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Trop de morts au pays des merveilles – Morgan Audic

Parution : 06 avril 2016
Éditeur : Editions du ROUERGUE

Résumé : Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu. Andersen, la mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres qui assassine, justement, une nouvelle fois. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs.

Mon avis : THE PAGE TURNER durant le confinement. Oui, Trop de morts au pays des merveilles est, pour moi, un énorme coup de cœur avec Le Manufacturier de Mattias Kopping (D’ailleurs, si tu sens la motivation de lire mon avis sur ce roman de dingue, c’est juste ICI ). Au-delà du suspense et des rebondissements à n’en plus finir, la plume de Morgan Audic joue et manipule nos sensations et nos sentiments sans aucune pitié.
ON ADORE!
Je ne connaissais pas Morgan Audic jusqu’à maintenant. Je me suis procuré son roman par simple curiosité avec, quand même, une légère influence sur les avis que j’ai pu voir circuler sur Instagram. Mais, pour être franc, je suis passé complètement à côté car : Trop de livres à lire ! Pas assez de temps ! Pas maintenant etc… Bref, toutes les excuses impossibles et inimaginables qui ont laissé ce roman sur les étagères de ma bibliothèque.
Après la lecture du roman de Maxime Chattam – Le signal (tu veux lire cet avis aussi ? Clique ICI), j’avais besoin de me plonger dans un thriller bien classique, sans sorcellerie ni magie. J’avais besoin d’une lecture très « terre à terre » et proche de la réalité.
Après quelques combats ô combien houleux entre mes bas-instincts et tous ces livres s’offrant à moi, j’ai jeté mon dévolu sur le roman de Morgan Audic – Trop de morts au pays des merveilles. Confortablement installé et accompagné d’un café et d’une cigarette (oui, je fume. Interdiction de me juger 🙂 ) j’ai attaqué la lecture et dès les premières pages, j’ai été happé par l’histoire, les personnages et le contexte.

L’histoire se déroule à Paris ainsi que sa banlieue proche et lointaine. Christian Andersen, au lourd passé, devenu avocat associé avec son meilleur ami Franck Batisti, a perdu sa femme trois ans auparavant. Il mène un combat sans merci pour retrouver l’amour de sa vie. Il engage un détective privé, crée des forums dans l’espoir qu’un parfait inconnu prévienne Andersen d’avoir aperçu son épouse, dans une station de métro, un parc, peu importe. Un lien direct ou indirect qui lui permettra de retrouver sa femme en échange d’une généreuse rançon. Nous suivons son combat sans ménagement qu’il mène corps et âme avec espoir mais, malheureusement, sans grand résultat. En parallèle, nous suivons une tout autre histoire sur des meurtres, d’une intense atrocité, qui sévissent dans toute la capitale. Le meurtrier opère avec le même modus operandi sur le profil de victimes – Femmes d’une quarantaine d’années, blondes… – étrangement similaires à la femme disparue de Christian Andersen. Est-ce l’oeuvre d’un psychopathe récidiviste ? Toutes les preuves penchent vers le Marionnettiste. Mais problème, celui-ci est en prison. L’enquête patauge et laisse planer le doute et l’angoisse. C’est sans compter sur l’aide improbable de Diane Kellerman qui mènera un combat malgré un conseil disciplinaire qui la suspendra de ses fonctions. Elle va remuer la poussière et mettre à jour bien des noirceurs qui rendront l’histoire passionnante. L’enquête se tisse telle une toile d’araignée en donnant au roman une dimension angoissante et une tension plus que palpable.

Conclusion : J’ai été subjugué par l’écriture si précise et si détaillée de Morgan Audic. En aucun cas le roman tombe dans le « too much » et là est précisément la force de l’auteur. Les personnages y sont complexes et traînent derrière eux de lourds fardeaux, ce qui donne une profondeur dramatique non négligeable. C’est diabolique, inondé de manipulation, de jeux sordides, de vices cachés et de faux-semblant. Les rebondissements y sont nombreux, divers et variés et nous en sommes béats. Quant aux rebondissements, il nous laissent sur le cul car avec toutes les suppositions que l’on se crée durant la lecture du récit, les dernières pages nous prouvent que nous étions totalement à côté de la plaque. On note également une influence flagrante sur le célèbre conte de Lewis Carroll Alice au pays des merveilles mais en beaucoup plus dark quand même.
Du coup, il faut que je lise son dernier roman paru en 2019 De bonnes raisons de mourir chez Albin Michel.

« Je ne suis pas fou, ma réalité est juste différente de la vôtre. »

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Le signal – Maxime Chattam

Parution : 06 février 2020
Éditeur : Editions POCKET / ALBIN MICHEL

Résumé : La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls, une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis. Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles. AVEZ-VOUS DÉJÀ EU VRAIMENT PEUR EN LISANT UN LIVRE ?

Mon avis : Il y a quelque jour de cela, j’ai refermé Le Signal de Maxime Chattam. Après avoir lu et adoré Un(e)secte, il m’a paru évident de lire et découvrir un peu plus cet auteur. C’est donc accompagné de mon entrain que j’ai ouvert ce gros et joli pavé (comme je les aime). J’ai constaté que le service marketing n’a pas lésiné sur les moyens. Visuellement, tout n’est qu’attraction. Un résumé alléchant qui suscite l’envie (sans rien spoiler, merci !), une typographie toute métallique vêtue et bordure de pages habillé de noir. Bref, tous les signaux sont au vert et me promettent LE grand huit intestinal.
Dès les premières pages, nous retrouvons la plume si caractéristique de Maxime Chattam. Elle s’impose à nous avec un naturel déconcertant. La fresque temporelle, historique et géographique est peinte avec brio, les personnages sont rodés, le décor est en place. Lever de rideau.

Nous rencontrons, ici, un couple. Une quadra journaliste et animatrice télé de renom accompagnée de son mari, réalisateur et écrivain de pièce de théâtre ( un peu déchu mais, quand même confortablement installé), ainsi que leurs trois enfants. Ces dernier vont jouer un rôle essentiel dans l’histoire, je ne vous en dit donc pas plus. 🙂 Nous vivons le quotidien d’une famille bien sous tous rapports qui, par consensus, ont fui les tumultes de New-York pour s’installer dans une ferme fraîchement rénovée dans les hauteurs de Mahingan Falls, un trou paumé de la Nouvelle-Angleterre. L’empreinte citadine gravée dans leur ADN, ne passe pas inaperçue dans une ville où tout se dit et tout se sait. Mais, pas d’inquiétude de ce côté là, ils vont prendre leurs marques, leurs aises et s’imposer auprès des habitants jusqu’à que…
Dit comme ça, ça ne donne pas forcément envie et l’impression de « déjà-vu » nous en donnerai presque la nausée. Mais avec Maxime Chattam rien n’est simple. Les détails naissent et prennent de l’ampleur à chaque page et l’angoisse, sans la moindre suspicion, vous saute en pleine figure.

J’ai adoré ce roman pour plusieurs raisons. Tout d’abord les détails qui parsèment le récit et qui donnent une tension palpable. Nous prenons la place des personnages et nous vivons, ce qu’ils sont en train de vivre. Nous ressentons leurs angoisses, leurs frayeurs, leurs peurs. Nous entendons leurs cris, leurs larmes et nous ressentons, comme eux, leurs morts imminentes. Comme j’ai pu l’écrire dans mon article sur Un(e)secte, la plume de Maxime Chattam est tellement détaillé et précise qu’il est difficile de se questionner sur le pourquoi du comment. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous laisser guider par l’histoire et vivre, in situ, le déroulement du récit. La place est aux sensations et aux ressentis.

J’ai adoré ce roman car les flics ont une place peu importante dans l’histoire, ils sont dépassés par les événements et sont clairement à la ramasse par rapport à la situation. C’est sûrement dû à leurs côtés très rationnels et cartésiens. Le signal ne laisse aucune place aux personnes trop terre-à-terre.

J’ai adoré ce roman car l’enfance à une place prépondérante dans l’histoire. Cette bande de copains joue ici un rôle très important et apporte une clarté que seule leur insouciance et leur naïveté peuvent donner. J’aime l’idée de leur responsabilité ici et qu’ils prennent part aux atrocités à venir.

J’ai adoré ce roman car l’enfance à une place prépondérante dans l’histoire. Cette bande de copains joue ici un rôle très important et apporte une clarté que seule leur insouciance et leur naïveté peuvent donner. J’aime l’idée de leur responsabilité ici et qu’ils prennent part aux atrocités à venir.

« Parfois les vieilles bâtisses cachent, entre leurs mûrs, des secret qu’il serait préférable de ne jamais percer. »

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Victime 2117 – Jussi Alder Olsen

Parution : 02 janvier 2020
Éditeur : Editions Albin Michel

Résumé : Le journal en parle comme de la « victime 2117 » : une réfugiée qui, comme les deux mille cent seize autres qui l’ont précédée cette année, a péri en Méditerranée dans sa tentative désespérée de rejoindre l’Europe.
Mais pour Assad, qui œuvre dans l’ombre du département V de Copenhague depuis dix ans, cette mort est loin d’être anonyme. Elle le relie à son passé et fait resurgir de douloureux souvenirs. Il est temps pour lui d’en finir avec les secrets et de révéler à Carl Mørck et à son équipe d’où il vient et qui il est. Au risque d’entraîner le département V dans l’œil du cyclone. Qui est Assad ? Victime 2117 est la réponse. Cette enquête est son histoire.

Mon avis :
C’est avec une joie difficilement contrôlable que je retrouve les enquêtes du département V et l’équipe qui en a fait leur succès depuis de nombreuses années. Moi, fan de Jussi Alder Olsen ? Pas du tout !!! 😋 Je l’adore tout simplement. L’auteur nous revient cette année avec un huitième opus qui, comme la quatrième de couverture nous l’annonce, nous promet de sacrés rebondissements. Et je peux d’ores et déjà vous le certifier, le pari est gagné.
Quelle joie de retrouver les personnages qui ont rendu célèbre le département V de Copenhague. Carl, Assad et Rose, un trio de choc que j’ai pu accompagner depuis le début avec Miséricorde (Albin Michel – Octobre 2011) et que j’ai du quitter avec Selfie (Albin Michel – Avril 2017). Jussi Alder Olsen nous revient et signe avec Victime 2117 un magistral thriller aux découvertes et révélations incroyables tout en conservant précieusement tous les ingrédients qui en ont fait l’écrivain nordique le plus lu en France en un peu moins de 10 ans. Chapeau bas !
J’ai connu Jussi Alder Olsen grâce à ma maman qui m’a harcelé pour que je lise Promesse (Albin Michel – janvier 2016). Ayant eu un véritable coup de cœur pour ce roman, j’ai été poussé par l’envie de dévorer toutes les enquêtes à la chaîne. À l’époque, je n’avais pas de compte Instagram : hanae_part_en_livre et encore moins un blog. Voilà pourquoi, je n’ai pu rédiger d’avis. Peut-être qu’un jour j’aurai la foi de vous les partager 😀. La quatrième de couverture de Victime 2117 a été plus que révélatrice et a su nous mettre l’eau à la bouche. Promesse tenue.
Dans cet opus, Jussi Alder Olsen met en lumière le sombre passé d’Assad. Les secrets sont dévoilés et les révélations partagées sont comme un coup de poignard pour le département V et de ses acolytes Carl et Rose. L’auteur a frappé encore plus fort en imbriquant une deuxième enquête en parallèle avec le passé d’Assad et de ses propres démons, trop longtemps cachés, qui resurgissent. Nous suivons, à travers l’alternance des chapitres, deux enquêtes bien distinctes. cela aurait pu nous faire tomber dans l’ennui ou dans l’oubli mais Jussi Alder Olsen a un talent de narration fou, et cette écriture immersive nous pousse, un peu plus, au bord du stress. Les personnages y sont tellement ancrés et les sujets abordés plus vrais que nature que j’ai dû, à plusieurs reprises, poser mon livre pour revenir dans la réalité. Jussi Alder Olsen ne fait pas dans la dentelle. Il est très méticuleux dans chaque détail. Avec lui, aucune redondance, aucune lassitude. Le lecteur devient acteur des enquêtes du département V et cette perspective fait froid dans le dos… Mais on adore ça !!! Je me pose quand même la question : « Maintenant que les secrets d’Assad ont été dévoilés, quelles autres surprises Jussi Alder Olsen va-t-il nous concocter pour son prochain roman ? GROS COUP DE CŒUR. Je vous conseille vivement de lire Victime 2117 .

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Un(e)secte – Maxime Chattam

Éditeur : Éditions Albin Michel 
Parution : 30-10-2019

Résumé : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s’organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d’une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s’entremêler.  Et les confronter à une vérité effrayante.

Mon avis : 

Il a fallu que j’attende début 2020 et que je lise de nombreux avis passés sur la toile que l’on prénomme joliment Bookstagram pour que je puisse tenir entre mes mains un roman de Maxime Chattam.
Mieux vaut tard que jamais… (ce diction prend, ici, toute sa splendeur).
C’est donc paré de ma plus grande volonté et à l’occasion de la sortie de cet opus que j’ai décidé, avec une joie sans égale, de découvrir cet auteur. Je vous certifie avec les mots qui vont suivre que la surprise était au rendez-vous. Agréable et haletante.
Ne connaissant pas l’œuvre dans son intégralité et ne demandant qu’à la découvrir, je  vais vous donc vous partager, ici, mon propre avis sur ce roman Un(e)secte  tant attendu par les lecteurs de ce prolifique auteur.

Avant de lire du Chattam (comme on dit si bien dans le jargon), je me suis penché, avec curiosité, sur le monde, enfin les mondes, que nous offrent l’auteur avec, visiblement, une grande générosité. Les univers y sont vastes, les atmosphères bien différentes. D’ailleurs, différentes séries ont vu le jour (merci Wiki) abordant différents genres. J’ai comme l’impression qu’avec Maxime Chattam tout peut-être différent, que tous les chemins mènent vers des possibles, que la frontière entre l’abstrait et le concret restent en suspens mais que, pour rester fidèle à lui même et à ses démons, il démontre toujours le même médium, celui de la noirceur humaine. Faut-il être fou pour lire du Chattam ? Pour ma part, j’ai signé mon voyage express vers la folie 😉
La palette de Maxime Chattam est large et nous promet un ascenseur émotionnel saisissant. J’ai donc commencé par un « one shot », un roman indépendant hors La trilogie du mal, Le cycle de l’homme et de la vérité et Autre-monde.
Oui, je vous l’accorde j’ai voulu la jouer secure : je ne voulais pas ressentir une énorme frustration si le coup de cœur n’était pas au rendez-vous. La déception aurait pu être bien plus grande si j’avais commencé une histoire qui débordait sur plusieurs tomes. Voila pourquoi je suis resté dans ma zone de confort.

Et bien voilà, cher monsieur Chattam, si un jour, par le plus grand des hasards vous passez par ici, (sait-on jamais !) je tiens à vous dire ceci :
« Sachez que derrière votre écran, se cache votre tout nouveau lecteur… »  je peux aussi rajouter :
 » Et si vous voulez boire un verre, on peut se fixer une date, j’ai une bande de potes qui adore vous lire également. »

Je m’éparpille un peu trop et je n’ai toujours rien dit sur ce roman. Allez, je me lance. Un(e)secte est un roman puissant, d’une précision quasi chirurgicale dans le déroulement de l’histoire, par la complexité de ses personnages. Ce roman est un gros coup de cœur (ou de sang, ça dépend du point de vue où l’on se place). Vous êtes très pointilleux monsieur Chattam. Vous avez réussi avec brio à y dégager de l’angoisse, de la stupeur et parfois même une sensation d’étouffement. Voilà toutes les sensations que j’aime éprouver dans un excellent Thriller. Vous lire nous fait ressentir, et dans ce cas, c’est la sensation de morts et d’insectes qui sont mis en avant. Vous êtes sadique monsieur Chattam et cela fait de vous un homme de talent. Ce roman est immersif, effroyable et soutenu.  Chapeau bas Maxime.

Bon allez, j’arrête d’être sympa et je vais quand même balancer un petit bémol, histoire de… Cela ce passe du côté de la description que je trouve talentueuse mais, à mon goût, omniprésente. Avec vous, aucune place pour le laisser-aller ou le lâcher-prise. Vous maîtrisez absolument tout. Et rien que pour cela,  je ne peux vous en vouloir. Merci pour ce monde étrange, teinté d’une incroyable vérité.  

POUR LES AMATEURS DE SENSATIONS FORTES, CE ROMAN EST FAIT POUR VOUS

Extrait choisi :

« L’ouvrage mettait en scène un enfant perdu dans la forêt; et tous ses fantasmes les plus anxiogènes prenaient forme au fil des heures de son errance. Janie en était à l’épisode de l’épuisement, lorsque le garçon finissait par s’effondrer sur un tas de mousse au pied d’un chêne et s’endormait, à bout de force. Les insectes avaient commencé à l’envahir, les uns après les autres, grimpant sur ses jambes, sous son short, et Janie pouvait presque les sentir sur elle, au point de vouloir se gratter. C’était admirable le pouvoir qu’avait la lecture sur le cerveau. Il suffisait de lire qu’une bestiole vous sautait dessus pour avoir besoin de se frotter les mollets ou la nuque, convaincu qu’une créature infâme y rôdait…« 

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Jackson Hole – Karel Gaultier

Parution : 03/10/2019
Éditeur : Slatkine et compagnie

Résumé : Matteo Andreani est au faîte de sa gloire. Surnommé Le Devin pour sa faculté à prédire le cours des marchés, ce financier de 40 ans rêve de diriger la Banque Centrale Européenne. Un accident d’avion sur la piste de Jackson Hole, le village du Wyoming où se réunissent chaque été les grands argentiers de la planète, lui offre l’opportunité.
Il est à peine nommé président de la BCE que des tensions internationales sur le marché de l’énergie précipitent une crise mondiale. Les marchés dégringolent, Chinois et Américains s’affrontent, faisant les beaux jours des crypto-monnaies et de la Camorra.
Une réunion de la dernière chance se tient secrètement à Jackson Hole. Dans ce petit village perdu dans des Montagnes Rocheuses, les banquiers ont 48 heures pour sauver l’économie mondiale.

Mon avis : Qui aurait cru, un jour, que je puisse dévorer un livre sur un thème bien trop étranger pour mes habitudes, sur une histoire bien trop loin de mes sentiers battus? Et qui aurait pu croire que je puisse me délecter sur un roman ayant pour sujet : la finance, la politique, la crise économique sur les banques et les jeux de manipulation et de pouvoir qui en découlent. Et bien, c’est chose faite grâce au roman de Karel Gaultier qui manie avec brio le sens de l’intrigue et nous maintient en haleine sans jamais tomber dans l’incompréhensible et l’inaccessible. Dans ce roman, les tensions sont palpables, les personnages manipulateurs, calculateurs. Les plus grandes puissances mondiales se confrontent. Un véritable choc des titans. Les jeux d’argent et de pouvoir sont de mise, les plus malins l’emporteront au prix d’âmes cassées et de vies bafouées.

Karel Gaultier frappe fort dans cet opus. Cet homme sait de quoi il parle, il est parfaitement à l’aise avec le suspense et vous dévoile ce que le rideau a parfois tant de mal à dissimuler. Des têtes vont sauter et d’autres vont se montrer. C’est du lourd, du très lourd et ça fait du bien. L’auteur a su capter mon attention avec ce thriller original et sournois. Il a prit un risque mais pour moi, le pari est réussi.

Je ne souhaite pas rentrer dans les détails de ce roman de peur de vous spoiler et là n’est pas mon objectif. Ce roman brise les standards par son intelligence et son cynisme.

ADOPTEZ LE ! 

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Un maniaque dans la ville – Jonathan Kellerman le

Parution : 19 mai 2016
Éditeur : Éditions SEUIL 

Résume : Vita Berlin était une affreuse bonne femme, mais était-ce une raison pour la massacrer ainsi ? Quand un deuxième cadavre est découvert, atrocement mis en scène et pareillement éviscéré, et que d’autres suivent, à l’identique, Milo Sturgis doit se rendre à l’évidence : un serial killer particulièrement sadique opère à Los Angeles. L’enquête traditionnelle est un fiasco, les victimes semblent n’avoir rien en commun et la panique gagne.
Fort de sa longue expérience de psychologue, Alex Delaware finit par entrevoir un lien entre cette boucherie et un schéma mental renvoyant au profondeur les glaçantes de l’âme humaine.
Tout semble converger vers le passé sinistre d’un hôpital psychiatrique de Ventura…

La course contre la montre est engagée.

Mon avis :Jonathan Kellerman nous amène, ici, dans la 27e enquête d’Alex Delaware. Pour celles et ceux qui ont lu tous les précédents romans de cet auteur, connaissent ce personnage complexe et attachant. Psychologue consultant auprès de la police, il travaille en étroite collaboration avec Milo Sturgis, policier dans le sang. Un duo foncièrement différent mais qui, contre tout attente, fonctionne avec brio.

Nos deux acteurs sont sur la piste d’un serial killer qui a pour signature, des meurtres d’une sauvagerie déconcertante, il voue une véritable admiration pour les entrailles de ses victimes, et malgré le sang coulé, son « travail » est précis et soigné. L’enquête patauge, perd du temps. Ce temps que notre tueur mettra à profit pour commettre d’autres abominations.
Pour moi, l’enquête manque d’originalité mais la lecture en reste agréable et la précisions des scènes de crimes ne peut nous laisser de marbre. C’est un roman sans grande surprise, une sorte de « déjà vu » mais foncièrement bien mené. Jonathan Kellerman reste chaudement dans sa zone de confort, il est là où ses lecteurs l’attendent. Mais c’est sûrement mieux ainsi. 27e roman, difficile de sortir du lot ! Loin d’être un coup de cœur, le maniaque dans la ville est écrit avec justesse, la plume de l’auteur est de qualité et le suspense reste au rendez-vous.

C’est une traque au serial killer qu’on apprécie 😁

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Psycho Killer – Keith Ablow

Parution : 30/09/2000
Éditeur : Éditions du Rocher / Pocket 

Résumé : Contre les barreaux de sa cellule, le docteur Trevor Lucas tente de briser son bras droit qu’il dit possédé par Satan. À Lynn, petite ville voisine de Boston, le procès Lucas défraye la chronique : quatre des patients du chirurgien ont été sauvagement assassinés… Le commissaire Emma Hancock, qui privilégie la piste du plagiaire, fait appel à Frank Clevenger, un ami psychiatre dont la brillante carrière a été détruite par la cocaïne. Mais ce qu’elle ignore, c’est que Clevenger partage un terrible secret avec le docteur Lucas : ils connaissent tous deux le véritable coupable… Alors, quand le chirurgien, avec l’aide d’une horde de tueurs psychopathes, prend l’hôpital en otage et réclame la présence de Clevenger, le psychiatre comprend qu’il va devoir régler ses comptes avec le passé. Il accepte de se rendre dans l’antre de l’enfer pour négocier avec Lucas, tout en luttant contre un danger encore plus grand : ses propres démons…

Mon avis : Ah ! Keith Ablow, cet homme est fou. Pour notre plus grand bonheur.
Je vous souhaite la bienvenue dans la folie. Mettez de côté votre propre réalité, laissez entre parenthèses votre propre perception, installez-vous confortablement dans votre canapé et laissez-vous guider par les histoires psychologiquement perturbées de cet auteur. Je vous souhaite une agréable descente aux enfers. 😉

Nous retrouvons dans cet opus, Frank Clevenger, psychiatre de renom aux penchants plutôt… non conventionnels. En chassant les démons de ses patients, Clevenger dompte les siens, c’est dire sur la complexité du personnage. Même si ce roman n’est pas le meilleur de Keith Ablow (je note mes coups de cœur comme Psychopathe ou l’Architecte) nous pouvons quand même nous poser des questions comme Qu’est-ce que la folie? Où se situe la frontière entre le bien et le mal? Mais dans ce roman nous pouvons aller encore plus loin : Croyez-vous qu’il puisse exister des hommes persuadés qu’une partie de leur corps est possédée par une entité démoniaque qui puissent les pousser à tuer? Peut-on imaginer qu’une personne, pour se libérer de cette possession, s’ampute délibérément le membre pour retrouver un semblant de libération? Cet homme serait-il fou ou menteur? Serait-il dans le déni en prétextant que c’est le diable qui tue et non sa propre main? Je laisse toutes ces questions en suspens. L’Homme est bien trop complexe pour pouvoir, ici, y apporter un semblant de réponse. Quoi qu’il en soit, on plonge, tête la première, dans ce qu’il y a de plus sombre… Chez nous.
Frank Clevenger va devoir faire preuve de beaucoup de dextérité et utiliser à bon escient son expertise de psychiatre pour dénouer cette affaire. Comme je vous ai cité plus haut, Clevenger est un grand psychiatre qui travaille en étroite collaboration avec la police. Il est plutôt très à l’aise avec les troubles psychotiques et il a réussi à mettre un grand nombre de psychopathes, sociopathes et schizophrènes derrière les barreaux. Mais ici, la tache sera d’autant plus compliquée que Clevenger et Lucas ont un passé en commun et lorsque la vérité éclate, l’intégrité en prend un sacré coup.

Psycho Killer parle de sexe, de drogue, de folie et de sang. Un véritable cocktail pour les amateurs de sensations fortes. Le seul bémol que je peux apporter à ce roman est que l’on se doute aisément des enchaînements des événements, mais j’ai été happé par la fluidité et le rythme soutenu de Psycho Killer. Loin d’être un coup de cœur, cet opus reste un excellent thriller.

Note de l’éditeur : « Psycho Killer est un roman criminel sans équivalent. C’est comme si vous passiez une semaine dans un asile de dingues, comme une visite guidée dans la tête d’un psychopathe.« 

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Dans son silence – Alex Michaelides

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Parution : 06 février 2019
Éditeur : CALMANN-LEVY

Résumé : Alice, jeune peintre britannique en vogue, vit dans une superbe maison près de Londres avec Gabriel, photographe de mode. Quand elle est retrouvée chez elle, hagarde et recouverte de sang devant son mari défiguré par des coups de couteau fatals, la presse s’enflamme. Aussitôt arrêtée, Alice ne prononce plus jamais le moindre mot, même au tribunal. Elle est jugée mentalement responsable et envoyée dans une clinique psychiatrique.
Six ans plus tard, le docteur Theo Faber, ambitieux psychiatre, n’a qu’une obsession : parvenir à faire parler Alice. Quand une place se libère dans la clinique où elle est internée, il réussit à s’y faire embaucher, et entame avec elle une série de face-à-face glaçants dans l’espoir de lui faire extirper un mot. Et alors qu’il commence à perdre espoir, Alice s’anime soudain. Mais sa réaction est tout sauf ce à quoi il s’attendait…

Mon avis :ALERTE GROS COUP DE CŒUR ♥ Oui, oui! J’ai pris (du début de la lecture jusqu’à la dernière page) une claque monumentale. C’est officiellement le thriller 2019 qui a réussi avec brio à me tenir en haleine grâce à son intrigue grandiose et son dénouement magistral. Ces mots sont peut-être forts de sens, mais ils restent les cris du cœur.

Quel bien fou de ne pas avoir recours à une enquête « classique » où les policiers, forces de l’ordre ou poulets (comme vous voulez) prennent une place centrale dans l’histoire. Ici, ils sont en quelque sorte inexistants. Pratiquement tout le récit se déroule dans un hôpital psychiatrique où Alicia Berenson y est confinée pour avoir sauvagement assassiné son mari – Gabriel Berenson – photographe de mode. Un meurtre barbare qui a rendu le pauvre homme méconnaissable. Alicia – peintre de renom dont le mouvement artistique est de peindre des images aussi réalistes que des photographies – est retrouvée près de feu son mari, une arme à la main, criblée de sang qui ne laisse planer aucun doute quant à sa culpabilité. Malgré un talent dingue et une oeuvre prolifique, la carrière d’Alicia s’arrête brusquement. L’issue est fatale, cette pauvre femme s’enferme dans un profond mutisme. Un tel silence abyssal qu’aucun thérapeute n’a pu l’en extraire. C’est sans compter sur la détermination sans borne de Theo Faber qui a suivi l’affaire Alicia Berenson via les médias et qui décide par une force et une détermination qu’il ne s’explique pas, de venir en aide à cette jeune femme. Par chance, un poste dans l’hôpital où elle est enfermée se libère. Theo postule et mettra tout en oeuvre pour qu’Alicia devienne sa patiente. Sa motivation a eu raison de lui. La  thérapie peut donc commencer… 

Theo Faber est un homme de 42 ans, le choix de devenir psychothérapeute n’est pas venu par hasard. L’essence même de ce choix trouve sa source dans un mouvement égoïste. En effet, c’est le métier idéal qui l’aidera à guérir ses propres maux. Ayant eu une enfance plus que perturbée, il grandit dans un état de stress permanent, de nervosité, d’angoisses et de peurs tirant son origine de ce père aux crises de rages imprévisibles. Un homme envahissant, castrateur et d’une mère certes présente mais sous l’emprise de la violence de son mari.
En s’orientant donc vers un métier basé sur la santé « psychique », il améliore en parallèle son propre état.
Theo deviendra donc le thérapeute officiel d’Alicia et malgré le silence exacerbé de cette dernière, il mettra tout en oeuvre pour la faire parler. Quitte à mener une enquête et parler officieusement aux proches d’Alicia, ceci afin d’en savoir davantage sur son passé et qui elle est vraiment.

Un thérapeute doit obligatoirement mettre une distance avec ses patients, feindre une certaine empathie pour instaurer à la relation un climat de confiance et de bienveillance. Mais que ce passe-t-il si les barrières tombent et que l’affect prend une place prépondérante dans la relation entre le psychotique et le thérapeute? Où se situe alors la folie? Qui est qui? Qui devient qui? Et finalement qui soigne qui?

Vous souhaitez le savoir? Alors, bienvenue dans ce thriller psychologique parfaitement maîtrisé où l’on prend plaisir à se faire manipuler. Alex Michaelides nous oblige à sortir de notre zone de confort et son talent nous agrippe en nous laissant une marque indélébile. Notre vision sur le monde s’en trouve altérée, nous sommes happés par l’histoire, par le contexte et la force psychologique de chacun des personnages. Nous laissons par l’éloquence de ce roman, libre court à la folie. Seule la fluidité du texte et les mots précis de l’auteur restent nos fils conducteurs pour éviter toute perte dans les méandres du psyché humain. Notre imaginaire s’en trouve bouleversé et notre point de chute reste le merveilleux talent d’Alex Michaelides.

Ce roman se soit d’être lu et apprécié à sa juste valeur. Son contenu nous prend aux tripes, nous bouleverse, nous cogne et nous procure de merveilleuses sensations. Nous sommes touchés par le travail de recherche de l’auteur et sa capacité à extraire pour nous l’essentiel, sans aucune fioriture. Il a réussi à nous soulever et nous rappelle à chaque page que la folie n’est jamais très loin.

Quelques mots sur l’auteur : Alex Michaelides est un scénariste britannique de trente-neuf ans, Son prochain long métrage, The Brits are coming, qui sortira en 2019, propose Uma Thurman, Tim Roth et Stephen Fry à l’affiche. Alex a étudié la psychanalyse pendant trois ans, et a travaillé pendant deux ans dans une clinique pour jeunes. Dans son silence, son premier roman, est sur le point de devenir un phénomène dans le monde entier.

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L’étranger dans la maison – Shari Lapena

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Parution le : 17-01-2019
Éditeur : Presses de la cité

Résumé :  Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame. Les médecins parlent d’amnésie temporaire. En convalescence chez elle, Karen est décidée à reprendre le cours de sa vie. Sauf que quelque chose cloche. Elle sait que, depuis quelques mois, quelqu’un s’introduit en leur absence dans la maison…

Mon avis : Nous croyons souvent qu’avoir une belle maison, une situation confortable et une femme ou un homme qui nous a dit « oui » pour la vie et qu’on aime en retour sont les ingrédients essentiels et indispensables pour une vie droite et épanouie. N’est-ce pas ces vies lisses et édulcorées qui cachent le plus souvent des secrets inavouables ? Ou ces trompeuses apparences se cachent sous des insignifiantes parties de notre quotidien. Mais il suffit d’un moment, d’une simple soirée en somme banale pour que le voile se lève sur une réalité bien plus angoissante… Rideau !!!!
C’est le cas pour Tom et Karen. Il n’a suffit de pas grand chose pour que tout bascule et que leur vie prenne un tournant à 360° et change totalement l’ordre de leur petite vie rêvée.
Un soir, alors que Tom rentre de sa journée de travail, il découvre avec surprise que la maison qu’il partage avec sa femme Karen est vide malgré les lumières allumées, le repas en cours de préparation. Une maison vivante sans personne pour y donner une véritable âme… Tom s’agace, il s’inquiète puis il a peur. Où se trouve sa femme ? Elle n’a pas pu s’enfuir de la maison en laissant tout ce bazar. Ce n’est pas son genre, elle qui est si rangée, si organisée sans aucun accroc. Après quelques coups de téléphone, pris dans l’urgence de la panique, Tom réalise avec effroi par le biais d’inspecteurs de police, qui sont venus taper à sa porte, que Karen a eu un grave accident de la route. Sa voiture, roulant à toute vitesse, a percuté un poteau dans un quartier sombre de New-York où en parallèle un cadavre est trouvé dans un restaurant abandonné. Elle est à l’hôpital, atteinte d’une amnésie temporaire… Elle ne se souvient de rien.

Que faisait-elle dans cet endroit? Pourquoi roulait-elle aussi vite?

Tom se questionne : il va réaliser avec le temps que d’autres questions vont faire surface et que certaines réponses vont être comme un poignard saignant son cœur. Leur couple se fissure. Karen, depuis son retour de l’hôpital, voit des objets qui mystérieusement bougent dans leur maison. Un verre déplacé, un dessus de lit froissé, le bouchon d’un flacon de parfum déposé sur le côté. Sont-ce de simples oublis dus à son amnésie ? Karen est persuadée du contraire. Peut-être que quelqu’un rentre chez eux en leur absence. Une enquête en cours fait resurgir un passé pas très glorieux de Karen que Tom se prend en pleine figure…. Vont-ils arriver à surmonter tout ça ? Qui se cache derrière l’étranger de la maison ?

Un lien sera vite établi entre Karen, son accident et le cadavre d’un homme…

En bref : Je ne connaissais pas cette autrice Shari Lapena et j’en suis agréablement surpris. D’une écriture qui nous prend aux tripes, rocambolesque à souhait, Shari Lapena manipule le lecteur avec talent pour le conduire dans des contrées lointaines, et le ramener subitement et sans s’y attendre, là où elle l’a décidé. Un roman débordant d’angoisse et de suspense qui une fois terminé, vous oblige à surveiller vos arrières 😀

Cependant et malgré une lecture surprenante et stressante (nous aimons cela dans le polar, qu’on se le dise), je n’ai pas eu LE coup de cœur. Je ne sais pour quelle raison mais elle ne tient qu’à moi. Je suis persuadé que ce roman sera LE coup de cœur absolu d’un bon nombre de lecteur

Publié dans polar, Romans étrangers

Les fantômes de Manhattan – RJ Ellory

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Écrivain prolifique les fantômes de Manhattan est le dixième roman parût chez SONATINE EDITIONS le 07 juin 2018

Résumé : Annie O’Neill tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Un nommé Forrester entre un jour dans sa boutique et se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus. Il est venu lui apporté un manuscrit, l’histoire d’un jeune rescapé de l’Holocauste, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, avant de devenir une des grandes figues du banditisme new-yorkais.
Quel rapport y a t-il entre cette histoire et la famille d’Annie? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

Mon avis : C’est toujours un plaisir de plonger le nez dans un roman de R.J Ellory et avec lui il y a toujours de quoi se délecter. Nous sommes ici dans un thriller totalement psychologique (pas de sang ni de boyaux). L’histoire est incroyablement bien ficelée et promet des rebondissements de très grandes qualités. En effet, les chapitres sont alternés par l’histoire actuelle et la lecture des différentes parties du manuscrit. Cela nous mène petit à petit à la compréhension de l’histoire, on ne peut donc s’y perdre, tout est absolument bien cadré, millimétré et bien agencé
Nous accompagnons ici Annie, jeune trentenaire qui a eut pour héritage de ses parents une librairie dans un quartier peu connu et peu fréquenté en plein cœur de Manhattan. Aucun support parental pour se construire, Annie est mal dans sa peau et ne trouve sa place nul part. Son seul ami et confident est son voisin de pallier Jack Sullivan, un homme d’age avancé qui porte son lourd passé sur ses épaules, mais avec lui, une véritable histoire d’amitié lie nos deux personnages. C’est en quelque sort le père qu’elle n’a jamais connu. Jack Sullivan, tout ivrogne qu’il fût, elle peut lui pardonner ses bizarreries et ses mouvements d’humeurs. C’est peu dire…
Un soir , un homme rentre dans sa librairie, il témoigne à Annie qu’il a connut personnellement son père et qu’a eux deux, ils ont ouvert un club de lecture. Tenant dans sa main un manuscrit qui lui proposa avec grande douceur de lire avant leur prochain rendez-vous. Annie, stupéfaite et au bord des larmes accepte le marché et à l’aide de son acolyte, va lire le manuscrit qui se voudra poignant et déchirant. Est-ce un témoignage ou le fruit d’une imagination morbide? Après le lecture, Annie doute, a peur, elle se questionne mais Jack Sullivan lui donne sa protection contre cet inconnu. Va s’en suivre la quête d’une vérité depuis trop longtemps cachée.

RJ. Ellory, un homme qui va la où l’on ne l’attend pas. Premièrement je vous conseille de faire abstraction des derniers romans que vous avez pu lire de cet auteur. Celui-ci diffère grandement des autres quant à l’écriture et à la construction narrative.
Mais, quel plaisir de le lire. 🙂
RJ. Ellory est un compteur hors pair qui ne tombe jamais dans le mélodrame. Les fantômes de Manhattan, une véritable pépite…
Bon, vous l’avez compris, le nouveau roman de RJ. Ellory, je l’ai adoré, il fait parti de mes coup de cœur de l’été 2018 😉 . Je vous laisse en juger par vous même.

Extrait choisi : Forrester fut ponctuel. Sullivan était déjà dans l’arrière-boutique, hors de vue. Il était à jeun, n’avait pas oublié et, qui plus est, était arrivé en avance. Annie lui en fut reconnaissante, bien plus qu’il n’aurait pu le deviner à voir la nonchalance de son accueil quand il parut à la porte du magasin.
« Bonne journée? Demanda t-il
– Très calme » répondit-elle, ayant décidé avant son arrivée de ne pas lui parler de David Quinn.
Indépendamment des doutes qu’elle-même pouvait entretenir au sujet de ce dernier, Annie O’Neill était assez prévenante pour prendre les sentiments de Sullivan en considération. Même si aucune relation intime n’était envisageable entre elle et lui, elle lui était très chère, elle le savait. Il nourrissait à son égard des sentiments d’une nature avunculaire, pour ne pas dire paternelle, et si son comportement devait brutalement changer, et de façon radicale, nul doute qu’il s’inquiéterait. Sa présence au magasin avant l’arrivée de Forrester, le fait qu’il ait réussi à venir en disaient long sur le souci qu’il avait de son bien-être.

Quelques mots sur l’auteur : RJ. Ellory  de son nom complet Roger Jon Ellory est un écrivain britannique né le 20 juin 1965 à Birmingham. Auteur de romans policier et de thriller.

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