Publié dans polar

Santa Muerte – Gabino Iglesias

Parution : 20 février 2020
Éditeur : Editions SONATINE

Résumé : SANTA MUERTE, PROTEGEME… Austin, Texas. Tu t’appelles Fernando, et tu es mexicain. Immigré clandestin. Profession ? Dealer. Un beau jour… Non, oublie « beau ». Un jour, donc, tu es enlevé par les membres d’un gang méchamment tatoués qui ont aussi capturer ton pote Nestor. Pas ton meilleur souvenir, ça : tu dois les regarder le torturer et lui trancher la tête. Le message est clair : ici, c’est chez eux.
Fernando croit en Dieu, et en plein d’autres trucs. Fernando jure en espagnol, et hésite à affronter seul ses ennemis. Mais avec l’aide d’une prêtresse de la Santeria, d’un Portoricain cinglé et d’un tueur à gages russe, là, oui, il est prêt à déchaîner l’enfer.

Mon avis : Un style vif, brutal et sans fioriture qui nous plonge directement dans le cartel mexicain. Fernando Nando est l’antihéros des temps modernes. Immigré mexicain, il débarque à Austin au Texas pour fuir son Mexique natal, la peur au ventre. On le kidnappe, il est conduit, on ne sait où, bâillonné, confiné dans le coffre d’une voiture. Il doit assister à la mise à mort de son pote Nestor. C’est direct, c’est froid, c’est sanglant. On ne plaisante pas ici… Une décapitation en bonne et due forme qui lui montre qu’il n’est rien. Le but est simple, Fernando doit laisser un message. Ce gang tatoué souhaite étendre leur royaume et ils n’hésiteront pas à tuer avec de nombreux modes opératoires et malsains.
Entre ses prières à la Santa Muerte, ses offrandes et ses cachetons. Fernando a un but, répondre à la mort.
La plume de Gabino Iglesias nous asperge d’acide, il rentre en plein cœur du sujet, il ne nous laisse pas le choix, pas de temps à perdre. Ce roman de 180 pages se lit d’une traite. D’un réalise sociale survolté, Gabino Iglesias nous prouve dans ce premier roman qu’il possède de grosses cojones.

Choc entre deux cultures, entre deux traditions. Les frontières se brouillent et laisse place à Gabino Iglesias.

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Les assassins – R.J Ellory

Les assassins RJ Ellory

Résumé : Sur dix-huit mille meurtres par an aux États-Unis, seulement deux cent sont le fait de tueurs en séries. Aussi les forces de police ne privilégient-elles que rarement la piste du serial killer. Lorsque quatre homicides sont commis en quinze jours à New York, selon des modes opératoires complètement différents, personne ne pense à faire le lien entre eux. Personne sauf John Costello. Documentaliste au City Herald, et véritable encyclopédie vivante des serial killers, celui-ci découvre en effet qu’ils ont été commis à la date d’anniversaire d’un meurtre passé, oeuvre chaque fois d’un tueur en série célèbre, selon une procédure rigoureusement identique. Y aurait-il dans la ville un serial killer qui s’inspire de ses prédécesseurs pour leur rendre un funeste hommage?

Mon avis : Bien évidemment dans tous mes articles, je donne mon propre avis. Celui-ci est personnel et sans aucune prétention. Mais nous ne pouvons pas aimer ce genre littéraire soit : Le polar sans apprécier les histoires de R.J Ellory. Cet homme fait partie des plus grands écrivains de la décennie après Caleb Carr et Donato Carrisi. Il est pour moi entre ce dernier et Elizabeth Georges 😉 R.J Ellory transfigure ici le roman de serial killer en lui apportant un souffle nouveau. L’histoire est surprenante et envahie de suspens. Aucune fausse note quant aux intrigues (je tombais dans le panneau à chaque fois). Les personnages, surtout celui de John Costello, personnalité récurrente du début jusqu’à la fin. Un homme secret, étrange, méfiant avec pour cerveau une véritable encyclopédie, expert dans les tueurs en séries. Celui-ci va contribuer parallèlement à aider les enquêteurs sur ce dossier sans fin. Le meurtrier opère mais pas la moindre trace ni aucun indice en vue qui pourrait les aider. Attention tout de même, il faut être bien attentif et suivre consciencieusement l’histoire car beaucoup de personnalités font leur apparition au gré des pages, chacun y apporte une touche de vérité, sans quoi , nous perdons vite le fil conducteur, l’essence même de ce roman.
R.J Ellory extrait le nectar d’une psychologie déviante avec cette évocation des plus grandes figures des tueurs qui ont à jamais marqué les États-Unis. Ted Bundy, le Zodiac ou encore Jeffrey Dahmmer. Il a un sens aigu du détail qui fait vrai, ce qui donne à celle-ci sa crédibilité et accroît la vraisemblance du récit. Cela donne clairement naissance à un petit bijou à la fois puissant et révélateur d’une Amérique traumatisée.
Pour les amateurs de polar, prenez vite ce roman entre vos mains. Avec ce roman R.J Ellory signe son plus beau coup de maître. 😉 Excellente lecture à vous 🙂

Extrait choisi : Pendant longtemps, John Costello tenta d’oublier ce qui s’était passé. Fit semblant, peut-être que ça n’était jamais arrivé. Le diable se présente sous la forme d’un homme, enveloppé par l’odeur des chiens.
À voir sa tête, on aurait cru qu’un inconnu lui avait donné un billet de 50 dollars dans la rue. Un air surpris. Une sorte d’émerveillement satisfait. John Costello se souvenait d’un bruit d’ailes affolées lorsque les pigeons fuirent la scène. Comme ils savaient.
Il se souvenait que l’obscurité était tombée à la hâte ; retardée quelque part, elle était maintenant soucieuse d’arriver à l’heure dite. C’était comme si le diable avait le visage d’un acteur – un acteur oublié, au nom effacé, mais dont la tête rappellerait vaguement quelque chose.
« Je le connais… Oui, c’est… c’est… Chérie, l’autre type, là. Comment il s’appelle, déjà? »
Il avait pleins de noms. Tous signifiaient la même chose.

Quelques mots sur l’auteur : R.J. Ellory est né en Angleterre en 1965. Après, entre autres, Seul le silence et Vendetta, Les Assassins est son huitième roman publié en France chez Sonatine Éditions

« Si tu regardes trop longtemps l’abîme, l’abîme aussi regardera en toi » Nietzsche

Amicalement vôtre

Hanae