pour les matières scientifiques. D’une curiosité quasi indomptable, il se passionne pour n’importe quelles sciences. Il y a aussi son ami Martin, jeune homme turbulent et malgré leur début difficile, ils vont se lier d’une belle amitié qui va les accompagner durant de très nombreuses années. Je vous passe certains détails pour nous projeter directement aux États-Unis. Christian est maintenant un jeune adulte et travaille dans une société qui a pour grand projet de créer l’Homme de demain. À force de travaux acharnés, d’heures cumulées Christian s’oublie, aucune relation amoureuse, aucune vie sociale, il ère dans son bureau avec toujours le même but. Être le précurseur de ce projet d’une grande envergure. Par chance son ami Martin est là, devenu artiste parisien, il collectionne les conquête et les plaisirs de la chair. Deux personnalités aux antipodes mais qui à eux deux forme un tout.
Ce roman ne m’a pas bouleversé loin de là mais il nous mène doucement à nous poser certaines questions :
Qu’elle est la place de la science dans notre société?
La science a-t-elle réponse à tout?
Peut-elle nous remplacer définitivement?
Où se trouvent les véritables relations humaines dans tout ça?
Ce roman reflète bien la société dans laquelle nous évoluons chaque jour.
Le style y est limpide, bien structuré et l’histoire bien ficelée. Les personnages ont une psychologie complexe, leurs différences donne du corps aux dialogues. La narration est dominante et va droit au but sans fioritures ni artifices. C’est juste ce qu’il faut pour ce genre de littérature. J’ai donc trouvé ce roman très agréable, une jolie nouveauté qui a depuis pris place dans ma bibliothèque.  😉

Extrait choisiÀ neuf ans, il s’exprimait comme un adulte, toujours maître de lui-même. Mais pour la première fois, il déballa les méchancetés qui s’accumulaient dans son cœur, décida de dire ce qu’il pensait vraiment, d’avouer qu’il n’avait rien en commun avec cette espèce de débile.Martin cessa d’appuyer sur tous les boutons de la machine. Son cœur s’emballa, ses narines se dilatèrent, son sang afflua dans la partie supérieure de son corps et colora son visage. Il lâcha l’outil et, totalement désinhibé, fonça sur Christian. Celui-ci se leva d’un bond et courut aussi vite que possible dans la direction opposée, sous les trombes d’eau. Le joufflu continua de le poursuivre pour sauver son honneur, mais commença à perdre de la distance. Alors il tenta le tout pour le tout, donna une dernière énergie à ses jambes et jeta son pied en avant pour faire perdre l’équilibre à son adversaire.Interrompu en pleine course, Christian trébucha et glissa sur toute la longueur du remblai qui délimitait l’espace de jeu, près des platanes. La chute fut brutale. À cause du crépitement de la pluie, on n’entendit pas le crac de sa jambe, mais on pouvait voir l’os transpercer la peau. Christian laissa échapper un cri presque animal. Les collectionneurs de Panini et les surveillants affluèrent pour voir le triste spectacle, près du bac à sable des maternelles. Avec sa jambe à angle droit, Christian ne pouvait plus bouger. Ses baskets bavaient dans la gadoue.On appela la directrice. La directrice appela les secours. Le véhicule radio médicalisé n’était pas conçu pour passer dans les rues inondées. Une heure après le drame, on arriva enfin sur les lieux avec un fourgon de secours routier, peu équipé pour ce type d’accident. Le médecin sapeur-pompier constata la double fracture.

Quelques mot sur l’auteur : François-Régis de Guenyveau est un jeune homme de vingt-huit ans sortant d’une école de commerce. Il se passionne pour l’écriture. Un dissident est son tout premier roman paru aux éditions albin michel. Il écrira également une comédie musicale qui sera jouée aux folies bergère à Paris.

J’espère que mon article vous a donné envie de lire ce roman. Si c’est la cas n’hésitez surtout pas, offrez-le vous ou faites-vous le offrir 🙂

Amicalement vôtre

Hanae

Publié dans Romans étrangers

La vie en cinquante minutes – Benny Barbash

Benny Barnash

Résumé : Il suffit parfois d’un cheveu… Un long cheveu blond entortillé autour de la bretelle de maillot de corps de son mari. Pour Zahava, c’est l’électrochoc. Armée d’une imagination galopante et d’une jalousie débridée, la voilà qui vide les placards, analyse chaque indice, formulant les hypothèses les plus folles sur la vie secrète de son mari : et s’il avait non pas une mais deux maîtresses, l’une turque en burqa, l’autre italienne peroxydée aux orgasmes sonores? Sans parler de la poule de Rostov…Entre le cabinet d’un célèbre analyste, l’antre du serrurier arménien et les états d’âmes du détective privé, Zahava s’emparque dans une enquête aux péripéties rocambolesques, un tourbillon aussi vertigineux qu’extravagant.

Mon avis :  C’est la première fois que je lis un roman de cet auteur et mon Dieu! j’ai adoré. Il n’a d’ailleurs pas fait long feu. En deux jours seulement, il était dévoré. Quelle jolie histoire, cette femme qui croît que son mari la trompe. C’est une invitation au monologue de cette pauvre Zahava avec qui nous parcourons ses folies les plus délirantes en déployant des trésors d’imagination pour accéder à la terrible vérité, tout du moins celle qu’elle imagine.  Elle en est totalement attachante, touchante et souvent très drôle. Il y a bien entendu Dov son mari avec qui nous faisons connaissance au fil des pages et avec qui, nous nous lions d’amitié, un homme sage, qui est très loin de s’imaginer les artifices conçus par sa femme. Les personnages secondaires ont eux aussi une place importante dans le récit comme : le détective privé, le serrurier, l’analyste… Ils  sont tout aussi loufoques et franchement drôles. Ce roman est pétillant et nous fait comprendre que même si un mariage peut battre un peu de l’aile, même si les protagonistes ont la cinquantaine passé, la jalousie est insidieuse et s’immisce à tout moment dans votre réalité. Elle noircit vos idéaux et fausse votre jugement et quel dommage, à cause d’elle tout peut-être gâché. Le dénouement de cette histoire est rocambolesque et jolie comme un cœur. En bref! j’ai été happé par l’écriture de Benny Barbash, le style y est caractérisé par sa finesse et son intrigue. Avec un sens aiguisé du détails l’auteur signe un traité du mariage profond et hilarant. Un antidote merveilleux à toute espèce de jalousie.

Au fait, pourquoi la vie en cinquante minutes? Je ne répondrais pas à cette question.
Ne soyez pas fainéant… Allez lire ce roman 😉

ON ADORE!!!!!! 

Extrait choisi : Jusqu’à cet instant-là, elle n’avait pas dit un mot, craignant que si elle exprimait clairement le sentiment confus qu’elle éprouvait à l’égard de son mari, accusé d’avoir raté leur mariage, de l’avoir trompée et lui avoir gâchée la vie, son monde s’écroulerait. Ressentir confusément ces choses-là et, comme nous tous, continuer à vivre en faisant semblant, soit ; mais oser penser ces idées fuyantes, les formuler avec des mots clairs prononcés à voix haute devant un étranger, fût-il un thérapeute, était une action d’éclat qui risquait de bouleverser sa vie, d’ébranler les fondements mêmes de son existence, voire la détruire.

Quelques mots sur l’auteur : Benny Barbash est un dramaturge, romancier, scénariste né à Beer-Sheva en Israël. Il est l’un des fondateurs du mouvement LA PAIX MAINTENANT . La vie en cinquante minute est son quatrième roman traduit en français par les éditions Zulma

Je vous souhaite une excellente lecture pleine de folies, de joies et de rires. 🙂

Amicalement vôtre

Hanae