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La punition qu’elle mérite – Elizabeth George

Date de parution : 07 mars  2019
Éditeur : Presses de la cité 


Résumé : Ludlow, bucolique bourgade du Shropshire, tombe dans l’effroi lorsque le très apprécié diacre Ian Druitt est accusé de pédophilie. Placé en garde à vue, le suspect est retrouvé mort, pendu. 
La commissaire Isabelle Ardery, qui a été dépêchée sur les lieux depuis Londres et qui se débat avec ses problèmes d’alcool, a bien envie de classer l’affaire en suicide. Mais c’est sans compter la sagacité du sergent Barbara Havers. Coachée à distance par l’inspecteur Thomas Lynley, la Londonienne gaffeuse et accro à la nicotine flaire le pot aux roses : et s’il ne s’agissait pas d’un suicide ? N’en déplaise à Isabelle Ardery, Lynley et Havers vont reformer leur duo de choc pour observer de plus près la vie de cette petite ville qui semblait si paisible. Car, derrière leurs allures de gentils retraités ou d’étudiants fêtards, les habitants de Ludlow ont tous quelque chose à cacher…

Mon avis : Elizabeth George nous revient avec un vingtième opus pour mon plus grand plaisir. Toujours en compagnie de ses acolytes tels que : Thomas Lynley, Barbara Havers, Nkata, Isabelle Ardery de Scotland Yard et bien d’autres encore. Et comme toujours avec cette autrice américaine, l’histoire se déroule en Angleterre et toujours sous forme de gros pavé. Bref, c’est sa marque de fabrique, son cocktail qui fonctionne depuis maintenant de très nombreuses années.
Nous partons ici pour la petite ville de Ludlow ou Ian Druitt, un diacre est arrêté pour pédophilie. Le pauvre homme, lors de son arrestation se suicide. Peut-être est-ce un homicide déguisé en suicide ?
L’histoire se déroule en deux parties, la première, le sergent Barbara Havers est envoyé dans la petite ville de Ludlow avec sa supérieure hiérarchique Isabelle Ardery pour étayer la thèse du suicide mais quelque chose cloche, un « je ne sais quoi » qui titille la curiosité du sergent Havers qui souhaite pousser un peu plus l’enquête. Isabelle Ardery, quant à elle, souhaite tout autre chose. Son esprit patauge entre ses problèmes familiaux et son rapport très fusionnel avec l’alcool. Statu quo sur le meurtre du diacre. Faute de temps et de moyens, elles retournent sur Londres.

En deuxième partie, et pour plusieurs raisons, ils doivent retourner enquêter ; Isabelle Ardery étant de mauvaise aide, c’est notre duo de choc qui retrouve les habitants de Ludlow. Thomas Lynley, homme de haut rang et d’une élégance sans borgne, collabore avec Barbara Havers, femme brouillon, fumeuse compulsive adepte de la junk food et jouant – sans le vouloir – avec la hiérarchie. L’enquête n’avance pas, aucune preuve, aucun indice malgré leur suspect numéro 1, l’îlotier qui fait régner l’ordre et le calme lors des soirées étudiantes un peu trop arrosées. Qui est-il après tout ?

Nous sommes ici dans une espèce de huis clos. Tout le monde à Ludlow se connaît, tout le monde sait, mais beaucoup se taisent. Beaucoup d’histoires s’entremêlent, se croisent, s’entrechoquent parfois. On pense parfois perdre le fil mais il suffit d’un rien avec Elizabeth George pour nous remettre sur les rails de l’angoisse et du suspense.

J’ai trouvé cependant que le rythme était parfois un peu lent, il y a certaines longueurs qui s’immiscent dans le flux de l’histoire et qui donnent une certaine redondance mais cela n’entrave en rien la qualité de l’écriture, de l’histoire et de l’évolution de l’enquête malgré le manque d’action. Elizabeth George a le don de tenir le lecteur en haleine. Nous n’avons qu’une envie, celle de connaître le dénouement et celui-ci, vous pouvez me croire, va bien au-delà de mes attentes. Je tiens aussi à soulever un point non négligeable. Dans ce roman, plusieurs clins d’œil sont parsemés ici et là de ses précédents livres mais cela ne fait partie d’aucune suite, tous les romans d’Elizabeth George peuvent être lus sans respecter d’ordre chronologique et je trouve ça très agréable. Bref, ce roman n’est pas un coup de cœur mais une très bonne lecture. Une chose est évidente, Elizabeth George n’a plus besoin de prouver quoique ce soit en matière de littérature policière. Elle maîtrise divinement l’art du polar

 

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Dans son silence – Alex Michaelides

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Parution : 06 février 2019
Éditeur : CALMANN-LEVY

Résumé : Alice, jeune peintre britannique en vogue, vit dans une superbe maison près de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouvée chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son mari défiguré par des coups de couteau fatals, la presse s’enflamme. Aussitôt arrêtée, Alice ne prononce plus jamais le moindre mot, même au tribunal. Elle est jugée mentalement responsable et envoyée dans une clinique psychiatrique.
Six ans plus tard, le docteur Theo Faber, ambitieux psychiatre, n’a qu’une obsession : parvenir à faire parler Alice. Quand une place se libère dans la clinique où elle est internée, il réussit à s’y faire embaucher, et entame avec elle une série de face-à-face glaçants dans l’espoir de lui faire extirper un mot. Et alors qu’il commence à perdre espoir, Alice s’anime soudain. Mais sa réaction est tout sauf ce à quoi il s’attendait…

Mon avis :ALERTE GROS COUP DE CŒUR ♥ Oui, oui! J’ai pris (du début de la lecture jusqu’à la dernière page) une claque monumentale. C’est officiellement le thriller 2019 qui a réussi avec brio à me tenir en haleine grâce à son intrigue grandiose et son dénouement magistral. Ces mots sont peut-être forts de sens, mais ils restent les cris du cœur.

Quel bien fou de ne pas avoir recours à une enquête « classique » où les policiers, forces de l’ordre ou poulets (comme vous voulez) prennent une place centrale dans l’histoire. Ici, ils sont en quelque sorte inexistants. Pratiquement tout le récit se déroule dans un hôpital psychiatrique où Alicia Berenson y est confinée pour avoir sauvagement assassiné son mari – Gabriel Berenson – photographe de mode. Un meurtre barbare qui a rendu le pauvre homme méconnaissable. Alicia – peintre de renom dont le mouvement artistique est de peindre des images aussi réalistes que des photographies – est retrouvée près de feu son mari, une arme à la main, criblée de sang qui ne laisse planer aucun doute quant à sa culpabilité. Malgré un talent dingue et une oeuvre prolifique, la carrière d’Alicia s’arrête brusquement. L’issue est fatale, cette pauvre femme s’enferme dans un profond mutisme. Un tel silence abyssal qu’aucun thérapeute n’a pu l’en extraire. C’est sans compter sur la détermination sans borne de Theo Faber qui a suivi l’affaire Alicia Berenson via les médias et qui décide par une force et une détermination qu’il ne s’explique pas, de venir en aide à cette jeune femme. Par chance, un poste dans l’hôpital où elle est enfermée se libère. Theo postule et mettra tout en oeuvre pour qu’Alicia devienne sa patiente. Sa motivation a eu raison de lui. La  thérapie peut donc commencer… 

Theo Faber est un homme de 42 ans, le choix de devenir psychothérapeute n’est pas venu par hasard. L’essence même de ce choix trouve sa source dans un mouvement égoïste. En effet, c’est le métier idéal qui l’aidera à guérir ses propres maux. Ayant eu une enfance plus que perturbée, il grandit dans un état de stress permanent, de nervosité, d’angoisses et de peurs tirant son origine de ce père aux crises de rages imprévisibles. Un homme envahissant, castrateur et d’une mère certes présente mais sous l’emprise de la violence de son mari.
En s’orientant donc vers un métier basé sur la santé « psychique », il améliore en parallèle son propre état.
Theo deviendra donc le thérapeute officiel d’Alicia et malgré le silence exacerbé de cette dernière, il mettra tout en oeuvre pour la faire parler. Quitte à mener une enquête et parler officieusement aux proches d’Alicia, ceci afin d’en savoir davantage sur son passé et qui elle est vraiment.

Un thérapeute doit obligatoirement mettre une distance avec ses patients, feindre une certaine empathie pour instaurer à la relation un climat de confiance et de bienveillance. Mais que ce passe-t-il si les barrières tombent et que l’affect prend une place prépondérante dans la relation entre le psychotique et le thérapeute? Où se situe alors la folie? Qui est qui? Qui devient qui? Et finalement qui soigne qui?

Vous souhaitez le savoir? Alors, bienvenue dans ce thriller psychologique parfaitement maîtrisé où l’on prend plaisir à se faire manipuler. Alex Michaelides nous oblige à sortir de notre zone de confort et son talent nous agrippe en nous laissant une marque indélébile. Notre vision sur le monde s’en trouve altérée, nous sommes happés par l’histoire, par le contexte et la force psychologique de chacun des personnages. Nous laissons par l’éloquence de ce roman, libre court à la folie. Seule la fluidité du texte et les mots précis de l’auteur restent nos fils conducteurs pour éviter toute perte dans les méandres du psyché humain. Notre imaginaire s’en trouve bouleversé et notre point de chute reste le merveilleux talent d’Alex Michaelides.

Ce roman se soit d’être lu et apprécié à sa juste valeur. Son contenu nous prend aux tripes, nous bouleverse, nous cogne et nous procure de merveilleuses sensations. Nous sommes touchés par le travail de recherche de l’auteur et sa capacité à extraire pour nous l’essentiel, sans aucune fioriture. Il a réussi à nous soulever et nous rappelle à chaque page que la folie n’est jamais très loin.

Quelques mots sur l’auteur : Alex Michaelides est un scénariste britannique de trente-neuf ans, Son prochain long métrage, The Brits are coming, qui sortira en 2019, propose Uma Thurman, Tim Roth et Stephen Fry à l’affiche. Alex a étudié la psychanalyse pendant trois ans, et a travaillé pendant deux ans dans une clinique pour jeunes. Dans son silence, son premier roman, est sur le point de devenir un phénomène dans le monde entier.

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L’étranger dans la maison – Shari Lapena

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Parution le : 17-01-2019
Éditeur : Presses de la cité

Résumé :  Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d’amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu’un s’introduit en leur absence dans la maison…

Mon avis : Nous croyons souvent qu’avoir une belle maison, une situation confortable et une femme ou un homme qui nous a dit « oui » pour la vie et qu’on aime en retour sont les ingrédients essentiels et indispensables pour une vie droite et épanouie. N’est-ce pas ces vies lisses et édulcorées qui cachent le plus souvent des secrets inavouables ? Ou ces trompeuses apparences se cachent sous des insignifiantes parties de notre quotidien. Mais il suffit d’un moment, d’une simple soirée en somme banale pour que le voile se lève sur une réalité bien plus angoissante… Rideau !!!!
C’est le cas pour Tom et Karen. Il n’a suffit de pas grand chose pour que tout bascule et que leur vie prenne un tournant à 360° et change totalement l’ordre de leur petite vie rêvée.
Un soir, alors que Tom rentre de sa journée de travail, il découvre avec surprise que la maison qu’il partage avec sa femme Karen est vide malgré les lumières allumées, le repas en cours de préparation. Une maison vivante sans personne pour y donner une véritable âme… Tom s’agace, il s’inquiète puis il a peur. Où se trouve sa femme ? Elle n’a pas pu s’enfuir de la maison en laissant tout ce bazar. Ce n’est pas son genre, elle qui est si rangée, si organisée sans aucun accroc. Après quelques coups de téléphone, pris dans l’urgence de la panique, Tom réalise avec effroi par le biais d’inspecteurs de police, qui sont venus taper à sa porte, que Karen a eu un grave accident de la route. Sa voiture, roulant à toute vitesse, a percuté un poteau dans un quartier sombre de New-York où en parallèle un cadavre est trouvé dans un restaurant abandonné. Elle est à l’hôpital, atteinte d’une amnésie temporaire… Elle ne se souvient de rien.

Que faisait-elle dans cet endroit? Pourquoi roulait-elle aussi vite?

Tom se questionne : il va réaliser avec le temps que d’autres questions vont faire surface et que certaines réponses vont être comme un poignard saignant son cœur. Leur couple se fissure. Karen, depuis son retour de l’hôpital, voit des objets qui mystérieusement bougent dans leur maison. Un verre déplacé, un dessus de lit froissé, le bouchon d’un flacon de parfum déposé sur le côté. Sont-ce de simples oublis dus à son amnésie ? Karen est persuadée du contraire. Peut-être que quelqu’un rentre chez eux en leur absence. Une enquête en cours fait resurgir un passé pas très glorieux de Karen que Tom se prend en pleine figure…. Vont-ils arriver à surmonter tout ça ? Qui se cache derrière l’étranger de la maison ?

Un lien sera vite établi entre Karen, son accident et le cadavre d’un homme…

En bref : Je ne connaissais pas cette autrice Shari Lapena et j’en suis agréablement surpris. D’une écriture qui nous prend aux tripes, rocambolesque à souhait, Shari Lapena manipule le lecteur avec talent pour le conduire dans des contrées lointaines, et le ramener subitement et sans s’y attendre, là où elle l’a décidé. Un roman débordant d’angoisse et de suspense qui une fois terminé, vous oblige à surveiller vos arrières 😀

Cependant et malgré une lecture surprenante et stressante (nous aimons cela dans le polar, qu’on se le dise), je n’ai pas eu LE coup de cœur. Je ne sais pour quelle raison mais elle ne tient qu’à moi. Je suis persuadé que ce roman sera LE coup de cœur absolu d’un bon nombre de lecteur

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November Road – Lou Berney

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Date de parution le : 06 février 2019
Éditeur : Harper Collins NOIR

Résumé : Sur une route perdue de l’Ouest américain, un homme roule à tombeau ouvert. Cet homme, c’est Frank Guidry. À ses trousses, un tueur à gages mandaté par le mafieux Carlos Marcello, qui veut se débarrasser d’un témoin indésirable dans le crime du siècle : l’assassinat de JFK.
Guidry sait que la première règle, quand on est en cavale, est de ne pas s’arrêter. Et que la seconde est de ne compter que sur soi-même. Pourtant, lorsqu’il aperçoit, au bord de la route, une femme avec une voiture en panne, deux petites filles et un chien sur la banquette arrière, il y voit une proie facile. Et la couverture qui lui permettra de leurrer l’homme qui le traque.
Alors Guidry prend le risque.
Il s’arrête.

Mon avis : Nous plongeons ici dans une folle histoire. Un véritable Road Trip aux allures de Scarface qui nous amène dans une course poursuite à travers les États-unis. L’Amérique en 1963, à la Nouvelle-Orléans ou Frank Guidry, bel homme d’une trentaine d’année y a ses habitudes, ses restaurants, ses clubs mais aussi ses filles. Guidry est en somme un beau parleur, un inconditionnel charmeur qui travail pour Carlos Marcello, un gros de la mafia. Tout est alors très simple pour Frank. Il jouit d’une vie qu’il maîtrise jusqu’au jour où un événement tragique plonge l’Amérique dans une angoisse et une tristesse inqualifiable. Le président de l’époque, John Fitzgerald Kennedy est assassiné. Une balle se loge derrière sa tête. L’Amérique est sous le choc. Nous sommes alors en Novembre 1963. Qui se cache derrière ce terrible meurtre? Lee Harvay Oswald ?  Non d’après Guidry ce dernier n’aurait jamais pu tirer un coup pareil. Un autre homme de Carlos peut-être?
La procédure habituelle dans les assassinats commandités par Carlos est de prévoir une voiture. Non loin du lieu du crime pour que le tueur puisse y accéder facilement pour la déplacer plus loin. Un autre homme est relayé à la récupérer pour ensuite la jeter dans le lac. Guidry était à lors en charge de foutre cette bagnole à l’eau. Mais voilà que cette voiture, une Cadillac est la seule preuve qui relie Frank à l’assassinat du président. Guidry, homme intelligent comprend vite le stratège et se voit fuir la Nouvelle-Orléans pour tenter de rester en vie. Carlos ne voyant pas cela d’un très bon œil décide de balancer ses hommes sur les traces de Guidry.

Un autre personnage tout aussi fascinant et très important est Charlotte, qui évolue dans les premières parties du roman en parallèle de Frank Guidry.

Charlotte est également une jeune trentenaire, jolie femme mariée à un homme depuis une décennie. Elle est le clichée d’une mère au foyer dans les années 60. Maman depuis déjà longtemps de deux petites filles Joan et Rosemary. Charlotte est une femme à tout faire, s’occupant de la maison, de l’éducation de ses enfants mais aussi de son mari, alcoolique. Elle rêve d’émancipation, elle aspire à une vie qu’elle a choisie, une vie loin de cette maison, loin de cette prison. Par un beau dimanche, sa belle famille vient déjeuner chez eux. À table, Charlotte se sent seule, incomprise et surtout pas elle même. Elle rêve de théâtre, de comédie mais elle ne récolte que les bassesses de sa belle famille qui voit Charlotte comme la simple femme de son mari. La scène qui va suivre est majeur car c’est le déclencheur idéal dont Charlotte a besoin. Elle rassemble ses affaires, celles des filles, le strict minimum suffit, sans oublier le chien, prend la voiture est disparaît direction Los Angeles ou Charlotte souhaite y refaire sa vie. Peut importe des quand dira t-on, des non-dits. Charlotte pense a elle, pense a ses filles. Malgré certains doutes, plus rien de peut l’arrêter.

Deuxième partie d’un roman. Frank Guidry rencontre Charlotte et ses filles dans une petites villes. Celui-ci y voit la proie idéale pour camoufler sa cavale. Un homme, une femme, deux enfants et un chien. La famille parfaite loin de l’homme solitaire que tout le monde recherche mort ou vif. Charlotte et Franck vont se rencontrer, se parler mais aussi se charmer. Une histoire ambiguë. Y a t-il un amour naissant ? ou simplement une simulation de Frank pour rester en vie et quitter ce pays au plus vite ?

Lou Berney ne s’attarde pas dans ce jeu là et c’est une excellente chose. Nous sommes ici dans un véritable polar. L’essence même du roman est ailleurs. D’une écriture magnétique et extrêmement bien maîtrisée, Lou Berney a réussi avec brio à enchevêtrer deux histoires complètement différentes pour nous révéler une fin, loin de tous nos soupçons. C’est un roman exaltant à la limite de l’angoisse. À LIRE ABSOLUMENT

Une véritable claque littéraire et un vrai coup de cœur.   

 

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L’Unité Alphabet – Jussi Alder Olsen

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Date de parution : 29/08/2018
Maison d’édition : ALBIN MICHEL

Résumé : L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’horribles traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des Jeux olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Mon avis : Vous avez sûrement tous entendus ou lus les enquêtes du département V de Jussi Alder Olsen. Ce maître du polar scandinave nous revient en France avec son tout premier roman L’Unité Alphabet. Pour les lecteurs de cet auteur de génie, sachez que nous sommes ici dans une toute autre histoire aussi bien déroutante que poignante.

Loin d’être un récit sur la guerre dont l’histoire s’inspire comme toile de fond, nous plongeons dans le temps, en 1945 en Allemagne nazie avec pour chancelier…Hitler. Je ne vais pas épiloguer sur cette partie de l’histoire, je pense que ça parle à tout le monde. Nous faisons alors connaissance de nos deux protagonistes Bryan et James amis depuis la plus tendre enfance dont un lien indéfectible les uni. Un véritable amour fraternel les enlace et à eux deux, ils se sentent plus fort. Ils ont longuement refait le monde et pleins de promesses les unissaient. Jusqu’à ce moment où leur hélicoptère en plein vol est touché. Malgré le froid et la tempête, nos deux compères survivent. (voilà un mot qui prendra toute sa macabre splendeur au cours de l’histoire). Isolés sur le sol Allemand, Bryan et James vont devoir se faire passer pour fous et opter pour une nouvelle identité après avoir intégré l’Unité Alphabet, un hôpital psychiatrique militaire qui a pour particularité de faire des expérimentations sur les humains notamment la sismothérapie soit la thérapie par électrochocs. Va alors s’en suivre toute une machination pour se faire passer pour des véritables allemands en intégrant au mieux l’identité qu’ils ont  du voler. Nous sommes ici dans un huis-clos à nous couper le souffle. Tous les détails de la folie y sont décrits à la perfection. Mais dans cette unité, il n’y à pas que des fous, Bryan et James vont également rencontrer des simulateurs qui préparent des coups machiavéliques. Après plusieurs mois d’enfermement, de violences et de bizutages, Bryan réussit à s’échapper sans autre choix que de laisser James seul. Plus de trente ans après Bryan toujours envahit par la culpabilité de cet abandon décide de retrouver les traces de son ami. Un long chemin parsemé d’embûches va l’entendre sur les terres de son triste passé.

C’est un récit sur la trahison comme il en arrive tous les jours et dans toutes sortes de situations. Malgré l’amour que l’on porte à une personne, il suffit que l’absence et le temps viennent au rendez-vous pour que l’ordre change. D’une écriture magistrale, Jussi Alder Olsen m’a une fois de plus démontré son talent. L’intrigue vous tient au corps sur une histoire parfaitement cohérente et la narration quant à elle et bien plus que maîtrisée. Il nous glisse des frissons dans le bas du dos, nous coupe la respiration quand nous nous y attendons le moins et nous promet pleins de papillons dans le bas ventre.

UN VÉRITABLE COUP DE CŒUR POUR CETTE FIN D’ANNÉE 2018

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Les fantômes de Manhattan – RJ Ellory

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Écrivain prolifique les fantômes de Manhattan est le dixième roman parût chez SONATINE EDITIONS le 07 juin 2018

Résumé : Annie O’Neill tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Un nommé Forrester entre un jour dans sa boutique et se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. Il est venu lui apporté un manuscrit, l’histoire d’un jeune rescapé de l’Holocauste, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, avant de devenir une des grandes figues du banditisme new-yorkais.
Quel rapport y a t-il entre cette histoire et la famille d’Annie? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Mon avis : C’est toujours un plaisir de plonger le nez dans un roman de R.J Ellory et avec lui il y a toujours de quoi se délecter. Nous sommes ici dans un thriller totalement psychologique (pas de sang ni de boyaux). L’histoire est incroyablement bien ficelée et promet des rebondissements de très grandes qualités. En effet, les chapitres sont alternés par l’histoire actuelle et la lecture des différentes parties du manuscrit. Cela nous mène petit à petit à la compréhension de l’histoire, on ne peut donc s’y perdre, tout est absolument bien cadré, millimétré et bien agencé
Nous accompagnons ici Annie, jeune trentenaire qui a eut pour héritage de ses parents une librairie dans un quartier peu connu et peu fréquenté en plein cœur de Manhattan. Aucun support parental pour se construire, Annie est mal dans sa peau et ne trouve sa place nul part. Son seul ami et confident est son voisin de pallier Jack Sullivan, un homme d’age avancé qui porte son lourd passé sur ses épaules, mais avec lui, une véritable histoire d’amitié lie nos deux personnages. C’est en quelque sort le père qu’elle n’a jamais connu. Jack Sullivan, tout ivrogne qu’il fût, elle peut lui pardonner ses bizarreries et ses mouvements d’humeurs. C’est peu dire…
Un soir , un homme rentre dans sa librairie, il témoigne à Annie qu’il a connut personnellement son père et qu’a eux deux, ils ont ouvert un club de lecture. Tenant dans sa main un manuscrit qui lui proposa avec grande douceur de lire avant leur prochain rendez-vous. Annie, stupéfaite et au bord des larmes accepte le marché et à l’aide de son acolyte, va lire le manuscrit qui se voudra poignant et déchirant. Est-ce un témoignage ou le fruit d’une imagination morbide? Après le lecture, Annie doute, a peur, elle se questionne mais Jack Sullivan lui donne sa protection contre cet inconnu. Va s’en suivre la quête d’une vérité depuis trop longtemps cachée.

RJ. Ellory, un homme qui va la où l’on ne l’attend pas. Premièrement je vous conseille de faire abstraction des derniers romans que vous avez pu lire de cet auteur. Celui-ci diffère grandement des autres quant à l’écriture et à la construction narrative.
Mais, quel plaisir de le lire. 🙂
RJ. Ellory est un compteur hors pair qui ne tombe jamais dans le mélodrame. Les fantômes de Manhattan, une véritable pépite…
Bon, vous l’avez compris, le nouveau roman de RJ. Ellory, je l’ai adoré, il fait parti de mes coup de cœur de l’été 2018 😉 . Je vous laisse en juger par vous même.

Extrait choisi : Forrester fut ponctuel. Sullivan était déjà dans l’arrière-boutique, hors de vue. Il était à jeun, n’avait pas oublié et, qui plus est, était arrivé en avance. Annie lui en fut reconnaissante, bien plus qu’il n’aurait pu le deviner à voir la nonchalance de son accueil quand il parut à la porte du magasin.
« Bonne journée? Demanda t-il
– Très calme » répondit-elle, ayant décidé avant son arrivée de ne pas lui parler de David Quinn.
Indépendamment des doutes qu’elle-même pouvait entretenir au sujet de ce dernier, Annie O’Neill était assez prévenante pour prendre les sentiments de Sullivan en considération. Même si aucune relation intime n’était envisageable entre elle et lui, elle lui était très chère, elle le savait. Il nourrissait à son égard des sentiments d’une nature avunculaire, pour ne pas dire paternelle, et si son comportement devait brutalement changer, et de façon radicale, nul doute qu’il s’inquiéterait. Sa présence au magasin avant l’arrivée de Forrester, le fait qu’il ait réussi à venir en disaient long sur le souci qu’il avait de son bien-être.

Quelques mots sur l’auteur : RJ. Ellory  de son nom complet Roger Jon Ellory est un écrivain britannique né le 20 juin 1965 à Birmingham. Auteur de romans policier et de thriller.

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Les assassins – R.J Ellory

Les assassins RJ Ellory

Résumé : Sur dix-huit mille meurtres par an aux États-Unis, seulement deux cent sont le fait de tueurs en séries. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire le lien entre eux. Personne sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu’ils ont été commis à la date d’anniversaire d’un meurtre passé, oeuvre chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funeste hommage?

Mon avis : Bien évidemment dans tous mes articles, je donne mon propre avis. Celui-ci est personnel et sans aucune prétention. Mais nous ne pouvons pas aimer ce genre littéraire soit : Le polar sans apprécier les histoires de R.J Ellory. Cet homme fait partie des plus grands écrivains de la décennie après Caleb Carr et Donato Carrisi. Il est pour moi entre ce dernier et Elizabeth Georges 😉 R.J Ellory transfigure ici le roman de serial killer en lui apportant un souffle nouveau. L’histoire est surprenante et envahie de suspens. Aucune fausse note quant aux intrigues (je tombais dans le panneau à chaque fois). Les personnages, surtout celui de John Costello, personnalité récurrente du début jusqu’à la fin. Un homme secret, étrange, méfiant avec pour cerveau une véritable encyclopédie, expert dans les tueurs en séries. Celui-ci va contribuer parallèlement à aider les enquêteurs sur ce dossier sans fin. Le meurtrier opère mais pas la moindre trace ni aucun indice en vue qui pourrait les aider. Attention tout de même, il faut être bien attentif et suivre consciencieusement l’histoire car beaucoup de personnalités font leur apparition au gré des pages, chacun y apporte une touche de vérité, sans quoi , nous perdons vite le fil conducteur, l’essence même de ce roman.
R.J Ellory extrait le nectar d’une psychologie déviante avec cette évocation des plus grandes figures des tueurs qui ont à jamais marqué les États-Unis. Ted Bundy, le Zodiac ou encore Jeffrey Dahmmer. Il a un sens aigu du détail qui fait vrai, ce qui donne à celle-ci sa crédibilité et accroît la vraisemblance du récit. Cela donne clairement naissance à un petit bijou à la fois puissant et révélateur d’une Amérique traumatisée.
Pour les amateurs de polar, prenez vite ce roman entre vos mains. Avec ce roman R.J Ellory signe son plus beau coup de maître. 😉 Excellente lecture à vous 🙂

Extrait choisi : Pendant longtemps, John Costello tenta d’oublier ce qui s’était passé. Fit semblant, peut-être que ça n’était jamais arrivé. Le diable se présente sous la forme d’un homme, enveloppé par l’odeur des chiens.
À voir sa tête, on aurait cru qu’un inconnu lui avait donné un billet de 50 dollars dans la rue. Un air surpris. Une sorte d’émerveillement satisfait. John Costello se souvenait d’un bruit d’ailes affolées lorsque les pigeons fuirent la scène. Comme ils savaient.
Il se souvenait que l’obscurité était tombée à la hâte ; retardée quelque part, elle était maintenant soucieuse d’arriver à l’heure dite. C’était comme si le diable avait le visage d’un acteur – un acteur oublié, au nom effacé, mais dont la tête rappellerait vaguement quelque chose.
« Je le connais… Oui, c’est… c’est… Chérie, l’autre type, là. Comment il s’appelle, déjà? »
Il avait pleins de noms. Tous signifiaient la même chose.

Quelques mots sur l’auteur : R.J. Ellory est né en Angleterre en 1965. Après, entre autres, Seul le silence et Vendetta, Les Assassins est son huitième roman publié en France chez Sonatine Éditions

« Si tu regardes trop longtemps l’abîme, l’abîme aussi regardera en toi » Nietzsche

Amicalement vôtre

Hanae

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Psychopathe – Keith Ablow

 

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Résumé : « Docteur Clevenger, le sang des autres me couvre et me souille, pourtant mon cœur n’est pas dénué de bonté. Je n’ai pas de raison de tuer, mais je ne peux pas m’empêcher de le faire. Mon désir dévorant de la vie des autres est plus grande que l’envie de nourriture, de sexe ou de savoir. Il est irrésistible. »
Que faire lorsqu’un psychopathe croit pouvoir se délivrer de ses propres démons en provoquant les confessions de ses victimes? Que faire face à un meurtrier insaisissable, surnommé « le tueur des autoroutes », qui élimine par empathie ses proies lorsqu’elles refusent de se confier davantage? Un homme qui sait pourtant ouvrir toutes les barrières mentales, qui pleure en les égorgeant et se conduit au quotidien comme le plus charmant des compagnons… Franck Clevenger, docteur en psychiatrie régulièrement sollicité par le FBI, se retrouve confronté à un cas particulièrement effrayant de schizophrénie. L’homme qu’il traque est un nomade, un psychiatre comme lui, un double en négatif de ce qu’il pourrait être…

Mon avis : Avant toutes choses: J’ADORE KEITH ABLOW!!! J’ai lu ce roman il y a quelques années maintenant mais son histoire est bien ancrée dans les abysses de ma conscience car j’ai été happé par son récit, par ses protagonistes et surtout par sa complexité. Nous sommes ici dans les bas-fonds émotionnels d’un tueur, nos rentrons littéralement dans son esprit comme si notre propre regard devenait le sien. C’était parfois déroutant tellement les descriptions y sont précises, presque réelles… Nous nous introduisons dans un duel psychique entre un grand et renommé psychiatre expert en criminologie et un psychopathe schizophrène à la personnalité exacerbée qui soigne les autres, se repaît de leurs histoires avec un talent tel qu’il parvient à inspirer une confiance naturelle et quasi immédiate. Les deux hommes sont rusés, intelligents et manipulateurs. Leur frontière est floue, presque invisible. Le bien contre le mal, le jour affrontant la nuit jusqu’au moment où ces personnages ne savent plus dans quel camp se ranger. Le style de ce roman est vraiment plaisant. Il y a de nombreux avantages comme par exemple avoir des psychiatres comme protagonistes, cela nous donne des détails sur les personnalités psychotiques au fils du roman, ça enrichit et donne plus de profondeur au récit et surtout d’avoir comme tueur…
Bon je ne peux pas vous en divulguer d’avantages. Je veux vous laisser sur cette fin. Il vous suffit juste de vous procurer ce petit chef d’oeuvre pour en connaitre le dénouement. Ce roman a était une très jolie révélation. C’est le deuxième polar qui m’a le plus fasciné.

Le premier? Je vous laisser jeter un œil à l’article que je lui ai dédié 😉 C’est juste ICI

Extrait choisi : La Dixième Symphonie de Malher passait sur la stéréo de la BMW X5, mais la sérénité de ce morceau ne parvenait pas à apaiser Jonah. Sous l’effet de la fureur, sa peau était bouillante. Les paumes de ses mains, sur le volant brûlaient. Son cœur cognait, pompait plus de sang à chaque battement, engorgeait son aorte, dilatait sa carotides, si bien que l’intérieur de son crâne, quelque part dans les lobes temporaux de son cerveau, palpitait. Il s’aperçut qu’un flot enivrant d’oxygène, dans les profondeurs de son être, l’attirait irrésistiblement en lui-même. Le désir dévorant de tuer débutait toujours de cette façon et il croyait toujours qu’il parviendrait à le contrôler, à le soumettre en le chevauchant sur une autoroute interminable, comme son grand-père brisait les poulains nerveux dans le ranch des plaines de l’Arizona où Jonah avait passé son adolescence. Sa psychopathie était si rusée qu’elle parvenait à le persuader qu’il était plus fort qu’elle, que ce qu’il y avait de bon en lui pouvait vaincre le mal. Et il le croyait toujours, alors qu’il avait abandonné seize cadavres au bord des autoroutes.

Quelques mots sur l’auteur : L’américain Keith Ablow est un expert en psychiatrie criminelle. Il est l’auteur de six romans mettant en scène le personnage récurent de Franck Clevenger, lui aussi psychiatre régulièrement consulté pour les enquête les plus dures. Salué par James Ellory ( Les assasins, les anonymes...) et Dennis Lehane ( Un dernier verre avant la guerre, Gone, Baby, gone…) comme l’une des grandes révélations du thriller de ces dernières années. Keith Ablow est traduit en France par les éditions du Rocher.

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Sans l’ombre d’un témoin – Elizabeth George

Elizabeth Georges

Résumé : Londres. Une série de crimes atroces visent de jeunes adolescents métis des quartiers défavorisés, tous torturés selon un rituel macabre. Désireuse de boucler cette affaire au plus vite, Scotland Yard confie l’enquête à l’inspecteur Thomas Lynley et à sa fidèle adjointe Barbara Havers, contraints cette fois-ci de faire équipe avec un psychologue et un énigmatique sergent. C’est le début d’une véritable plongée au cœur des bas-fonds londoniens où un serial killer s’apprête à accomplir son grand oeuvre…

Mon avis : C’est toujours pour moi un plaisir de retrouver cet auteur. Elizabeth George, écrivain prolifique, Papesse des romans policiers dont l’écriture me tient sans cesse en haleine. Presque mille pages de suspens, d’intrigue dont l’histoire est parfaitement maîtrisée. On retrouve Barbara Havers un agent pas tout à fait comme les autres, dont les problèmes avec la hiérarchie, la vie plutôt malsaine et un langage extrêmement familier, nous inspire la compassion, l’amitié mais aussi l’agacement. Thomas Lynley, policier pointilleux issue de l’aristocratie britannique est quelque peu exigeant sur les bonnes manières et les traditions. Un véritable duo de choc mais contre toute attente fonctionne. Ces personnages sont pour moi un atout majeur aux romans de cette écrivaine. Une étude très élaborée de Londres et de ses recoins narrée par un auteur américain nous donne déjà une description très précise et pointue des lieux. C’est une invitation au voyage. On ferme les yeux et on s’y croirait presque. Une lecture qui pour moi a été captivante, solide et riche. Ce qui est passionnant dans les romans d’Elisabeth Georges c’est que les personnages évoluent au fil des livres. Jamais totalement les mêmes que dans les récits précédents mais dans une continuité psychologique certaine. Nous les retrouvons comme de vieux amis et le fait que chaque roman soit un pavé installe le récit dans la durée ce qui ajoute du plaisir à chaque lecture. Ce n’est pas le premier roman que je lis de cette écrivaine mais je peux dire que pour l’instant c’est celui qui m’a le plus marqué de par l’histoire où trois thèmes sociaux sont abordés -1) le racisme institutionnel -2) la place des médias dans une enquête -3) les réseaux pédophiles – de par le suspens (on ne sait jamais où les scènes vont nous amener), de par l’intrigue mais aussi par les rebondissements. J’ai eu beau me creuser les méninges pour avoir une vague idée de l’identité du coupable et bien… Je vous conseille de le lire.

Extrait choisi : Lorsqu’elle coupa le contact ce soir-là, Barbara Havers resta dans la Mini, écoutant tristement le moteur qui crachait. Elle appuya la tête contre le volant. Elle était claquée. Bizarre de penser qu’il était plus fatigant de passer des heures sur l’ordinateur et au téléphone qu’à sillonner Londres à la recherche de témoins, suspects, rapports et autres éléments, et pourtant c’était le cas. Fixer un écran de terminal, lire et surligner des listing, débiter le même monologue à des parents désespérés lui donnait une furieuse envie de haricots blancs à la sauce tomate – apportez-moi une boîte de Heinz, cet ultime réconfort – et de s’allonger sur le lit avec la télécommande. En un mot, elle n’avait pas eu un instant de répit au cours de ces deux premiers jours interminables.

Quelques mots sur l’auteur : Elizabeth George est une écrivaine d’origine américaine. Elle est renommée pour ses ouvrages dans la pure tradition du whodunit* britannique. Auteure prolifique, son oeuvre se compose d’une vingtaine de romans. Sans l’ombre d’un témoin est son treizième opus paru en 2005 aux éditions Presse de la cité

* synonyme du roman d’énigme classique du début du xxe siècle).

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Le tribunal des âmes – Donato Carrisi

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Résumé : Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables. Marcus est un homme sans passé. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée. Sa spécialité : analyser les scènes de crime. Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent pour les conduire chacun au carrefour où il faut choisir entre la vengeance et le pardon.

Mon avis : J’ai découvert Donato Carrisi grâce à son tout premier roman Le chuchoteur paru aux éditions Calmann-Levy en 2010 et mon Dieu! Quelle découverte. Pour moi, cet auteur est un prodige dans le genre du polar. Tous les ingrédients sont réunis pour que l’intrigue, le suspens et l’angoisse nous agrippent et ne nous lâchent plus jusqu’aux derniers mots de la dernière page. Dans cet opus, Donato Carrisi donne libre cours à sa passion pour l’histoire, en particulier celle de Rome et du Vatican. Nous plongeons littéralement au cœur même des archives de son noir passé. Cela confère au roman un réel ancrage géographique. Nous y sommes, les bas-fonds de Rome et ses méandres. Contrairement à d’autres polars où la police a une place évidente au sein du récit, nous faisons ici la rencontre d’un agent un peu particulier. Il examine les scènes de crime en y recherchant l’identité-même du Mal toujours en retrait des policiers, il mène une enquête parallèle. Il se prénomme Marcus, il est pénitencier et fait secrètement partie d’une confrérie secrète que seul le Vatican a le don de posséder. Un homme secret, sans passé ni véritable futur (Carpe diem prend avec lui tout son sens). Il y a aussi Sandra, enquêtrice photo pour la « vraie » police, traumatisée par la perte de son mari. D’un naturel solitaire, elle va croiser le chemin du pénitencier. Deux destins sur la piste du mal. Mais comment faire le poids face à un tueur transformiste? Où se cache la vérité? Y a-t-il une ombre dissimulée derrière la lumière? L’imagination de Donato Carrisi nous offre ici un roman d’une extrême justesse, une histoire bien ancrée, d’une intrigue saisissante et de rebondissements ahurissants. Avec une plume identifiable, Donato Carrisi a su s’imposer dans les thrillers aux romans effrayants et captivants.
JE SUIS FAN 😉

Savez-vous où se trouvent les plus grandes archives criminelles du monde? AU VATICAN

Extrait choisi : 07h37. Le cadavre ouvrit les yeux. Il était allongé sur le dos. La pièce était blanche, éclairée par la lumière du jour. Sur le mur, devant son lit, trônait un crucifix en bois. Il observa ses bras étendus le long de ses flancs, sur les draps blancs également. C’était comme si ses mains ne lui appartenaient pas. Il en souleva une – la droite – et la tint devant ses yeux pour mieux la voir. C’est alors qu’il effleura le bandage qui lui couvrait la tête. Il était blessé, mais ne ressentait aucune douleur. Il se tourna vers la fenêtre. La vitre lui renvoya le faible reflet de son visage. À ce moment-là, la peur arriva. La question lui fit mal. Mais le pire était de ne pas connaître la réponse :
Qui suis-je?

Quelques mots sur l’auteur : Donato Carrisi, né le 25 mars en Italie est juriste de formation, spécialisé dans la criminologie et les sciences du comportement. Il délaisse le droit pour se consacrer à l’écriture. Le chuchoteur est son premier roman, qui connaîtra un franc succès et sera édité dans douze pays. Il naîtra de son imagination :
– La série Mila Vasquez avec Le chuchoteur (2010) et l’Écorchée (2012)
– La série Marcus et Sandra : Le tribunal des âmes (2011), Malefico (2014) et Tenebra Roma (2017) La fille dans le brouillard (2015).
– Il publiera également La femme aux fleurs de papiers en 2012.

Un immense merci pour votre soutien. N’hésitez pas à me suivre – à commenter – à partager. Et surtout n’oubliez pas, nous sommes liés par la même passion.

Amicalement vôtre

Hanae