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Sans l’ombre d’un témoin – Elizabeth George

Elizabeth Georges

Résumé : Londres. Une série de crimes atroces visent de jeunes adolescents métis des quartiers défavorisés, tous torturés selon un rituel macabre. Désireuse de boucler cette affaire au plus vite, Scotland Yard confie l’enquête à l’inspecteur Thomas Lynley et à sa fidèle adjointe Barbara Havers, contraints cette fois-ci de faire équipe avec un psychologue et un énigmatique sergent. C’est le début d’une véritable plongée au cœur des bas-fonds londoniens où un serial killer s’apprête à accomplir son grand oeuvre…

Mon avis : C’est toujours pour moi un plaisir de retrouver cet auteur. Elizabeth George, écrivain prolifique, Papesse des romans policiers dont l’écriture me tient sans cesse en haleine. Presque mille pages de suspens, d’intrigue dont l’histoire est parfaitement maîtrisée. On retrouve Barbara Havers un agent pas tout à fait comme les autres, dont les problèmes avec la hiérarchie, la vie plutôt malsaine et un langage extrêmement familier, nous inspire la compassion, l’amitié mais aussi l’agacement. Thomas Lynley, policier pointilleux issue de l’aristocratie britannique est quelque peu exigeant sur les bonnes manières et les traditions. Un véritable duo de choc mais contre toute attente fonctionne. Ces personnages sont pour moi un atout majeur aux romans de cette écrivaine. Une étude très élaborée de Londres et de ses recoins narrée par un auteur américain nous donne déjà une description très précise et pointue des lieux. C’est une invitation au voyage. On ferme les yeux et on s’y croirait presque. Une lecture qui pour moi a été captivante, solide et riche. Ce qui est passionnant dans les romans d’Elisabeth Georges c’est que les personnages évoluent au fil des livres. Jamais totalement les mêmes que dans les récits précédents mais dans une continuité psychologique certaine. Nous les retrouvons comme de vieux amis et le fait que chaque roman soit un pavé installe le récit dans la durée ce qui ajoute du plaisir à chaque lecture. Ce n’est pas le premier roman que je lis de cette écrivaine mais je peux dire que pour l’instant c’est celui qui m’a le plus marqué de par l’histoire où trois thèmes sociaux sont abordés -1) le racisme institutionnel -2) la place des médias dans une enquête -3) les réseaux pédophiles – de par le suspens (on ne sait jamais où les scènes vont nous amener), de par l’intrigue mais aussi par les rebondissements. J’ai eu beau me creuser les méninges pour avoir une vague idée de l’identité du coupable et bien… Je vous conseille de le lire.

Extrait choisi : Lorsqu’elle coupa le contact ce soir-là, Barbara Havers resta dans la Mini, écoutant tristement le moteur qui crachait. Elle appuya la tête contre le volant. Elle était claquée. Bizarre de penser qu’il était plus fatigant de passer des heures sur l’ordinateur et au téléphone qu’à sillonner Londres à la recherche de témoins, suspects, rapports et autres éléments, et pourtant c’était le cas. Fixer un écran de terminal, lire et surligner des listing, débiter le même monologue à des parents désespérés lui donnait une furieuse envie de haricots blancs à la sauce tomate – apportez-moi une boîte de Heinz, cet ultime réconfort – et de s’allonger sur le lit avec la télécommande. En un mot, elle n’avait pas eu un instant de répit au cours de ces deux premiers jours interminables.

Quelques mots sur l’auteur : Elizabeth George est une écrivaine d’origine américaine. Elle est renommée pour ses ouvrages dans la pure tradition du whodunit* britannique. Auteure prolifique, son oeuvre se compose d’une vingtaine de romans. Sans l’ombre d’un témoin est son treizième opus paru en 2005 aux éditions Presse de la cité

* synonyme du roman d’énigme classique du début du xxe siècle).

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L’Aliéniste – Caleb Carr

L'aliéniste-Caleb Carr

Résumé : New York 1896… Un meurtrier auprès duquel Jack l’Éventreur fait piètre figure sème aux quatre coins de Lower East Side les cadavres d’adolescents atrocement mutilés sans provoquer la moindre réaction des pouvoirs publics… Révolté par tant d’indifférence, Theodore Roosevelt, alors préfet, fait appel à ses amis John Schuyler Moore, chroniqueur criminel, et Laszlo Kreizler, aliéniste, spécialiste des maladies mentales, pour élucider cette énigme terrifiante. Leurs procédés sont révolutionnaires! En étudiant les crimes, ils pensent pouvoir brosser le portrait psychologique de l’assassin, l’identifier et l’arrêter. Ils ont peu de temps : le meurtrier continue à frapper. Les obstacles se multiplient mais rien ne pourra les arrêter…

Mon avis: Un véritable CHOC pour moi, c’est d’ailleurs depuis cette lecture que j’ai commencé à m’intéresser au genre du polar et depuis, après un roman plus « léger », je reviens invariablement vers eux. L’histoire se déroule au dix neuvième siècle. L’enquête y est minutieuse, haletante et jouit par ses effets de surprises et ses conclusions.  L’intrigue et la structure sont quant à elles vraiment bien ficelées. C’est un véritable bond en arrière, on prend la machine à remonter le temps et l’on se retrouve dans les rues de New York en 1896 où règne corruption et injustice sociale. Un véritable puzzle énigmatique avec des personnages à la psychologie plus que complexe. J’ai adoré le personnage du très mystérieux Laszlo Kreizler (Je m’identifie à lui… ;-)) l’aliéniste (c’est-à-dire psychiatre de génie.)  Entouré d’une équipe hétéroclite et tout aussi iconoclaste que lui – un journaliste rebelle, deux policiers jumeaux et adeptes de techniques modernes, la première femme membre de la police de New York, et les deux serviteurs de l’aliéniste, un géant noir et un gosse qu’il a sauvé de la rue – Kreizler se lance avec méthode dans une bataille contre le temps et contre les sceptiques qui doutent du bien-fondé de ses théories…

La langue sublime de Caleb Carr : d’un point de vue strictement littéraire, c’est un très grand livre, superbement écrit et mené, construit de manière classique mais impeccable, sans aucune faiblesse de rythme et qui ne recourt à aucune facilité artificielle.

BREF, comme vous pouvez l’imaginer. J’AI TOUT SIMPLEMENT ADORÉ. Vous aimez les polars? Vous n’avez jamais eu l’occasion de lire. Et bien c’est le moment. N’hésitez pas une seule seconde. Vous allez être conquis. 😉

Extrait choisi:  Messieurs, enchaîna-t-il, nous ne savons rien du criminel que nous cherchons. Nous ne savons même pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Tout est envisageable, en effet. Lui, par contre, a eu largement le temps de mettre sa technique au point. Ce que nous devons faire – la seule chose que nous puissions faire, à la vérité – c’est brosser une peinture du type de personne qui serait capable de commettre de pareils actes. Une fois cette construction achevée, tout indice ou début de piste que nous pourrions découvrir acquerrait une dimension considérablement accrue en s’intégrant à notre portrait. De plus, n’oubliez pas que nous avons maintenant un atout de taille.

Pendant toute son enfance, il a été harcelé et ces vingt dernières années, il n’a eu de contacts qu’avec des gens comme Lasky. Son expérience le conduit à penser que les rapports avec les membres de sa propre espèce ne peuvent être qu’agressifs et violents – il se compare lui-même à un animal de ménagerie. Telle est la réalité pour lui. Il sait qu’il sera injurié, battu; tout ce qu’il peut faire, c’est fixer lui-même les conditions de ses mauvais traitements, manipuler les gens pour les amener à cette violence, comme il manipulait autrefois les enfants qu’il torturait et tuait.

Quelques notes sur l’auteur : Caleb Carr est né en 1955 à New York. Il est le fils de l’un des plus grands noms de la « beat generation » Lucien Carr. Il poursuit des études d’histoire avant de publier son premier roman en 1979. Spécialisé dans l’histoire militaire, ou encore ce qu’il appelle la « violence organisée », il se fait connaitre par des essais et des articles en matière de diplomatie et de stratégie.

L’aliéniste est son premier roman paru aux éditions Presse de la Cité en 1995 dont il a reçu le grand prix de littérature policière en 1996, par la suite il y aura l’ange des ténèbres (1998), le tueur de temps (2001) et le secrétaire italien (2006).

 

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Rencontre avec un libraire – La tête ailleurs le

La tête ailleurs LOGO

 

Dans cet article je vais vous parler de ma rencontre avec une librairie que j’affectionne tout particulièrement pour différentes raisons. J’ai eu la chance de m’entretenir avec une personne tellement passionnée que notre échange en fut constructif et envahi de respect.

Prenons le métro, plus précisément la ligne 9 et arrêtons-nous à la station Saint-Ambroise. Située dans le onzième arrondissement de Paris (sur la rive droite de la Seine entre les places de la Nation, de la République et de la Bastille, à quelques pas du Bataclan), dans la rue de la Folie-Méricourt, au numéro 42, se trouve une librairie toute charmante et charmeuse au nom rêveur LA TÊTE AILLEURS. Le grincement de la porte est une invitation au voyage et nous sommes frappés par ces m² ou aucun livre ne se bouscule. Tout y est organisé, rangé et mis en valeur par les mains expertes de trois femmes, collègues dans la vie comme au travail, elles sont animées par une seule et même passion. Tout sourire, elles vous accueillent, prennent le temps qui, lui, s’arrête un instant. Isabelle, Maryse et Sophie, amoureuses des livres, sont là, pour vous servir. Je suis sous le charme.

J’ai pris un beau jour mon courage à deux mains et j’ai contacté l’une d’entre elles via facebook pour pouvoir éventuellement les rencontrer et leur poser quelques questions. D’une incroyable gentillesse et rapidité j’ai obtenu ma réponse et dès le lendemain me voici en compagnie d’Isabelle avec qui j’ai pu échanger.

L’interview:

Hanae: « Bonjour Isabelle, avant tout, je tiens à vous remercier de me recevoir et de prendre du temps pour moi. Comment est né votre projet d’ouvrir une librairie et depuis quand celle-ci a vu le jour? »

Isabelle: « Bonjour Hanae, tout le plaisir est pour moi. Notre librairie, la tête ailleurs à vue le jour le 26 mai 2016, cela va faire bientôt 2 ans. Je ne suis pas seule, nous sommes trois, trois copines pour cette belle aventure qui je l’espère, va durer le plus longtemps possible. Nous sommes des passionnées de livres. Travaillant dans la communication nous avons décidé de réaliser notre rêve. Comme on dit: « Rome ne s’est pas faite en un jour », nous nous sommes longuement concertées, nous avons pris du temps et effectué les démarches nécessaires et depuis… nous voilà :-). »

Hanae: « Comment gérez-vous votre temps de travail et toute l’organisation interne? Car j’imagine, le travail en amont doit être conséquent? »

Isabelle: « En effet, cela demande beaucoup d’organisation, mais chacune de nous sait quoi faire. Nous travaillons à coté pour subvenir aux besoins donc nous nous répartissons les plages horaires en demi journée. Cela nous laisse du temps pour honorer nos rendez-vous professionnels. Quant aux achats et commandes des livres, c’est Maryse qui s’en occupe. Elle prend contact avec les représentants des maisons d’éditions. Pour les choix de romans dans notre librairie, nous fonctionnons avec nos coups de cœur, aux tendances actuelles et nos proches qui nous guident sur les choix de romans dans certaines catégories comme l’histoire et les sciences humaines. Nos journées sont bien remplies et on adore ça. »

Hanae: « Quel est l’avantage pour vous, d’acheter dans une librairie indépendante? »

Isabelle: « Oh! Il y a de nombreux avantages. Tout d’abord le contact avec les gens, l’échange. C’est très important. Nous avons créé une véritable relation avec nos clients c’est super agréable de nous reconnaître. Je dirai aussi que le rapport est direct, sans fioritures, nous sommes dans l’intime. Par exemple, un client peut nous conseiller un livre qu’il faut absolument lire. Le conseil va dans les deux sens. C’est génial. On ne retrouve pas cela dans les grandes enseignes ou du moins pas aussi intimiste. Nous sommes ici, dans le véritable, le partage et la communication. Et, grâce à la loi Lang, le prix des livres reste unique, cela limite clairement la concurrence. »

Hanae: « Isabelle, ma prochaine question est personnelle et j’aimerai avoir votre réponse sans réflexion. Totalement brute. Quelle est selon vous la recette d’un bon roman? »

Isabelle: « C’est avant tout une question de feeling. Si un roman à du style, une belle histoire, de l’inattendu, des personnages complexes et attachants ou du moins qu’il vous crée une émotion, alors le livre a tous les ingrédients pour être un bon roman. C’est propre à chacun, pour ma part, je suis bouleversée par les romans historiques qui parlent de la guerre et des camps de concentration. L’histoire de ces personnages et de leurs drames, moi, ça me bouleverse. Je vous conseille de lire les romans d’Irène Némirovsky. »

Hanae: « Une dernière question pour vous Isabelle. Quel est votre rapport face au numérique? »

Isabelle: « Je ne suis pas contre, cela peut être pratique. J’ai essayé de lire sur une tablette mais ce n’est pas fait pour moi, j’ai besoin de toucher le livre, tourner ses pages, sentir son odeur. Le lien est plus puissant. Avec une liseuse, je trouve la sensation froide sans âme. Mais, je dois lui reconnaître des avantages comme par exemple, une tablette ne prend pas de place et l’on peut y stocker plusieurs romans et puis pour des personnes avec des problèmes de vue, ils peuvent agrandir le texte etc… Mais, je suis peut être pas née à la bonne époque. Internet a quelque chose d’hallucinant, on peut tout faire avec, mais j’aime prendre mon dictionnaire pour y chercher un mot, j’aime chiner des romans. En fait, j’aime les pages…

Voilà pour moi un véritable coup de cœur. Je vous conseille de visiter cet endroit magique.

Libraire LA TÊTE AILLEURS

42, rue de la folie-méricourt
75011 Paris
09 81 77 40 60

Mardi-samedi: 10h30-19h30
Dimanche-lundi: 15h-19h30
Jeudi: nocture jusqu’à 22h

contact@la-teteailleurs.com

N’hésitez surtout pas à liker la page Facebook juste ici: Librairie LaTêteAilleurs

 

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L’opossum rose – Federico Axat

L'opossum rose-Frederico Axat

Résumé: Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque, le destin s’en mêlant, un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Ted s’apprête à aller ouvrir quand il aperçoit sur son bureau, et écrit de sa propre main, un mot on ne peut plus explicite : Ouvre. C’est ta dernière chance. Sauf qu’il ne se rappelle absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre. Mais qui est vraiment ce Lynch ? Et quelles sont ses conditions ?
Mon avisOk! Nous sommes bien arrivés à destination… LA FOLIE. Bienvenue dans un monde parallèle mêlant fiction et réalité. Nous avons trouvé le chaînon manquant entre John Irving et Stephen King. Il se nomme Frederico Axat.
Un roman époustouflant à la construction narrative originale et parfaitement maîtrisée. Un véritable thriller psychologique qui nous amène tout droit dans les méandres abyssales de Ted McKay (personnage central de ce livre). Il n’y a pas de bain de sang, aucune violence ici, mais un récit palpitant qui, au fur et à mesure, construit l’histoire. Les premiers chapitres sont flous, on s’y perd entre la fiction et la réalité, la folie ou la raison mais l’intrigue est quant à elle bien réelle et me pousse à creuser un peu plus pour avoir des réponses. L’histoire est bien ficelée, les protagonistes nous provoquent l’empathie, la pitié et parfois l’agacement. Les scènes se succèdent en courts chapitres sans que l’on sache vraiment où les personnages vont nous emmener.
Une véritable découverte. J’en ai adoré la lecture qui ne m’a pas laissée de marbre. Je vous conseille vivement ce roman paru aux éditions Calmann-Levy.
Extrait choisi: Deux réalités fragmentées cohabitaient dans son cerveau : à en croire la première, il avait tué Wendell, mais la seconde attestait qu’il n’était pas un assassin et qu’il avait discuté avec lui… l’intérieur d’un château miniature rose ! De toute évidence, Ted avait de sérieux problèmes, autant le reconnaître.
Quelques mots sur l’auteur: Federico Axat est un auteur de thriller psychologique né en 1975 à Buenos Aires. Peu connu en France, L’opossum rose est son troisième roman.
Romans parus précédemment:
  • Benjamin (2010)
  • La transformation des papillons (2015)
  • L’opossum rose (2016)

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Un immense merci

Hanae